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Jeudi 1 décembre 2011 4 01 /12 /Déc /2011 19:42

Alors que je mets au point la rédaction du prochain tract (cercle de silence de décembre) –voir ci-dessous, je « tombe » sur cet article du quotidien La Croix. Stupéfiant !

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De nouvelles limitations à l’immigration

 (..) Claude Guéant avait affiché en avril dernier l’objectif de diminuer le flux d’immigration légale. Il souhaite réduire de 20 000 personnes – de 200 000 à 180 000 – le nombre d’immigrants légaux en 2011.

L’UMP veut aller plus loin, mais les marges de manœuvre sont limitées. Une circulaire a déjà limité le 31 mai la délivrance de titres de séjour aux diplômés étrangers non communautaires. Concernant l’immigration par le travail, la liste des métiers ouverts aux étrangers a été réduite de moitié en août dernier. Le regroupement familial, déjà très restrictif, n’est possible pour un étranger que s’il peut justifier de dix-huit mois de travail et s’il dispose de conditions de ressources et de logement adéquates.

Reste la possibilité de restreindre l’accueil des conjoints de Français, qui concernait environ 50 000 personnes l’an dernier. L’UMP propose d’imposer à ces rapprochements les mêmes conditions d’accès que celles du regroupement familial. Une mesure qui risque toutefois de se heurter au droit à la vie familiale, liberté fondamentale en France.

D’autres propositions s’inscrivent dans le mouvement impulsé à l’assemblée par la « Droite populaire ». Contrairement à Marine Le Pen, l’UMP ne souhaite pas supprimer l’Aide médicale d’État (AME), réservée aux étrangers sans papiers. La droite voudrait cependant « mieux contrôler » ce dispositif. Depuis mars dernier, le parlement a déjà voté un droit d’entrée de 30 € pour y avoir accès. Le parti de la majorité souhaite à présent limiter l’AME aux seules « situations d’urgence » et sur les « risques épidémiques » .

Concernant la naturalisation, elle ne serait accordée à des enfants nés en France de parents étrangers que si ces derniers en font la demande une fois la majorité atteinte. Cette mesure, déjà défendue dans un amendement par la droite de l’UMP, n’avait pas été adoptée lors du vote de la loi Besson.


MARIE BOËTON ET JEAN-BAPTISTE FRANÇOIS (La Croix du 30 novembre 2011)

 

Projet d'encart pour le tract du cercle de silence de décembre à Lyon, palce des terreaux, 19/20 h

Que dire aux candidats à la présidentielle de 2012,

aux candidats aux législatives et aux citoyens

Que, membres des cercles de silence, nous continuons avec d’autres*

- à défendre et à soutenir toutes personnes menacées d’expulsion.

- à dénoncer le démantèlement des familles, la destruction de l’avenir d’un jeune scolarisé, l’enfermement d’enfants, de jeunes et de familles en rétention.

- à nous battre contre cette politique inhumaine du chiffre : le gouvernement maintient l’objectif de diminuer le flux d’immigration légale, réduire de 20 000 personnes – de 200 000 à 180 000 – le nombre d’immigrants légaux en 2011.

- à faire savoir au plus grand nombre que derrière chaque numéro de dossier, il y a une histoire de femmes et d’hommes qui souhaitent seulement un avenir meilleur.

Que demander ?

- Que les candidats prennent des positions claires, en rupture avec la politique actuelle sur l’immigration.

- Nous attendons dans un premier temps une régularisation importante des personnes en attente de régularisation. Un geste symbolique fort, concret, annoncé dans la campagne et réalisé avant la rentrée scolaire 2012. 

- Nous attendons que le droit d’asile redevienne un droit fondamental dans les faits et que la liste des pays dits « sûrs » soit supprimée. Les demandes d’asiles doivent être étudiées avec humanité et objectivité plutôt qu’avec une suspicion systématique de mensonge et une demande de preuves impossibles à fournir la plupart du temps. 

- Nous attendons une refonte complète du Code de l’Entrée et du Séjour des Etrangers en France avec pour objectif de mettre en œuvre une loi :

- simple qui remplace l’empilement des lois, textes et circulaires

- qui tienne compte du facteur humain et de l’histoire des migrations fondée sur la jurisprudence de la Cour Européenne des Droits de l’Homme, la Convention internationale des Droits de l’Enfant...

- qui accepte la mobilité des hommes comme normale et qui ne considère pas  l'enfermement des personnes en centre de rétention comme une réponse à la question des migrations.

