Témoignage

Mardi 22 mai 2012 2 22 /05 /Mai /2012 18:31

Si Antoine Chevrier a dû quitter le presbytère pour accomplir sa mission, dans le cas présent, c’est le presbytère qui doit être maintenu pour que l’annonce kérygmatique puisse se pérenniser...

 

Texte écrit il y a quelques semaines. Texte oublié et retrouvé un peu par hasard, à moins que....

Sa publication aujourd'hui me semble adéquate.


PKX.jpg

à l'inauguration de la BASA 2011

 

De retour d’une rencontre pradosienne, je rassemble en ma mémoire quelques phrases entendues qui me semblent coller à ce que j’essaye de vivre pour que l’ouverture de Saint-Polycarpe des pentes de la croix rousse se maintienne en faveur des personnes qui ne fréquentent pas l’Église dans sa vie paroissiale ordinaire.

Antoine Chevrier, soucieux d’annoncer l’Évangile aux pauvres, aux ignorants, aux pécheurs de la Guillotière a décidé et obtenu de l’évêque la permission de quitter le ministère qu’il avait à la paroisse Saint-André.

Expliquons.

À deux pas de chez lui vivaient dans de pauvres maisons, ou dans la rue, des familles et des jeunes sans aucune instruction. Antoine était arrivé à les rencontrer. Il les réunissait au presbytère de la paroisse de la Guillotière, proche des rives du Rhône, plutôt fréquentées par des « gens de qualité ». Ces « garnements », comme semblaient dire le curé et les vicaires, voir quelques fidèles influents, faisaient trop de bruit et peut-être aussi dégageaient trop de mauvaises odeurs. Ils troublaient assurément la vie de la paroisse. On pria alors le jeune abbé Antoine Chevrier d’arrêter ses réunions.

Une souffrance pastorale pour ce prêtre qui venait de découvrir intensément combien Dieu avait dû abandonner de sa gloire pour que son amour soit entendu par les plus petits des hommes. « Et le Verbe s’est fait chair, et il a habité parmi nous ». Enfin, conclut-il, je me suis décidé à suivre Jésus-Christ de plus près afin de travailler efficacement au salut des hommes et des femmes qui sont loin de l’Église, afin d’évangéliser les pauvres, les ignorants, les pécheurs ».

Pour se faire, il quitta la vie paroissiale et réunit ces « voyous » du quartier, qui n’étaient pas bien beau à voir, dans une salle de bal qu’il venait d’acheter grâce à l’aide d’un de ses amis prêtres. Il les réunit, non pour « leur faire la charité » en leur donnant nourritures et vêtements, mais pour les instruire humainement et chrétiennement.

Alors que la vie paroissiale ordinaire demeure peu abondante à Saint-Polycarpe, alors que les revenus attachés au culte n’arrivent pas à couvrir les dépenses occasionnées par ce vaste et beau bâtiment historique, alors que le manque de prêtres incite au regroupement paroissial, alors que certains déclarent qu’une paroisse qui célèbre si peu de sacrements en une année ne mérite plus le nom de paroisse,  je me dis que les contacts pastoraux engagés tant avec les artistes du quartier que de toute la ville, tant avec les militants écologistes (objection de croissance) du quartier que de toute la ville, tant avec les militants anarchistes, nombreux sur les pentes, que de toute la ville, ne peuvent s’interrompre.

Si Antoine Chevrier a dû quitter le presbytère pour accomplir sa mission, dans le cas présent, c’est le presbytère qui doit être maintenu pour que l’annonce kérygmatique puisse se pérenniser. Et, pour cela, puisque le culte ordinaire ne peut assurer les finances, il convient de chercher ailleurs.

Creusons cet aspect financier en situant dans son histoire l’église Saint-Polycarpe.

Quand au XVIIe siècle, les prêtres de l’oratoire ont voulu cette chapelle pour leur communauté, entre autres lieu de formation de prêtres, ils avaient assurément d’importantes ressources financières. D’où la majesté du bâtiment et le choix d’artistes renommés : Michel Perrache, Thomas Blanchard et Gabriel Blanchet.

Après la Révolution, l’église devenant lieu paroissial avec comme premier curé, l’abbé Rozier, et, surtout, avec l’avènement de l’empire, l’industrie de la soie prospérant, la population du quartier (soyeux et canuts) augmenta rapidement. Il fallut agrandir l’église paroissiale. Là encore, les témoignages sont nombreux pour affirmer qu’il y a avait une belle aisance financière. Par exemple, Saint-Polycarpe se dota d’un orgue de très grande qualité dès 1840 ; avant celui de la cathédrale. L’évêque de Bonald venait d’accepter que le rit lyonnais, où le chant se pratique a cappella, soit associé avec les jeux musicaux de l’orgue. Les communautés religieuses, dominicaines, franciscaines ayant de belles musiques, les fidèles se précipitaient chez eux. À leur côté, les diocésains montraient un bien triste visage. Saint-Polycarpe releva le défi. Il le pouvait, car c’était la paroisse la plus riche et la plus en vue de Lyon.

