Les chrétiens prennent-ils au sérieux l’environnement ? Ont-ils conscience de leur responsabilité quant au respect de la création ?

Publié le par Michel Durand

illustration de l'article de La Croix, les chrétiens s'emparent de la crise écologique.

illustration de l'article de La Croix, les chrétiens s'emparent de la crise écologique.

Assurément, il faut être évêque pour bénéficier d’une page dans La Croix. Sinon évêque du moins proche de la tendance majoritaire. Cela ne semble pas le cas de Chrétiens et pic de pétrole, qui n’a reçu aucun journaliste du groupe Bayard venu s’informer sur la tenue de son dernier colloque.

Par ailleurs, pour répondre à la question du colloque de Foi et culture (29 novembre 2014) sous le label de la conférence des évêques de France, les membres de Chrétiens et pic de pétrole, suite à la bonne tenue de leur troisième colloque (180 participants), auraient bien pu être consultés.

Je me trouve donc dans le juste droit de me demander pourquoi, le quotidien catholique discerne une page à ce propos, après avoir plutôt ignoré l’initiative lyonnaise. Plusieurs membres présents à Paris le 29 novembre et vraisemblablement proches de l’organisation épiscopale  connaissent les recherches du petit groupe de chrétiens lyonnais. Sont-ils si loin de leur façon d’aborder la question de l’écologie ?

Assurément si l’on observe bien l’image choisie par le quotidien. Il y est dit par une jeune maman écolo, qui semble revenir par un bois urbain d’une manif contre le mariage pour tous : « Tout ce que Dieu a créé est renouvelable. C’est simple à suivre ». Eh bien non ! Tout n’est pas renouvelable. Si la feuille à l’approche de l’hiver tombant de l’arbre, nourrit la terre au point d’alimenter la sève de la prochaine saison pour offrir de nouvelle verdure, le charbon, le pétrole et même le tout récent gaz de schiste ne sont pas renouvelables.  Même la glace, dans le réchauffement de la planète, n’est plus renouvelable. Le monde catholique semble regarder l’écologie des papillons sur tiges vertes. La réalité est ailleurs. Dans la domination du capital sur la quotidien. Ca aussi, il fait le voir.

Mais, vous avez raison de me trouver jaloux (et la jalousie est mauvaise conseillère) en regrettant que Chrétiens et pic de pétrole ne soient pas arrivés à mobiliser les journalistes de La Croix. Le correspondant lyonnais de ce quotidien assurément est informé. Il nous explique que ce n’est pas lui qui décide de la publication d’un sujet. « Je ne peux rien écrire de publiable si la rédaction n’en décide pas ainsi ».

Ceci dit, la question du rapport de l’homme et de la terre est posée. La théologie de la création est abordée. Pour que la réflexion continue à tracer un chemin, je trouve important de vous inviter à lire l’article de La Croix. Je le recopie ci-dessous au cas où vois ne puissiez l’atteindre dans le site internet du quotidien.

Les chrétiens s’emparent de la question écologique

Un colloque organisé samedi 29 novembre à Paris par l’Observatoire Foi et Culture de la Conférence des évêques de France a démontré l’enjeu spirituel de la question écologique pour les chrétiens.

Les chrétiens prennent-ils au sérieux les questions environnementales ? Ont-ils conscience de leur responsabilité quant au respect de la création ? Alors que le pape François devrait publier une encyclique « écologique », ces questions étaient au cœur du 5e  colloque de l’Observatoire Foi et Culture de la Conférence des évêques de France organisée samedi 29 novembre à Paris. « L’idée est moins de sauver la création que de sauver l’humanité », affirme Marianne Durano, coauteure de Nos limites, pour une écologie intégrale (1). La jeune agrégée de philosophie, par ailleurs membre du mouvement des « veilleurs », explique être arrivée aux questions écologiques en réfléchissant aux questions sociétales. À partir du constat que la consommation à outrance n’est pas bonne pour l’homme, elle a pris conscience que l’écologie était une réponse à une série de crises, non seulement environnementales, mais aussi sociales et économiques.

MICHEL ROCARD  : « QUE LES ÉGLISES PARLENT PLUS FORT »

À ces crises, les réponses sont peu nombreuses, et ne viennent pas des politiques, a reconnu l’ancien premier ministre Michel Rocard. Qualifiant les partis politiques de « cadavres ambulants », celui qui fut l’initiateur de l’Appel de La Haye, en 1989, préconisant des mesures urgentes contre le réchauffement climatique, suggère « que les Églises se mettent à parler plus fort ».

« Ne devenez pas ”écolos” mais soyez chrétiens », lance pour sa part Thierry Jaccaud, rédacteur en chef de la revue L’Écologiste, rejoignant la position de Mgr Marc Stenger. « Respecter la nature n’est pas seulement pour ceux qui ont signé chez les Verts, c’est l’appel que Dieu nous adresse à tous ! La terre n’a pas été créée pour être détruite », rappelle l’évêque de Troyes, président du mouvement Pax Christi-France. « Dieu est tout sauf inconséquent », interpelle-t-il, invitant à prendre conscience du caractère non durable de notre modèle de développement. Cet appel a trouvé écho dans la présentation de plusieurs initiatives, tel le jeûne pour le climat, chaque premier vendredi du mois, auquel s’associe la Conférence des évêques de France.

« Les quatre derniers papes ont mis en place tous les éléments pour que la doctrine sociale de l’Église ne fasse pas l’impasse sur l’écologie », souligne le P. Dominique Lang, assomptionniste et accompagnateur du mouvement Pax Christi. En revanche, les évêques de France, dont trois se trouvaient dans l’assistance (Mgr Pascal Wintzer, archevêque de Poitiers, président de l’Observatoire Foi et Culture, Mgr Éric de Moulins-Beaufort, évêque auxiliaire de Paris, et Mgr Stenger) ont été à plusieurs reprises interpellés. Notamment par Thierry Jaccaud, leur suggérant de se montrer moins timorés, notamment sur la question du nucléaire. « Nous ne pouvons pas tout demander à nos évêques qui sont très peu à être formés scientifiquement », tempère le P. Lang, appelant les communautés à se saisir du sujet. « Le monde catholique aime bien les ”écolos” quand ils sont loin. Nous avons toujours peur de l’écologie politique à la française et de ses intégristes. Certes, ils existent, mais ne nous cachons pas derrière eux pour ne pas agir ! »

Clémence Houdaille

(1) Avec Gaultier Bès et Axel Norgaard Rokvam, Éd. Le Centurion.
Les Églises chrétiennes appellent à changer les modes de vie

 

Publié dans Politique, Eglise

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en savoir plus 05/12/2014 03:33

J'aime bien votre site internet , merci et bravo ! continuez comme ça !

Je me permet de mettre un lien vers mon site , n'hésitez pas à venir !

A trés bientot