Développons une politique qui respecte les hommes.


Par Michel Durand - Publié dans : migration - Communauté : Christianisme
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Lundi 24 octobre 2011 1 24 /10 /Oct /2011 17:25

Déclaraton des petites sœurs de l'Assomption, Chapitre Général, 20011

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La population immigrée a triplé dans les dernières quarante années et elle va continuer à augmenter. Les causes de ce mouvement sont multiples : guerres, violence, désastres naturels et pauvreté, tout ceci est le résultat d’un développement injuste. Il est temps que nous toutes et nos gouvernements, nous reconnaissions que les gens quittent leur pays parce qu’ils n’ont pas d’autre choix pour survivre. Les causes des migrations se trouvent dans les décisions que nous prenons pour organiser la vie et les relations à différents niveaux.

Au Synode Africain de 2009, Mgr W Avenya, évêque de Makurdi, Nigeria, disait : « Les peuples africains vont continuer à arriver en Europe, au risque de mourir dans le désert ou en mer, jusqu’à ce qu’on prenne en considération l’équilibre économique et environnemental entre les deux continents et le reste du monde. La responsabilité de réajuster ce déséquilibre doit venir de l’Occident. » De ceci nous sommes tous responsables.

 

Nous soutenons les propositions suivantes :

> Rechercher des politiques de développement et de commerce international qui favorisent une économie juste et durable dans les pays d’où viennent le plus grand nombre de migrants, une économie qui protège les richesses naturelles des pays qui sont appauvris par la cupidité du riche Occident. Ceci permettrait de réduire le nombre de personnes obligées à émigrer à cause de l’extrême pauvreté.


> Travailler à une réforme des politiques migratoires avec la préoccupation permanente de garantir aux immigrés sans papiers un plein accès à leurs droits fondamentaux.

>Reconnaitre la contribution des immigrants à l’économie du pays d’accueil et établir des lois qui régissent le marché du travail et garantissent un flux migratoire sûr et économiquement durable.

 

> Faciliter le regroupement familial et l’unité de la famille immigrée. Maintenir les liens familiaux est essentiel à la réalisation humaine et à la stabilité sociale.

 

 Voir le site des petites sœurs de l'Assomption

Par Michel Durand - Publié dans : migration - Communauté : Christianisme
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Samedi 22 octobre 2011 6 22 /10 /Oct /2011 16:25

 

"La France qui se lève tôt", de Hugo Chesnard - Court-circuit

Un ouvrier sans papier travaillant en France depuis des années pour un employeur véreux est dénoncé par celui-ci et fait l’objet d’une procédure d’expulsion.

"La France qui se lève tôt" vient d'être sélectionné pour les César 2012 !

Souleymane travaille depuis des années en France, où il a fondé une famille. Un jour, son patron lui annonce qu’il va être expulsé. Souleymane tente de résister : il décide de se mettre en grève et d’occuper l’usine. Mais rien n’y fait. Les policiers l’escortent, menottes aux poignets, jusqu’à l’avion qui doit le ramener "chez lui". Souleymane résiste et commence à se défendre à coups de pieds et de poings. La situation paraît désespérée quand, tout à coup, Souleymane reçoit une aide inattendue : quelques passagers de l’avion prennent son parti et s’opposent à son expulsion.

"La France qui se lève tôt" est inspiré d’une histoire vraie. Souleymane Bagayogo vivait en France avec son épouse et leur enfant depuis plusieurs années déjà quand les autorités ont décidé de l’expulser. Le réalisateur raconte cette histoire en musique : érigé en instance morale, le chœur pose des questions au spectateur et le met face à un choix.

Prix :
Prix scénario de Grenoble et Grand prix du scénario de Gindou 2008

Biographie :
Après une licence en art du spectacle à la Sorbonne, Hugo devient régisseur dans le court-métrage puis dans le long-métrage. Il a notamment travaillé sur le film "Munich" de Steven Spielberg ou encore "Le Diable s’habille en Prada" de David Frankel. En 2002, il réalise son 1er documentaire "Le bal des familles" pour lequel il reçoit le prix du jury au festival de Sens. Son 1er court métrage de fiction "Un grain de beauté" écrit en collaboration avec les ateliers d’écriture de Gindou, a reçu le prix du scénario du festival de Lot. Il est sélectionné dans de nombreux festivals tels que celui de Toulouse et Strasbourg. Ce film est actuellement proposé au catalogue du RADI permettant sa diffusion en salles.