Au milieu du XXe siècle, tout bascule. L’industrie de la soie rencontrait de nombreuses concurrences. Entre les deux guerres (mille excuses pour ce si rapide tableau), l’économie était en crise.

Dès 1970, de nombreux commerces ferment. Des appartements, laissés sans conforts adaptés à la modernité depuis le siècle précédent, sont vacants ou loués à bas prix. Une population étrangère, surtout maghrébine, s’y installe. Viennent ensuite les communautés libertaires, anarchistes… les mouvements de l’après 68. Les squats se multiplient. Il y a de nombreux étudiants attirés par des loyers bon marché. Bref, des habitants peu enclins à fréquenter l’Église.

Réhabilités, ces logements, aux loyers plus élevés, sont désormais en partie occupés par des étudiants et des jeunes professionnels que la sociologie aurait tendance à qualifier de bobos, bourgeois bohème, toujours peu enclin à fréquenter l’Église.

Dans ce tissu urbain, actuellement, XXIe siècle, se trouvent de nombreuses galeries, des ateliers d’artistes, d’architectes, de graphistes. Il y a aussi une multitude de petits théâtres, des cabarets, pubs et boites de nuit. La vie nocturne et artistique du quartier est le plus danse de l’agglomération lyonnaise. Une vie qui ne verse pas à priori son obole au culte catholique. En conséquence, malgré la taille impressionnante des bâtiments, le casuel (argent versé à l’occasion de la réception d’un sacrement) n’atteint pas la hauteur nécessaire pour payer les factures diverses : EDF, services de sécurité, extincteur, entretien et dépenses diverses propres à la vie cultuelle ordinaire : organiste, technicien de surface, ampoules, etc. Et les prix de ces services augmentent.

Dans les années précédentes, une association immobilière paroissiale, propriétaire d’immeubles construits sur un terrain paroissial versait régulièrement une subvention. Il s’agit des paroisses voisines du Bon Pasteur et de Saint Bernard, dont les églises sont fermées au culte depuis plus de 25 ans, essentiellement par manque de fidèle pratiquant. C’était une source de revenus.

Mais, désormais, les travaux qui doivent être assumés et les impôts qui doivent être payés ne permettent plus le versement d’une subvention à la hauteur de ce qui se pratiquait au paravent.

Par ailleurs, la politique financière de l’Église à Lyon devient invariable. Une paroisse doit financièrement être autonome. Elle doit vivre des revenus de son culte. Il n’y a plus de subvention diocésaine possible et, dit-on, il n’est pas raisonnable de parler de péréquation avec une paroisse voisine plus fortunée.

Jadis, des prêtres, au travail en même temps qu’assumant une tâche curiale, versaient à la paroisse une partie du revenu de leur salaire. Ils étaient dans la lignée de l’apôtre Paul qui souhaitait n’être à charge de personnes pour annoncer librement l’Évangile. Cette situation est devenue rarissime, peu goûtée par les jeunes prêtres. Les anciens prêtres au travail, actuellement retraité,  contribuent encore au financement de l’Église en l’allégeant par les apports de leur caisse professionnelle de retraite.

Cet aspect financier tracé, je peux maintenant poser la question d’une mission de première évangélisation dans un monde sorti de l’Église, à moins qu’il ne soit, depuis fort longtemps, hors de l’Église. Va-t-on annoncer la mort et la résurrection du Christ en faisant payer immédiatement les auditeurs, afin que la tâche apostolique s’autofinance ? Assurément non !

Antoine Chevrier se postait à la porte de la chapelle de l’hôpital de la Charité pour faire la quête. Ce n’est pas le diocèse de Lyon qui lui donnait de l’argent, mais des amis, prêtres ou laïcs, des « bienfaiteurs ».

Dans le cas actuel qui nous préoccupe, l’ouverture du bâtiment Saint-Polycarpe au monde associatif social, politique et artistique passe déjà par l’apport de l’association Confluences. Ainsi, la BASA (biennale d’art sacré actuel) est rendue possible par l’argent qu’apportent ses membres lorsqu’ils accomplissent, par exemple, un voyage piloté par un guide bénévole. Le groupe Chrétiens et pic de pétrole bénéficie également d’apports extérieurs à la paroisse.

Certes, cela n’est pas encore suffisant ; mais, n’est-ce pas sur ce chemin que nous devons avancer ? Cela demande un sérieux suivi comptable qui, aujourd’hui, se montre rigoureux.

En témoignent les engagements des personnes qui œuvrent sur la paroisse ; associations, résidents, habitants, organisateurs de spectacles versent leur participation aux frais de fonctionnement, de la vie des bâtiments de Saint-Polycarpe.

Par Michel Durand - Publié dans : Témoignage - Communauté : Christianisme
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 3 mai 2012 4 03 /05 /Mai /2012 14:55

Mgr Francis Deniau, Un évêque en toute bonne foi, Fayard, avril 2011

mgrdeniau

Témoignage déjà publiés :

1 - Mai 68 comme une expérience spirituelle

 

Comme je l’ai dit il y a quelques jours, je vous propose divers textes qui m'ont particulièrement touché parce qu'ils sont liés à des personnes et des situations que je rencontre ordinairement dans mon travail pastoral. Textes qui correspondent bien à mon ressenti. Mais, bien évidemment, lire l'ensemble de l'ouvrage est largement préférable.

