Accueillir, ouvrir les frontières, recevoir les exilés en détresse, les respecter est le seul moyen de vivre sans transformer les mers des cimetières

Publié le par Michel Durand

Embarcation de migrants au large de l’île italienne de Lampedusa, le 19 février 2021.   (ANSA)

Embarcation de migrants au large de l’île italienne de Lampedusa, le 19 février 2021. (ANSA)

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Hommage et solidarité à tous les migrants morts en mer depuis les années 1990 -plus de 40 000-, et plus particulièrement à ceux décédés durant l’année écoulée.

 

Dans la préparation du prochain cercle de silence et en lisant les annonces de la Marche des parapluies, le 20 juin 2021, organisée par Forum réfugié, je me dis que les associations agissent pour suppléer aux carences des États. Et pourtant que voyons-nous ? Les frontières se maintiennent fermées, des récépissés au séjour sont donnés sans droit à travailler, les mers dans lesquelles nous sommes heureux de nous baigner sont des cimetières pour migrants, des exilés par détresse. Heureux, Forum réfugiés, largement sponsorisé ? Pour le bien qu’il accomplit, il peut se réjouir, comme en témoigne un article dans La Croix de ce jour, page 28.

Heureux ? Assurément !

Pourtant, j’ai vu des salariés de ce groupe mettre des jeunes dehors en conseillant d’aller voir ailleurs, de se rendre auprès de citoyens bénévoles cherchant de possibles hébergements. Oui, des associations citoyennes réparent les dégâts provoqués par les lois. Ne faudrait-il pas descendre dans la rue sans parapluie pour crier, dans le silence, l’inhumain vote d’une foule humaine qui engendre l’exclusion ?

Protégeons nos frontières quitte à ouvrir des cimetières marins.

Et j’en suis à me demander si les bénévoles humanitaires ne devraient pas faire grève de leur recherche de solution pour que le problème soit largement visible, aveuglant et pour que tous aient vraiment conscience que nos quêtes de mode de vie conduisent au désastre. L’après Covid 19 ne sera pas mieux que l’avant. Il sera pire, car la pauvreté augmente.

J’essaye d’être croyant en Dieu miséricorde. Je tâche de ne pas désespérer. La prière est aride même si nombreuses prises de parole chrétienne sont réconfortantes par leur prise de conscience du réel.

Je lis par exemple ceci : Dans son homélie, le secrétaire d'État du Saint-Siège, le cardinal Pietro Parolin, se référant au passage de l'Évangile de la tempête apaisée, a exhorté les fidèles à tourner leur regard vers « les si nombreuses vies brisées alors que, sur terre ou sur mer, elles étaient en quête d’espérance ».

Le pape François affirme que « La Méditerranée est le plus grand cimetière d’Europe ».

Mais, hélas, les solutions concrètes pour résoudre les problèmes n’existent pas à la hauteur des besoins.

Prions pour nos conversions politiques.

À Rome, la communauté de Sant’Egidio a organisé le mardi 15 juin une veillée de prière en la basilique Santa Maria in Trastevere en mémoire, hommage et solidarité à tous les migrants morts en mer depuis les années 1990 -plus de 40 000-, et plus particulièrement à ceux décédés durant l’année écoulée.

Signe de l’attention manifeste du Saint-Siège, le cardinal Secrétaire d’État, Pietro Parolin, sera présent.

 

Comme j’aimerai qu’une telle prière, œcuménique ; avec grande liberté, puisse se vivre à Lyon. Je ressens sans aucun doute, un sentiment nostalgique, car de nombreux éléments me rappellent les petites liturgies vécues à Saint-Polycarpe.

 

J’invite à suivre ce temps de prière :