Filmographie :
2002, Le bal des familles
2008, Un grain de beauté
2011, La France qui se lève tôt

Vous pouvez voir ou revoir ce film sur notre site www.artevod.com.

 

La France qui se lève tôt
mardi, 25 octobre 2011 à 04:25
Pas de rediffusion
(France, 2011, 20mn)
ARTE F

Par Michel Durand - Publié dans : migration - Communauté : Christianisme
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Mardi 6 septembre 2011 2 06 /09 /Sep /2011 22:10

Plus que jamais nécessaire !

 

Voici le contenu du tract qui sera distribué à Lyon le 14 septembre de 18 h à 20 h place des Terreaux.

Une politique de l’invisibilité

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Le constat est massif, unanime et partagé. Partout en France, depuis plusieurs mois, des hommes, des femmes, des enfants, demandeurs d’asile ou réfugiés, migrants réguliers ou sans-papiers sont en nombre de plus en plus important laissés à la rue.

Les militant-e-s de La Cimade, aux côtés des réseaux et collectifs de défense des droits des migrants et des mal-logés, n’ont de cesse d’organiser la solidarité, d’exprimer leur refus que ce droit élémentaire à un toit soit bafoué, de dénoncer les pratiques discriminatoires.

Ce que nous constatons n’est pas qu’un nouvel épiphénomène du désengagement de l’État de ses missions sociales, même s’il en reprend les symptômes bien connus : compression des coûts, réduction des missions, passage à une logique de prestation, mise en concurrence….

C’est une véritable politique de l’invisibilité qui organise sciemment aujourd’hui la mise en concurrence des exclus par le renoncement à l’inconditionnalité de l’accueil des personnes à la rue et à la protection des demandeurs d’asile.

En 2007, alors que se discutait le projet de loi Hortefeux sur l’immigration, la majorité parlementaire avait tenté de faire passer un amendement interdisant l’accès des migrants sans papiers à l’hébergement d’urgence. Grâce à la mobilisation de plusieurs grandes associations de lutte contre l’exclusion, cet amendement n’avait pas vu le jour.

Pourtant, 4 ans après, nous voyons bel et bien à l’œuvre cette atteinte au socle des droits humains fondamentaux. Il ne suffit plus d’être en détresse ou à la rue pour avoir accès à un hébergement, si précaire soit-il. Il faut aussi maintenant posséder des papiers…

Dans le même temps, le dispositif d’accueil des demandeurs d’asile, indissociable du devoir de protection des réfugiés, devient un vaste chantier de démolition. La réforme des centres d’accueil des demandeurs d’asile (CADA), des plateformes d’accueil, le durcissement des procédures laissent les deux tiers des demandeurs d’asile sans accès à un dispositif d’accueil tout en leur niant le droit au travail.

Face à ce véritable recul de civilisation, nous avons urgence à rappeler qu’avant d’être étrangers, les femmes, les hommes, les enfants que nous accompagnons sont d’abord des personnes à la rue. Nous avons l’obligation, morale et juridique, de leur garantir l’accès à la solidarité.

Il est temps de le redire fortement : un toit c’est un droit. Pour tous.

 

Jérôme Martinez

Par Michel Durand - Publié dans : migration - Communauté : Christianisme
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Samedi 6 août 2011 6 06 /08 /Août /2011 15:18

sid_ahmed_semiane_csb.jpg Adel, supporter de foot et "harraga" - par Sid Ahmed Semiane

 

 

 

Robert m’envoie cet article publié dans le TELERAMA du 16 juillet 2011

Je le dépose sur mon blog aujourd'hui car je ressens un lien avec ce que j’ai écris tous ces  jours.  

Longtemps chroniqueur dans la presse quotidienne algérienne, Sid Ahmed Semiane (alias SAS) est écrivain et photographe. Il a publié notamment "Au refuge des balles perdues" (éd. La Découverte, 2005).


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L'homme qui marche sur l'eau

 

Ses photos et l'une de ses nouvelles sont publiées dans un ouvrage collectif : "Alger; quand la ville dort" (éd. Barzakh, 2010).

 

"Je vis sous le buffet du salon"

 

«Ma vie ramollit comme les pâtes dans l'eau bouillante.» L'image est violente. C'est celle d'un jeune homme de 25 ans, Adel. Nous sommes dans l'arrière-salle du cercle de l'Usma, club de foot créé dans les années 1930. Dans ce cercle, chaque week-end, des soirées chaâbi (du nom de la musique populaire algéroise) sont organisées jusqu'au petit matin. Plusieurs générations de supporters et de « goûteurs » - le chaâbi se goûte comme un mets - se serrent sur les vieux sièges de la salle. C'est toujours plein. Et le cérémonial est scrupuleusement respecté. On ne badine pas avec cette musique, celle des anciens.