La sélection ici proposée se présente sous la forme de témoignages. Rencontre avec la pensée de Mgr Francis Deniau.

deniau

À propos du remariage p. 39ss

Le Premier Testament nous rappelle que Moïse, en sage législateur, a prévu que, en cas de séparation, l'homme manifeste socialement que son ex-femme est libre, pour qu'elle puisse reconstruire sa vie, alors que si la femme reste dans une situation floue, elle risque d'être délaissée par tous et condamnée à mourir de faim. Aussi, Moïse impose à l'ex-mari de lui écrire une lettre de divorce. Interrogé par les pharisiens, Jésus évoque la « dureté de cœur » des hommes qui serait à l'origine de cet aménagement de la loi : « C'est en raison de la dureté de votre cœur que Moïse vous a permis de répudier vos femmes. »

À propos de la répudiation de la femme par le mari en milieu juif, Jésus dit : « Ce que Dieu a uni, l'homme ne doit pas le séparer », et il ajoute : « Quiconque répudie sa femme et en épouse une autre commet un adultère à son égard » (Matthieu 19, 1-12). Jésus se réfère non pas au commandement donné par Moïse de rédiger un acte de divorce qui permettra à la femme de se remarier et de vivre, mais au récit de la Genèse, dans lequel la relation homme-femme apparaît bien comme un don de tout l'être et un don de toute la vie.

Jésus estime que la « dureté de cœur » peut être surmontée. Au travers de sa parole, il nous dit le projet de Dieu pour la relation entre les hommes et les femmes. Cela a un sens profondément constructif pour les couples humains. L'Église doit honorer, mettre en œuvre la parole de Jésus sur l'union des hommes et des femmes. Le mariage engage pour la vie. C'est pour cela que le remariage est impossible dans l'Église catholique.

Jésus tient la parole du sens, mais, en même temps, on voit bien qu'il ne cesse d'accueillir les gens dans toutes les situations humaines en Judée, en Galilée, à Jérusalem. Il ne condamne pas la femme adultère, mais l'invite à sortir du péché. Il parle avec la Samaritaine de ses cinq maris et de l'homme avec lequel elle vit sans être mariée. L'accueil de Jésus est sans limite.

L'Église doit aussi rendre témoignage de cet accueil de Jésus, qui signifie la confiance, l'estime et l'espérance de Dieu pour tout homme et toute femme, où qu'ils se situent dans leur vie, dans leur itinéraire, et quelles que soient les questions qui peuvent se poser à eux. L'Église a toujours eu beaucoup de mal à tenir à la fois ce discours du sens et cette parole d'accueil de chacun.

Alors, comment faire ? L'Église, en Occident, a mis l'accent sur la parole du sens de Jésus. Elle en a tiré des conséquences institutionnelles par rapport au mariage qui l'ont amenée à refuser le divorce et même, en situation de chrétienté, à refuser toute législation civile sur le divorce. La sortie de chrétienté a heureusement fait émerger une législation du divorce (même si, dans des circonstances historiques, l'Église s'est battue contre cette évolution). Néanmoins, l'Église continue, à juste titre, à être attachée au discours qu'elle tient sur le mariage religieux et sa dimension sacramentelle.

Aujourd'hui, elle se trouve confrontée à la multiplication du nombre de divorcés remariés. Elle est mise au défi de les accueillir, mais je dois reconnaître qu'elle ne sait pas très bien le faire. Sans doute aurions-nous à apprendre de la tradition orientale, qui tient bien la dimension symbolique et sacramentelle du mariage, tout en étant nettement plus souple.

L'Église d'Orient a joué différemment en portant témoignage de la parole de Jésus, mais en n'en tirant pas les mêmes conséquences institutionnelles. Pour les orthodoxes, il y a bien un seul mariage sacramentel dans la vie d'une personne, parce que ce mariage revît la dimension symbolique et chrétienne qui s'enracine à la fois dans le récit de la Genèse et dans la parole de Jésus, mais l'Église se permet de célébrer des mariages non sacramentels (en cas de veuvage ou de divorce), du moins une fois, au-delà du mariage sacramentel. Ce second mariage n'a pas la même signification symbolique et sacramentelle que le premier. Il n'y a pas pour autant dévalorisation du mariage religieux.

Rien n'est simple ! L'Église ne peut pas célébrer un second mariage après un divorce, mais elle peut accompagner les couples en évitant toute célébration qui serait un pastiche du mariage. Ces dernières années, il y a eu autour de moi un certain nombre de mariages civils de personnes divorcées dont je me suis réjoui, car ces mariages - contractés par des paroissiens que je connaissais bien - ne me semblaient pas contraires à l'appel de Dieu. Si je m'en suis réjoui, c'est sans doute que c'était là un bien et non un mal !

