Pour une vie sobre, se contenter du nécessaire - vive le carême

Publié le par Michel Durand

Pour une vie sobre, se contenter du nécessaire - vive le carême

Joseph s’exprime sur la vie sobre. Il montre la nécessaire limite dans les consommations ordinaires. L’écoutant, je ne peux que penser aux recommandations d’Antoine Chevrier. Même dans un langage très XIXe siècle, elles nous parlent. Voir également : Vivre sobrement, se contenter du nécessaire libère des contraintes étrangères à son épanouissement ; c’est l’appel à la pauvreté évangélique

Antoine Chevrier, Le véritable disciple : Se contenter du nécessaire 
Voilà un article très important : il comprend tout l'ensemble de la vie évangélique. 
C'est ce que Notre Seigneur recommande à Marthe quand [il était] dans sa maison ; elle se plaignait de ce que sa sœur Marie ne lui aidait pas à préparer le repas ; et Jésus la reprend en lui disant : "Marthe, Marthe, vous vous troublez et vous vous embarrassez dans le soin de beaucoup de choses ; or, une seule est nécessaire : Marie a choisi la meilleure part qui ne lui sera pas ôtée" (Lc.10/41-42), lui faisant entendre par là qu'il ne faut pas tant se tourmenter pour les choses de la terre, mais qu'il faut plutôt s'occuper des choses du ciel ; mais que, pour les choses terrestres, il faut se contenter du strict nécessaire. "Unum necessarium". (Lc.10/42)
C'est encore ce que saint Paul nous dit clairement quand, écrivant à son cher fils Timothée, il lui dit : "Nous n'avons rien apporté en ce monde et il est certain que nous ne pouvons non plus rien en emporter ; ayant donc de quoi nous nourrir et de quoi nous vêtir, nous devons être contents". (I Tm.6/7-8)
Pour nous conformer donc à cet enseignement de Notre Seigneur et de saint Paul, nous devons nous contenter du nécessaire. 
Ce nécessaire se rapporte au logement, à la nourriture et au vêtement. 
Nécessaire dans le logement. 
L'étable de Bethléem à la naissance de Jésus Christ ne pouvait être un logement plus pauvre. La maison de Nazareth, telle qu'on la voit encore à Lorette, était pauvre. 
Pendant sa vie publique, Notre Seigneur n'avait souvent d'autre logement que la solitude des montagnes, le jardin des oliviers ; et il dit que "les renards ont leurs tanières, les oiseaux ont leurs nids mais le Fils de l'homme n'a pas où reposer sa tête". (Lc 9,58, Mt 8,20). 
Saint Paul dit qu'il n'a point d'habitation permanente. "Non habemus hic manentem civitatem sed futuram inquirimus". (He 13,14)
Pour entrer dans cet esprit de pauvreté de Notre Seigneur, nous retrancherons de notre logement tout ce qui sent le luxe, la vanité,  le superflu, l'inutile.
Nous n'admettrons dans nos chambres ni tapisserie, ni boiserie, ni glace, ni fauteuil, ni marbre, ni dorure, ni peinture, ni aucun  ornement qui puisse plaire à l'œil ou au goût ou contenter la vanité, l'amour-propre ou le bien-être. Tout doit respirer la simplicité, la pauvreté et la souffrance de l’étable (L'étable. Sous entendu: de Bethléem. C'est une référence à la Crèche, mystère de pauvreté) ; murs grossiers ou crépis au mortier; deux ou trois chaises en paille grise ou en bois ; une table, un bureau en bois simple, sans ornement ; un crucifix en bois peint ; un prie-Dieu simple qui pourrait servir de placard au besoin ; un placard simple s'il est nécessaire ou quelques chevilles de bois recouvertes d'un rideau ou même encore sans rideau ; un lit composé de deux tréteaux supportant trois planches de sapin, une paillasse, un ou deux draps, un traversin ; mais jamais une étoffe de soie ou travaillée ; on peut y assujettir à la tête une petite traverse en bois pour soutenir le traversin ; on peut mettre une couverture sur la paillasse, si on en a besoin ; en cas de maladie, on peut avoir un matelas ; quelques images, cadre de bois simple sans couleur ni vitre, ni peinture ; quelques rayons sur la table, pour mettre les livres et les cahiers ; s'il est nécessaire, des rideaux en lustrine verte ou bleue aux croisées ; Il faut qu'en entrant dans notre chambre on y trouve et on y respire la pauvreté, la simplicité et la souffrance.
Il faut retrancher tout ce qui sent le bourgeois, le bien-être, la commodité ; il ne faut pas qu'en entrant chez nous on puisse dire : il est bien ; ce n'est pas mal ; il faut qu'on puisse dire : il souffre.
Aujourd'hui où le luxe est à son comble, que tout le monde recherche le bien-être, la commodité, le confortable, il faut que le prêtre, au contraire, recherche la pauvreté et la souffrance, afin qu'il puisse être un exemple au milieu du monde.
"Vos estis lux mundi". (Mt 5,14)
"Ut videant opera vestra bona et glorificent Patrem". (Mt 5,16) 
Il faut bien se garder de se faire pauvre pour être vu des  hommes et attirer leur compassion et paraître sage ; malheur à celui qui aurait de telles intentions ! Mais il faut faire cela par amour  pour Notre Seigneur, pour imiter sa sainte pauvreté et aller à l'opposition du monde, puisque nous sommes pour éclairer le monde et  nous opposer à ses maximes, et ses usages. 
(…)

Se contenter du nécessaire. 
"Bienheureux les pauvres d'esprit car le royaume des cieux est à eux". (Mt 5,3) 
"C'est une grande richesse que la piété et la modération d'un esprit qui se contente de ce qui suffit pour les besoins de la vie présente". (1 Tm 6,6)
C'est un article très important et dont il faut bien se pénétrer pour ne pas sortir de la véritable pauvreté, parce que la véritable pauvreté et l'esprit de pauvreté se trouvent renfermés dans ce mot : Avoir le nécessaire et savoir s'en contenter. 
C'est parce qu'on ne sait pas se contenter du nécessaire que l'on manque à la pauvreté. On commence bien par la pauvreté mais, peu à peu, on trouve que ce n'est pas assez commode, pas suffisant, que ce n'est pas assez  solide, pas assez propre... que ça ne dure pas assez et mille autres raisons spécieuses ; et alors, on ajoute, on change, on embellit, on trouve que c'est plus convenable, que ça dure plus et peu à peu, on se trouve d'avoir une chambre commode, à l'aise, où rien ne manque ; d'avoir une table confortable où l'on trouve au-delà du nécessaire d'avoir des habits convenables, qui durent davantage, qui sont plus solides et mieux en rapport avec les goûts du monde ; de changement en changement, on arrive à faire comme le monde et à perdre l'esprit de pauvreté. 

etc...
 

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