 

Adel est un multirécidiviste. C'est lui-même qui le dit. Il dit qu'il est d'abord supporter de l'Usma, et ensuite harraga (littéralement « brûleur », parce que les migrants clandestins brûlent leurs papiers avant de prendre la mer). Harraga « par vocation, ajoute-t-il. Certains ont vocation à être chanteur, acteur, pdg ; moi, c'est harraga ». Adel a déjà fait deux séjours en prison pour « navigation clandestine ». C'est le subterfuge juridique que l'État a trouvé pour poursuivre Adel et ses frères de galère, de plus en plus nombreux. Aujourd'hui, il y a même des jeunes femmes et des hommes âgés. La contagion de la mer n'épargne plus personne. Adel est prêt à recommencer. Il ne s'arrêtera pas. Il en est à sa troisième tentative. Une harga [l'exil, par la mer, en bateau clandestin, NDLR], ça se prépare. C'est un vrai boulot.

Une fois, Adel est arrivé jusqu'à Marseille. Il a voyagé dans un container, est revenu menotté, avec deux amis. C'était une arnaque. Quelqu'un avait vendu la mèche. Une autre fois, les gardes-côtes les ont surpris alors qu'ils n'avaient pas quitté les eaux territoriales : « On n'a pas voulu se rendre, l'arraisonnement a été violent. »

Aujourd'hui, les émeutes se passent des rues et des pneus en feu. Elles ont lieu en mer, sur des embarcations de fortune. Les harragas n'affrontent par les chars, mais les vagues. La contestation politique a muté, moins évidente à mater. Le dispositif judiciaire est renforcé, les peines sont plus sévères. Adel le sait. Mais il secoue les épaules quand on le lui rappelle. Lui aussi, comme tous les autres, « préfère être bouffé par les poissons que par les vers de terre ». Cri de guerre de tous les candidats au départ.

« J'ai honte de rentrer chez moi - c'est-à-dire chez mes parents - le soir. Un vieux matelas en éponge et une couverture que je déroule chaque nuit, avant de les remettre tous les matins que Dieu fait sous le buffet de ma grand-mère. Je vis sous le buffet du salon... pas vraiment sous le buffet, mais juste à côté. » Et le matin, ajoute-t-il, il n'y a plus aucune trace de sa présence : « C'est comme un attentat à Alger. Tu reviens une demi-heure après l'explosion, et il n'y a plus rien. Je me lève à 7 heures. À 7h05, plus aucune trace de mon sommeil. Je suis dans la rue, prêt à faire la guerre. »

La mère d'Adel marmonne des prières. « Mes deux frères sont déjà partis. L'un a embarqué sur un petit chalutier du côté d'Annaba [à 100 kilomètres de la frontière tunisienne, NDLR]. Le mauvais temps... il n'est jamais arrivé. L'autre est en Italie... il a réussi. On sait juste qu'il est en vie. » Le père d'Adel ne lui parle plus : « Il dit que je suis en transit. En escale. C'est ce qu'il m'a dit la dernière fois qu'il m'a adressé la parole. Je venais d'échouer à ma troisième tentative de départ. Il est venu me récupérer chez les gendarmes. Depuis, il sait que j'attends. Et il est convaincu que je mourrai en mer, comme mon frère. Il fait son deuil de moi de mon vivant ! »

Adel a-t-il peur ? « Je ne veux pas mourir, mais je n'ai pas peur. » Les affaires sont prêtes. Pas grand-chose. Quelques vêtements, des dattes écrasées et du matériel pour casser les cadenas du container de l'intérieur à l'arrivée en Europe.

Le téléphone sonne. Fausse alerte. Ce n'est pas le bip qu'Adel attendait. Il attendra encore. On entre dans la petite cave, les musiciens sont déjà là. Adel se tait et fait signe de se taire. La musique chaâbi, c'est sacré, frère.

Sid Ahmed Semiane

Par Michel Durand - Publié dans : migration - Communauté : Christianisme
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  • Je suis prêtre de l'Eglise catholique. Après avoir été serveur de restaurant et en paroisse, je fus nommé en aumônerie étudiante. Je me suis alors intéressé à l'art contemporain et à l'iconographie chrétienne. Ce fut l'occasion, avec Conf
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