 

La communion des divorcés remariés

 

Une autre question est celle du sacrement de réconciliation et de la communion des divorcés remariés. N'oublions pas qu'un premier mariage peut être vécu très loin de Dieu et que la découverte de la foi peut se faire dans un deuxième temps, avec un autre conjoint, dans la construction d'un deuxième couple. Cela peut amener certaines personnes à demander le baptême. Il est paradoxal que cette découverte ne puisse déboucher sur une pleine participation à la vie de l'Église. Dans un certain nombre de cas, je n'ai pas vu comment, en tant qu'évêque, j'aurais pu leur refuser le baptême sans être infidèle à l'accueil du Christ et à la tradition des conciles.

Outre les pratiques de l'Église d'Orient, nous devons nous inspirer des conciles du Ille siècle en Afrique du Nord. Ces conciles ont joué un rôle fondateur en ce qui concerne le sacrement de réconciliation. Certains ont estimé que ceux qui avaient renié la foi au moment des persécutions ne pouvaient plus être réconciliés, qu'ils devaient rester toute leur vie des chrétiens en marge de l'Église. Les évêques se sont élevés contre cette tentation rigoriste d'exclusion. L'Église catholique a jugé qu'elle avait la mission de célébrer avec ces personnes la réconciliation, de les admettre à la pleine communion ; que, cette situation ne correspondant pas à un « péché irrémissible », elle ne pouvait se contenter de traiter de lapsi (chrétiens « tombés », apostats ou pécheurs) ceux qui avaient renié la foi ; qu'elle ne pouvait les laisser à la miséricorde de Dieu sans qu'elle-même fasse le moindre geste de miséricorde.

Il me semble que cette réflexion ancienne devrait être incluse dans l'analyse de la situation actuelle des divorcés remariés. Même si la décision prise par ces divorcés de s'engager dans un second mariage peut être contestée, on ne peut pas les enfermer dans cet état comme s'il s'agissait d'un « péché irrémissible » (au sens des conciles africains du Ille siècle). On m'objectera que ce n'est pas un péché commis dans le passé, mais leur vie de couple actuelle qui est « calamiteuse ». Selon moi, cette objection ne tient pas. D'une part, je considère que le divorce n'est pas nécessairement un péché et, d'autre part, je ne crois pas que leur vie de couple d'aujourd'hui soit réellement un obstacle. Je ne crois pas non plus que l'invitation faite aux divorcés de s'abstenir de relations sexuelles pour pouvoir communier soit humainement significative et tenable.

Même si l'Église ne peut célébrer un deuxième mariage, elle devrait néanmoins pouvoir le reconnaître (à la manière des Églises d'Orient ou d'une autre façon). L'accueil des divorcés remariés au sacrement de réconciliation et à la communion reste à construire. Au IIIe siècle, l'accès au sacrement de réconciliation était précédé d'un stage pénitentiel (un peu l'équivalent du catéchuménat pour les futurs baptisés). On pourrait réactualiser cette pratique.

Nous avons à inventer de nouvelles manières de vivre la double exigence qui s'impose à l'Église : porter une parole de sens constructive pour les couples et accueillir les personnes quelle que soit leur situation matrimoniale. Cette double exigence est par nature difficile à tenir, mais elle doit être notre guide.

L'Église n'est pas le fan-club de Jésus ou l'association de défense des intérêts des croyants. La foi chrétienne n'est pas la mémoire d'un mort, mais celle d'un vivant ! L'Église n'est rien d'autre que la communauté rassemblée dans la mémoire vivante de la « liberté dangereuse de Jésus. ».

Dans un livre difficile (Être chrétien), Hans Küng a pu écrire avec justesse : « La seule originalité du christianisme, c'est Jésus ! » J'ai envie de dire à mes contemporains : « Croire, ce n'est pas toujours ce que vous croyez ! »

Même si je suis d'un naturel un peu réservé, je n'hésite pas, à la fin de chaque office, de chaque réunion ou de chaque célébration publique, à aller au-devant des autres. Surtout, par ma fonction, je rencontre des personnes très diverses. Ainsi, je suis confronté quotidiennement aux grandes questions que se posent légitimement les catholiques et bien d'autres. Mais, à la différence des hommes politiques, je n'ai pas de promesses électorales à faire, si ce n'est la promesse du Christ !

Par Michel Durand - Publié dans : Témoignage - Communauté : Christianisme
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 25 avril 2012 3 25 /04 /Avr /2012 15:49

Mai 68 est avant tout un « événement spirituel ». Un moment où l'on ne pouvait plus se contenter de vivre sur des rails hérités du passé. Où l'on ne pouvait plus se contenter de répéter des leçons apprises.

La dimension spirituelle de mai 68 nous renvoie aux Évangiles, aux questions que pose Jésus, à sa rencontre avec les gens, à sa manière de leur dire non pas : « J'ai fait quelque chose pour toi », mais : « C'est ta foi qui t'a sauvé » (je fais confiance à ce qui t'habite en profondeur).

