Entrer plus avant dans la personne de Jésus-Christ qui a choisi de parler en paraboles pour aborder des sujets incompréhensibles à l’humain

Publié le par Michel Durand

Quelques mots pour entrer dans la lecture de Marc 13, 33-37, l’évangile de ce premier dimanche de l’Avent. Quelques mots à ajouter à ceux d’hier.

L'évangéliste Saint-Marc, l'évangile de Lindisfarne, début VIIIe siècle
 

Pour bien comprendre ce passage, il importe de lire l’ensemble du Chapitre 13 de Marc.

Le titre en est : discours eschatologique.

On est à la fin d’une période, fin d’une année liturgique et l’on entre dans une nouvelle année.

Nous savons que les évangiles sont d’abord des récits connus par cœur par les disciples du Christ. Il y a des ensembles indépendants les uns des autres documents A – B – C. Récits sur les miracles de Jésus ; récits sur les rencontres de Jésus ; récits sur les paroles de Jésus ; récits de la passion ; de l’enfance de Jésus. Ces divers groupes furent réunis pour former un « volume » dont furent choisis les éléments en fonction des personnes auxquelles les prédications selon l’Evangile (la Bonne Nouvelle) étaient adressées. Une harmonisation des diverses parties fut alors nécessaire. Trois étapes donc, au minimum. Les exégètes parlent d’une première rédaction ; puis d’un intermédiaire ; et enfin d’une rédaction définitive. Pour Marc, cela donne : Marc primitif –Marc intermédiaire – Marc, ultime rédacteur. Aux sources citées (A, B, C) s’ajoute une autre mal identifiée. Elle est désignée par la lettre Q.

Certes, la composition des évangiles montre une certaine complexité. Ce que je viens d’en dire demeure très approximatif. Mais cela me semble suffisant pour ne pas faire de l’Évangile un bloc qui nous viendrait d’une révélation divine et que l’évangéliste n’aurait eu qu’à transcrire sur du papyrus ou du parchemin. Je dis cela en pensant au danger du fondamentalisme et de sa lecture exclusivement littérale. L’étude spirituelle des Évangiles, dont l’article de Xosé Xiulio parle, est étrangère à toute approche fondamentaliste.

La rédaction du passage de ce jour, Marc 13, dû au Marc intermédiaire, dépend de la source A.

Le rédacteur ultime y a apporté quelques retouches :

Au verset 3 : il précise : Jésus sort du temple. Il est en face du temple ; et il donne les noms des apôtres : Pierre, Jacques, Jean, André qui interrogent Jésus.

« Dis-nous quand cela arrivera et quel sera le signe donné lorsque tout cela va se terminer. »

À la fin d’un exposé censé répondre à la question (verset 33), l’ultime rédacteur de l’évangile selon Marc insiste sur le fait de veiller : ne vous endormez pas – veiller – faites attention – le moment vient.

« Prenez garde, restez éveillés : car vous ne savez pas quand ce sera le moment. »

Les versets 34 à 37 relèves de l’ultime rédacteur qui apportent des éléments disparates. On s’aperçoit de cela quand on compare les évangiles synoptiques entre eux.

Verset 34 : Un homme (c’est une parabole) part pour l’étranger en laissant sa maison à la garde de ses serviteurs. Nous avons là le début de la parabole des talents à  lire en Mt 25, 14 et Luc 19, 12.

Marc en change le thème. L’homme (le voyageur) ne donne pas aux serviteurs des sommes d’argent. Il donne à chacun une tâche. En fait, tout simplement le travail qu’il a l’habite de faire. Que fait un portier, sinon de surveiller la porte pour que la propriété soit bien gardée ? C’est pour faire le lien avec la suite du récit que le rédacteur ajoute la précision que le portier doit veiller. « Et au portier, il a commandé de veiller » est une cheville rédactionnelle.

Le verset 35 montre le retour du Maitre à une heure tardive ; il faut l’attendre en restant éveillé. L’attendre, le soir ou la nuit, en son milieu, ou au chant du coq, ou encore à la fin de la nuit, au matin. Cette façon romaine de diviser la nuit en 4 sections est une preuve de l’antiquité marcienne de cette parabole.

Notons la particularité du verset 37 :

« ce que je dis à vous, je le dis à tous ».

Comparons avec Luc 12, 41 : Pierre dit « Seigneur, est-ce à nous que tu dis cette parabole ou aussi à tous ? » Nous avons là un verset charnière entre la parabole des serviteurs qui doivent veiller et celle de l’intendant fidèle et vigilant.

En bref, j’indique que le discours eschatologique du Document A se trouve en

Mc 13,     7

                14-20

                 24-27

                 28

                 33

Trop intellectuelle cette lecture ? Possible. Elle nous permet quand même d’entrer plus avant dans la personne de Jésus le Christ qui a choisi de dire cette parabole pour parler d’un sujet incompréhensible à l’esprit humain : la fin des temps. L’eschatologie.

Demeure maintenant, l’essentiel. Le vital pour l’existence quotidienne. Qu’est-ce que cette page d’évangile me dit, en ce temps d’invitation à changer nos modes de vie pour rejoindre dans une vie simple, sobre, ouverte à tous. Ce que le VERBE de Dieu a voulu en prenant chair en Marie. C’est maintenant le temps de la méditation, de la prière où je note sur une feuille (ou sur une page numérique) ce qui me vient à l’esprit afin de ne pas l’oublier, le reprendre dans une prière de louange et de demande, le communiquer à d’autres au cours d’un partage des dons reçus dans une étude spirituelle d’Évangile.

                       

Publié dans évangile

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