Le plus urgent dans l'immédiat est de les aider à organiser leur "survie" en les aidant à trouver un hébergement et des petits boulots

Publié le par Michel Durand

Une sœur de la Charité de Nevers, suite à une longue conversation téléphonique m’adresse ce courriel, copié ci-dessous, pour résumer notre échange.

Je vous l’adresse comme introduction aux lettres que des membres des cercles de silence de Lyon ont adressées à diverses institutions chrétiennes. Les photos sont prises sur inernet, suivre les liens.


cercle-silence-rodez.jpg

Sœur M. L. Klinke :

Comme je viens de vous l'expliquer, il s'agit d'une très jeune fratrie d'albanais : trois soeurs de 21, 22 et 24 ans et un petit frère mineur de 17 ans, tous demandeurs d'asile qui viennent d'être déboutés de la CNDA.

Depuis à peu près un an et demi, j'accompagne au CPU - Coup de Pouce Université - les trois filles qui sont étudiantes. La situation est à la fois triste et dramatique pour ces petits jeunes, comme d'ailleurs pour tous les sans-papiers..

Le plus urgent dans l'immédiat est de les aider à organiser leur "survie" en les aidant à trouver un hébergement et des petits boulots au noir, baby-sitting, et pour l'une d'entre elles qui est bilingue, cours particuliers d'anglais, ou autres...

Je vous serais très reconnaissante si vous pouviez prendre contact avec moi dès que possible afin de nous donner quelques pistes ou conseils...

Merci d'avance.

 

cercle-de-silence-Toulouse-.jpg

cercle de silence à Toulouse


Dans cette urgence, la piste qui convient c’est celle qui conduit à un hébergement. D’où le courrier envoyé aux Institutions.

 

Eglise Catholique, Famille et Société 

Eglise Protestante, diaconie 

25 rue René Leynaud

69001 LYON

04 72 98 36 43

lyoncercledesilence@orange.fr

 

à Lyon, le mardi 20 novembre 2012

J’étais dans la rue et tu m’as ouvert ta porte 

Bonjour,

 

Dans le gouvernement précédent, une loi pénalisait de 3 ans de prison et de 30 000 € d’amende les personnes qui venaient en aide aux étrangers considérés comme « sans papiers ». Cette loi, « délit de solidarité », de fait peu applicable, est désormais abrogée. Il n’y a donc aucun risque légal, aujourd’hui, à venir en aide à des migrants en difficulté.

Pourtant, parmi les personnes sans logements, les personnes clandestinement présentes sur le territoire français, rencontrent davantage de problèmes que d’autres sans domicile. Le 115 (droit de tous au logement) est devenu une solution aléatoire à cause du trop grand nombre de demandes.

De fait, chaque nuit, dorment dans la rue des familles avec enfants scolarisés, des femmes célibataires avec enfants en bas âge, des hommes seuls et même des adolescents. Nous parlons beaucoup des Roms. Il y aussi de nombreux ressortissants d’Afrique et de pays non-européens.

Nous pensons que dans les grandes maisons religieuses, dans les locaux paroissiaux, il peut y avoir de la place pour ces familles ou pour les célibataires. Surtout, nous pensons que mettre trop de personnes en un même lieu n’est pas souhaitable ; car, à cause des différences de culture, la cohabitation devient vite problématique. Ce n’est donc que pour trois ou quatre personnes au maximum, que nous souhaitons votre participation à l’accueil de l’étranger dans l’attente d’une solution pérenne. Une entente préalable et claire sera alors mise en place.

Dans le cadre des cercles de silence que nous tenons chaque deuxième mercredi du mois à 18 h 30 place des Terreaux, il y a des personnes compétentes dans l’accueil pour maintenir un suivi des personnes accueillies. Effectivement, en plus de l’aide au logement, un accompagnement psychologique, juridique, amical est nécessaire. Nous nous engageons à l’assurer. En conséquence, en recevant des personnes dans vos murs, vous pouvez être certains que celles-ci ne seront pas abandonnées à elles-mêmes. Sans négliger les sympathiques rencontres fortuites, des réunions régulières d’évaluations auront lieu, notamment avec vous, afin de ne pas créer des situations qui n’auraient d’autres avenirs que l’enlisement auquel il faudra avoir le courage de mettre un terme.

La question de l’accueil des étrangers ne peut se porter de façon isolée. Elle doit l’être en Eglise aussi, par la présente lettre, nous nous engageons à entreprendre tous les suivis nécessaires. En ce sens, il est indispensable de demander aux personnes logées de participer aux frais d’occupations, électricité, chauffage, entretien. Les repas étant à leur charge.

Les difficultés de l’hiver arrivant inéluctablement, il nous serait agréable d’avoir une réponse à notre demande dans les jours proches.

 

Merci de votre écoute, avec nos fraternelles salutations.

 

Le groupe rédacteur de cette lettre se félicite des liens entretenus ou en cours sur ce sujet avec la Cimade, RESF (réseau éducation sans frontière), Secours catholique

 

Bruno-Marie Duffé, vicaire épiscopal, Famille et Société

Joël Rochat, président du Consistoire Réformé

Michel Durand, prêtre 

Jacques Walter, pasteur


Publié dans Politique

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