 

mgrdeniau.jpg

 

 Il est, me semble-t-il, devenu fréquent que des évêques publient leurs pensées à l'heure de la retraite. Un droit de réserve devait au paravent leur en empêcher. Même si je pense souhaitable que de tels textes n'attendent pas la retraite pour qu'ils puissent être débattu aux pleins milieux des activités épiscopales, ne faisons pas la fine bouche quand ceux-ci arrivent quand même. Il faut, de toute façon un véritable courage et de l'audace dans l'Esprit-Saint pour écrire et publier chez de grands éditeurs ce que l'on pense quand ce qui est à dire sort du politiquement et religieusement correcte. Mgr Francis Deniau, évêque émérite de Nevers, est de ceux-ci.

Son livre comprend ses propos, pas du tout langue de bois, recueillis par Frédéric Teulon qui se dit peu averti des problèmes institutionnels de l'Église catholique et de sensibilité, pour le moins différente. "Tout au long de nos entretiens, écrit F. Teulon dans l'avant-propos, j'ai été frappé par la volonté de Mgr Deniau d'aller jusqu'au fond des problèmes et de tenir un discours de vérité. Je pense qu'il a été surpris par certaines de mes questions ; pour ma part, je n'ai jamais été déçu de ses réponses".

Je vous propose plusieurs textes que je mettrai progressivement en ce lieu. Des textes qui m'ont particulièrement touché parce qu'ils sont liés à des personnes et des situations que je rencontre ordinairement dans mon travail pastoral. Textes qui correspondent bien à ce que je ressens. Mais, bien évidemment lire l'ensemble de l'ouvrage est largement préférable.

La sélection ici proposée se présente sous la forme de témoignages. Rencontre de sa pensée.

 

En voici la liste :

-       Mai 68 comme une expérience spirituelle, p. 19ss

-       À propos du remariage, p. 39ss

-       À propos de l'ordination des femmes, p.62

-       En contact avec les sans-papiers, p.85 (je regrette ici que les mots sans papiers ne soient pas entre guillemets. 

-       À propos du capitalisme, p.9ss ; le don et la gratuité…

-       Miséricorde dans l'accompagnement ; l'écoute, p. 117ss

-       Pour une authentique évangélisation, p. 193ss

 

Aujourd'hui : Mai 68 comme une expérience spirituelle, p. 19ss

Mgr Francis Deniau, Un évêque en toute bonne foi, Fayard, avril 2011

deniau-copie-1.jpg

 

Dès la rentrée universitaire de 1966, un groupe de « situationnistes» répandait dans les facultés leur manifeste De la misère en milieu étudiant. Cela avait des aspects délirants, mais cela posait aussi quelques bonnes questions. Dans le même temps, les étudiants en sociologie terminaient l'année universitaire par une grève remettant en cause les conditions de leurs études.

« La France s'ennuie», notait Pierre Viansson-Ponté dans un fameux éditorial du Monde daté du 15 mars 1968 : « Les Français s'ennuient. Ils ne participent ni de près ni de loin aux grandes convulsions qui secouent le monde. (...) Les Français ont souvent montré qu'ils aimaient le changement pour le changement, quoi qu'il puisse leur en coûter. » Aumônier des étudiants, j'ai le souvenir qu'à Nanterre on ne s'ennuyait pas !

Une semaine après la publication de ce texte prémonitoire, le mouvement du 22 mars préfigurait les événements du mois de mai. Tout a commencé par une fronde des étudiants de Nanterre qui contestaient l'absence de mixité dans les résidences universitaires. Mais les problèmes étaient plus profonds : multiplication du nombre d'étudiants, transformation des programmes, conservatisme de la société française, revendication de liberté sexuelle... La réalité universitaire était en plein bouleversement du fait de l'accroissement des effectifs et de la massification des études.

Le paradoxe est que tout a explosé à Nanterre non pas parce que c'était pis qu'ailleurs, mais au contraire parce que c'était mieux ! L'amélioration de la situation matérielle des étudiants dans une université neuve a mis en lumière les blocages qui restaient et les choses qu'il fallait changer. Nanterre était le fief de Daniel Cohn-Bendit. Un personnage hors norme, ayant une étonnante puissance du verbe, un sens aigu de la provocation, de ce qui est recevable ou non par l'auditoire. Quelqu'un qui aidait à poser des questions essentielles. Les étudiants s'identifiaient à lui : « Nous sommes tous des juifs allemands. » Un jour, je me suis retrouvé par hasard au self à la même table que lui et la responsable de l'Union des étudiants communistes. Nous avons donc déjeuné ensemble. Il nous regardait comme si nous étions les derniers spécimens d'espèces en voie de disparition (une communiste et un curé), à ses yeux de véritables dinosaures !

Le 10 mai 1968, la « nuit des barricades» opposa plusieurs milliers d'étudiants aux CRS. L'Église était partagée sur le sens à donner à ces événements qui semblaient projeter la France vers le chaos. Mgr François Marty, Rouergat chaleureux et pragmatique, irrita le gouvernement à son arrivée à la tête de l'archevêché de Paris ; alors que mai 68 faisait rage, il eut en effet ce mot devenu célèbre : « Dieu n'est pas conservateur. » Certes, mais les admirateurs de Che Guevara, les maoïstes, les trotskistes et les gauchistes paraissaient assez loin des Évangiles.

