Bienfaits, méfaits du colonialisme

Publié le par Michel Durand

maxgallo.jpgJe lis l’ouvrage de Max Gallo : L’empire, l’envoûtement, la possession, le désamour avec une grande passion.
J’ai du mal à me détacher de ces trois tomes.
A l’occasion, je vous donnerai à lire quelques pages.
Alors que certains voudraient que l’on exalte les bienfaits de la colonisation, je trouve ces pages pleines d’enseignements.
L’humanité, en quête de progrès, aurait-elle pu éviter, pourrait-elle éviter les conquêtes, les humiliations, les massacres, le terrorisme ?



J’énumère :
- Empire romain, conquête de tout le monde connu à l’époque autour de la méditerranée. Une paix ? Les terres africaines servent de grenier à blé pour Rome, puis Constantinople.
- Conquêtes arabes, razzia d’esclaves, déportation des nègres aux Amériques, aux Maghreb.
- Abolition de l’esclavage, mais travail forcé ; enrôlement des soldats « chairs à canon » pour la guerre de 14-18 ; représailles des révoltes. Et toujours l’humiliation, « la plaie inguérissable qu’est l’humiliation, cette lèpre de la colonisation ».
Dans la ligne de Mussolini, dégageant la Rome antique, quel occidental colonisateur ne pense-t-il pas : « c’est notre droit et notre devoir que d’être les héritiers de Rome, nous qui avons colonisé l’Afrique avec nos légions ! »
Progrès, conquêtes, colonie, Indiens massacrés, nègres exportés. Commerce, colonialisme. Néo-colonialisme. Révolte, répression, revanche de l’Orient contre l’Occident. L’axe du bien contre l’axe du mal… selon quel critère ?
Il me semble qu’il est bien difficile de parler de la valorisation de la colonisation même si tout n’a pas été dé-civilisation. Comment connaître toute la vérité de la colonisation française et ce que cette histoire légua aux hommes à venir ?
Max Gallo nous en donne une idée.
Bien sûr, il est toujours possible de dire, même historique, son ouvrage, « l’Empire », n’est qu’un roman.

Extraits :

« Qu’est-ce que j’attendais pour dire la vérité de ce que j’avais vu en Haute-Volta ? Je savais que l’on incendiait les villages parce que les jeunes hommes s’enfuyaient pour ne pas être enrôlés » (p. 187).

Une division noire affectée à se lancer à l’assaut des lignes allemandes :

« Il neigeait. Les tirailleurs étaient figés par le froid, paralysés dans leur capotes trempées, les doigts gourds… En quelques secondes la moitié d’entre eux avaient été fauchés par les mitrailleuses, et les autres s’étaient mis à courir en tout sens…
Un noir est vivant ou mort ; ça ne se soigne pas ! »

Il y a une loi « commune à toutes les civilisations : la richesse ne naît que de la peine des hommes »… des mines de charbon (Germinal, Zola) aux construction des lignes de chemin de fer dans la forêt équatorial.

Publié dans écrit de Béni Isguen

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