Placé aux premières loges, j'ai ma vision de cette époque. Pour moi, mai 68 est avant tout un « événement spirituel ». Un moment où l'on ne pouvait plus se contenter de vivre sur des rails hérités du passé. Où l'on ne pouvait plus se contenter de répéter des leçons apprises. J'étais persuadé qu'il ne fallait pas en rester à l'aspect superficiel de certains slogans : « Il est interdit d'interdire », « Jouir sans entraves » ...

Ce qui était en jeu, ce n'était pas seulement la réforme de l'université, mais une crise culturelle et un enchaînement imprévisible d'événements. Des questions radicales ont émergé, portant sur la justice, le sens de la vie, les relations avec les autres, la contestation de la société capitaliste et de l'oppression post-stalinienne. Sans compter la dimension internationale : « De Berlin à Berkeley», pouvait-on lire sur les banderoles.

Les étudiants interpellaient les adultes pour leur demander : Où en est-on ? Qu'est-ce que nous désirons vraiment ?

Des graffitis proclamaient : « Assez d'actes, des paroles », prenant à contre-pied la formule habituelle. Je crois que cette expression disait quelque chose de fort : cessons d'agir par habitude et posons-nous des questions ; osons parler.

C'est pour cela que, à mes yeux, mai 68 a été un « événement spirituel ». Une sorte d'arrêt sur image nous obligeant à réfléchir, dont Michel de Certeau a pu dire : « On a pris la parole comme on avait pris la Bastille. » J'ai vécu ce temps-là avec beaucoup de perplexité : autant les questions étaient fondamentales pour l'existence humaine, autant les réponses étaient insatisfaisantes. Trop rapides, souvent frelatées, superficielles, elles risquaient de refermer les questions à peine posées et relevaient de la vulgate marxiste.

Ces réponses s'entrechoquaient dans de multiples échanges et débats. C'était surprenant et passionnant ! Mais il y avait aussi une prise en main des assemblées, des manipulations et des manœuvres politiques antidémocratiques. Je n'étais pas du tout naïf devant les procédés utilisés. J'ai vécu mai 68 sans illusions sur ce qui se passait, mais en résonance profonde avec les questions posées.

Ma mission d'aumônier était d'accompagner des étudiants dans cette remise en cause. La dimension spirituelle de mai 68 nous renvoie aux Évangiles, aux questions que pose Jésus, à sa rencontre avec les gens, à sa manière de leur dire non pas : « J'ai fait quelque chose pour toi », mais : « C'est ta foi qui t'a sauvé » (je fais confiance à ce qui t'habite en profondeur).

Parmi les graffitis : « Je prends mes désirs pour des réalités, parce que je crois à la réalité de mes désirs. » Certes, on peut comprendre cela de bien des façons, et certaines peuvent être destructrices. Mais cela renvoie également à saint Paul et au chapitre 8 de la lettre aux Romains : faites confiance aux désirs qui vous habitent et qui sont aussi les désirs de l'Esprit en vous. Il m'arrive souvent de dire à des jeunes : osez faire confiance aux désirs qui vous habitent ; il vous faudra bien composer avec la réalité, avec le possible, mais laissez la réalité instruire et transformer vos désirs, non les détruire.

J'ai fait venir l'évêque de Nanterre, Jacques Delarue, à l'université pour un débat. Je l'avais prévenu : « Vous allez en prendre plein la tête... » Il est venu de son plein gré, mais s'est retrouvé dans la position du gladiateur jeté dans la fosse aux lions ! Je crois qu'il était comme moi persuadé qu'il fallait affronter la critique et voir comment, en traversant cette critique, on pouvait être chrétien.

Par Michel Durand - Publié dans : Témoignage - Communauté : Christianisme
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 18 avril 2012 3 18 /04 /Avr /2012 19:50

Toujours dans la ligne de ces derniers jours, je suis heureux de vous partager  une page de Robert Daviaud, responsable du Prado, qui nous parle de l’amour du monde et de l’alliance évidente entre amour de Dieu et amour des hommes, amour du monde tel qu’il est et contemplation de la beauté divine.

daviaud.gif

 

Un regard contemplatif

 

 

 

Daviaud06-85062.jpgL'union à Dieu invite le croyant à entrer dans le dynamisme de l'Incarnation. La « demeure en Dieu » entraîne la sortie vers les frères, en plein cœur de l'humanité. Sans cesse Dieu a porté le souci de son peuple, le souci de l'humanité, au point d'envoyer son Fils, d'envoyer l'Église comme sacrement du Salut au sein du monde. Dans l'Évangile, nous constatons combien Jésus se déplace et se montre abordable. Il se laisse approcher par les pauvres, les pécheurs, les personnes de toutes conditions.

Nous avons toujours à nous interroger sur notre présence effective et durable auprès de ceux vers lesquels nous sommes envoyés, sans oublier d'abord tout ce qui nous fait participer de la commune humanité. La rencontre du prochain, pour les prêtres, vivant le célibat, s'effectue d'une manière originale qui nous touche au plus profond de ce que nous sommes. L'amour humain est un don de soi qui, dans un couple, amène à aimer l'autre pour lui-même. À plus forte raison, s'il s'agit, pour nous, de porter en notre personne l'amour du Christ vis-à-vis des autres. L'amour de Dieu apprend à aimer les autres pour eux-mêmes, tels qu'ils sont, dans leur beauté, dans leur misère, dans leur espérance, dans leur capacité à grandir et à se convertir. Cela ne va pas sans un dépouillement intérieur, sans une certaine pauvreté, à l'image du Christ, Serviteur, que la rencontre des humains a fait passer par la crèche, par Nazareth, par la croix, dans le renoncement à lui-même, afin de rester fidèle à la Mission confiée par le Père.

Entrer dans le regard contemplatif du Christ

Entrer dans le regard du Christ, c'est accueillir le monde comme le champ que Dieu aime et cultive. Son Esprit est à l'œuvre. Nous sommes appelés à devenir les collaborateurs de cet agir de Dieu. Dans les responsabilités au cœur de la société comme dans les services que l'Église nous a confiés, nous sommes invités à rejoindre et à regarder les personnes et les groupes humains, avec les yeux mêmes de Jésus Christ, Pasteur de son peuple. Que l'Esprit Saint nous donne un « œil » simple et clair ! (Lc Il,33-38).

Ne pas tricher avec la réalité et les personnes. Dans le « cahier de vie » et dans la « révision de vie », se joue l'obéissance au réel. On donne du prix aux personnes elles-mêmes en étant précis sur ce qu'elles expriment, sur ce qu'elles deviennent. Les événements sont pris en compte pour ce qu'ils sont dans leur complexité. Il est bon de donner consistance propre à tout l'humain. Cela suppose de sortir d'une trop grande subjectivité ou de notre imaginaire... Ne plus considérer les autres et les événements seulement à partir de nous, mais en leur reconnaissant toute leur densité propre. Il nous faut sortir de nous-mêmes, pour nous ouvrir au réel des autres qui existent indépendamment de nous, mais pas de Dieu. Le regard contemplatif amène à considérer les personnes selon de mystère de Dieu. « En toi est la source de la vie. Par ta lumière nous voyons la lumière » affirme le psaume. Il faut que le regard du Christ devienne le nôtre :

- regard de compassion : « Voyant les foules, il fut pris de pitié pour elles » (Mt 9,38) ;

- regard qui aime et qui discerne celui qu'il va appeler. Jésus regarde Nathanaël qui venait à lui « alors que tu étais sous le figuier, je t'ai vu » (Jn 1,47-51);

- regard parfois de colère devant les gens qui se perdent (Mc 3,5) ;

- regard qui sait voir le cœur : « Il savait quant à lui ce qu'il y a dans l'homme » (Jn 2,25).

Le discernement du Christ s'appuie sur sa relation intime avec le Père : « Moi, je ne puis rien faire de moi-même : je juge selon ce que j'entends et mon jugement est juste parce que je ne cherche pas ma propre volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé » (Jn 5,30). Le Christ éduque lui-même le regard de ses disciples (Lc 12,24-27; Lc 6,41). L'obstacle majeur est l'incrédulité, l'incapacité à voir dans le réel la trace de Dieu, comme en Jn 6. Nombre de disciples refusent de reconnaître en Jésus, le Fils de Dieu, l'Envoyé du Père, le vrai pain du Ciel.

Comme nous l'avons déjà évoqué au deuxième chapitre de ce livre, la contemplation, le regard de foi, font comprendre les personnes dans la relation que Dieu établit avec elles avant même que j'arrive, comme Dieu créateur qui invite chacune à tenir sa place dans le monde, comme Dieu Sauveur du mal en Jésus Christ, comme Dieu animant chacune de l'Esprit de vie, comme Dieu offrant à chacune le don possible de la vie au-delà de la mort. Par la foi, il s'agit de voir l'invisible, ce qui est caché (cf. He 11). Les personnes, même si elles sont indifférentes en dehors du don d'amour de Jésus Christ. Elles sont aimées de Dieu, sauvées, appelées à répondre d'une certaine façon à cette vie divine en elles.

Contemplation de la vie des gens et mission

Dans la mission, l'Église va à la rencontre d'une grâce. Elle est la servante de l'agir de l'Esprit Saint. La proximité et la communion avec les gens, amènent à un regard contemplatif qui pousse à être porteur de la Bonne Nouvelle. Les personnes, les groupes humains sont reconnus dans leur situation devant Dieu, dans le dessein de Dieu sur eux. Cela fait rendre grâce pour les avancées et les réponses positives à l'Évangile. Combien de fois dans l'Évangile, Jésus lui-même est admiratif de la foi de telle ou telle personne. Comment recevoir des gens, des pauvres, le témoignage du Christ ressuscité ? Nous sommes invités également à nous montrer lucides sur les failles, sur tout ce qui détruit l'humain et le vivre ensemble, sur tout le péché, en particulier sur les points particuliers où les personnes et les peuples ne veulent pas que l'Évangile intervienne. La rencontre des personnes et la contemplation de Dieu ne peuvent que renforcer le pasteur et l'Église dans le dialogue et la proposition de chemins de conversion.

Nous l'avons vu : seul un homme spirituel peut entrer dans le regard contemplatif (cf. 1 Co 2). Le père Chevrier affirme : « Il faut que ce soit le Saint Esprit qui nous donne le sens des choses spirituelles et divines et qui nous découvre Jésus Christ, qui nous donne des yeux pour voir, des oreilles pour entendre et un cœur surtout pour sentir et nous attirer à lui ) (Véritable Disciple – livre du père Chevrier - 118). C'est l'attitude même du prophète: « Oracle de l'homme au regard pénétrant, oracle de celui qui entend les paroles de Dieu. Il voit ce que le Tout Puissant lui fait voir. Il tombe en extase et ses yeux s'ouvrent ) (Nb 24,2-7).

Par ailleurs, dans la contemplation de la vie des hommes, on ne peut en rester à un regard extérieur. Le regard de foi sur la réalité serait faussé s'il n'était accompagné d'un amour qui se donne, pour soutenir ceux qui sont fatigués, pour relever ceux qui sont tombés, ceux pour qui la vie est rude en ce moment.

La contemplation n'empêche pas, bien au contraire, de chercher les moyens les plus efficaces pour que les pauvres en particulier soient les sujets et les acteurs de leur vie. Le regard de contemplation ne s'oppose pas au regard lucide des analyses et à la réflexion. En revanche, il s'oppose à la prétention de celui qui chercherait à expliquer la réalité en excluant l'action de l'Esprit Saint. C'est lui qui agit au cœur des personnes, mais aussi dans les cultures et dans les événements de l'histoire, invitant chacune et chacun à prendre toutes ses responsabilités pour la réussite de la création.

 

 

 

 

 

 

Par Michel Durand - Publié dans : Témoignage - Communauté : Christianisme
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 5 avril 2012 4 05 /04 /Avr /2012 09:37

Je reçois de mes frères du Prado ce courriel que je suis heureux de vous transmettre en pensant à tous les prêtres, ceux qui piédestalisent leur ministère, ceux qui sont au service des plus petits parmi les hommes. 

Jeudi saint, le jour où Judas....

 

la-cene-1961.jpg

Bernard Buffet, 1961, La Cène, ici pour l'étude de l'œuvre

 

Chers amis
 
Au moment où nous entrons dans la semaine sainte, permettez-nous de vous souhaiter dès à présent de bonnes fêtes de Pâques, que le Christ mort et ressuscité illumine nos vies, qu’il donne à nos ministère un élan nouveau pour que nous soyons avec nos communautés des missionnaires de la tendresse d’un Dieu qui ouvre des chemins de vie.
« le monde a besoin d’Evangile, c’est maintenant le temps favorable ! » et avec le Prado général « annonçons aux pauvres la richesse de Jésus Christ ».
Et cette belle prière pour les prêtres de Jean Marie Hubert, prêtre du diocèse d’Arras  qui fut aumônier national du secours catholique , plongé à jamais dans la lumière du Ressuscité.
Merci encore de penser aux copains qui n’ont pas possibilité d’avoir ce message par mail, si vous pouviez leur transmettre. Merci.
 
Bonnes fêtes de Pâques
 
Michel Delannoy
Robert Peloux
 
Seigneur nous te rendons grâce pour les prêtres du monde entier
Et plus particulièrement pour ceux que tu mets sur notre route.
Habite-les de ta présence afin que nos rencontres avec eux
Soient des rencontres avec Toi.
Renouvelle chaque jour en eux le « Oui » qu’ils ont su te dire
Et fais de leur fidélité une lumière pour le monde.
Dieu de tendresse et d’amour
Prends pitié de ceux qui se sentent blessés, découragés.
Réconforte les prêtres âgés, malades et ceux qui vont mourir.
Seigneur, mets en notre cœur, à l’égard des prêtres,
Respect, gratitude et compréhension.
Fais-nous reconnaître en eux des hommes de cette Eucharistie
Dont nous vivons et ceux par qui se manifestent
Ta miséricorde et ton pardon.
Donne-nous d’être, là où nous sommes, tes serviteurs humbles et discrets,
Travaillant avec eux, selon nos moyens, à la venue de ton Règne.
Seigneur jésus, tu sais à quel point nous avons besoin de prêtres
Pour faire route vers le Père.
Nous te supplions, suscite en ton Eglise
De nombreux pasteurs selon ton cœur.
 
AMEN

Par Michel Durand - Publié dans : Témoignage - Communauté : Christianisme
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Calendrier

Juin 2012
L M M J V S D
        1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30  
<< < > >>

Présentation

Profil

  • Michel Durand
  • En manque d'Eglise
  • Homme
  • 31/01/1942
  • musique art voyages nature lecture
  • Je suis prêtre de l'Eglise catholique. Après avoir été serveur de restaurant et en paroisse, je fus nommé en aumônerie étudiante. Je me suis alors intéressé à l'art contemporain et à l'iconographie chrétienne. Ce fut l'occasion, avec Conf
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés