Isaïe et Jésus - 3

Publié le par Michel Durand

Vocation d'Isaïe ; mission de Jésus. Pour se faire entendre, le prophète emploie le genre des paraboles.

Isaïe


Le prophète Isaïe est d’abord ébloui par une vision de la grandeur de Dieu. Celle-ci est décrite selon une imagination modelée par la pratique rituelle du Temple de Jérusalem. Les enluminures du moyen âge ont souvent reproduit cette belle vision du Seigneur.

Isaïe 6, 1-6
C'était l'année où mourut le roi Ozias. Dans une vision, j'aperçus le Seigneur assis sur un trône très élevé. Les pans de son manteau remplissaient le temple. Des anges flamboyants se tenaient au-dessus de lui. Ils avaient chacun six ailes : deux leur servaient à se cacher le visage, deux à se voiler le corps et deux à voler. Ils criaient l'un à l'autre :
« Saint, saint, saint,
le Seigneur de l'univers !
La terre entière
est remplie de sa glorieuse présence. »
Leur voix faisait trembler les portes sur leurs pivots, et le temple se remplit de fumée. Je dis alors : « Hélas, me voilà condamné au silence car mes lèvres sont indignes de Dieu, et j'appartiens à un peuple aux lèvres tout aussi indignes de lui. Or j'ai vu, de mes yeux, le Roi, le Seigneur de l'univers ! »
Mais l'un des anges flamboyants vola vers moi. Avec des pincettes il tenait une braise qu'il avait prise sur l'autel.



L’homme ne peut porter la parole de Dieu car il est pécheur. Que Dieu purifie : « ta faute est effacée, ton péché pardonné » ; Ainsi sanctifié, Isaïe peut se proposer pour devenir « prophète », héraut de la Parole divine.


Isaïe 6,8-10

J'entendis alors le Seigneur demander : « Qui vais-je envoyer ? Qui sera notre porte-parole ? » — « Moi, répondis-je, tu peux m'envoyer. »
Il reprit :
 « Va dire à ce peuple :
 «Vous aurez beau écouter,
 vous n'entendrez pas.
 Vous aurez beau regarder,
 vous ne verrez pas.» Rends-les donc insensibles,
 durs d'oreille et aveugles ;
 empêche leurs yeux de voir,
 leurs oreilles d'entendre
 et leur intelligence de comprendre,
 sinon ils reviendraient à moi
 et ils seraient guéris. »


Jésus
Ce passage est cité par les évangélistes (Marc 4, 12 ; Luc 8, 10 ; Jean 12, 40 ; Act 28.26-27)

Voici Matthieu 13, 10-16
Les disciples s'approchèrent alors de Jésus et lui demandèrent : « Pourquoi leur parles-tu en utilisant des paraboles ? » Il leur répondit : « Vous avez reçu, vous, la connaissance des secrets du Royaume des cieux, mais eux ne l'ont pas reçue. Car celui qui a quelque chose recevra davantage et il sera dans l'abondance ; mais à celui qui n'a rien, on enlèvera même le peu qui pourrait lui rester. C'est pourquoi j'utilise des paraboles pour leur parler : parce qu'ils regardent sans voir et qu'ils écoutent sans entendre et sans comprendre. Ainsi s'accomplit pour eux la prophétie exprimée par Isaïe en ces termes :
«Vous entendrez bien, mais vous ne comprendrez pas ;
 vous regarderez bien, mais vous ne verrez pas. Car ce peuple est devenu insensible ;
 ils se sont bouché les oreilles, 
ils ont fermé les yeux,
 afin d'empêcher leurs yeux de voir,
 eurs oreilles d'entendre,
 leur intelligence de comprendre,
 et ainsi, ils ne reviendront pas à moi pour que je les guérisse, dit Dieu.»
« Quant à vous, heureux êtes-vous : vos yeux voient et vos oreilles entendent !


Une comparaison est possible à deux niveaux.
D’abord celui de la pureté du prophète, celle-ci vient de Dieu,
ensuite, son intelligence.
Il n’est pas utile de parler directement à celui qui ne veut pas entendre. Les personnes bien disposées peuvent recevoir et le message de l’Ancien Testament, et le message du Nouveau Testament. Mais les autres, mal disposées, vont même perdre l’avantage de la Loi juive qui va s’évanouir. L’endurcissement volontaire entraine et explique le retrait de la grâce. Aussi, il est impossible que Jésus leur adresse directement la parole. La pleine lumière produirait encore plus d’aveuglement. Dire le caractère humble et caché du désir de Dieu présent en Christ ne ferait que produire plus d’opposition. Jésus ne peut donner qu’une lumière tamisée par les symboles : demi lumière qui sera encore une grâce, un appel à demander mieux et à recevoir plus.

Ceci dit je ne peux m’empêcher de penser à Jean-Claude Guillebaud qui voit dans l’acte de foi, un acte volontaire situé entre les sceptiques intégraux et les dogmatistes absolus. « Cherchant à rendre de sa foi, à la fin de sa vie, Thérèse de Lisieux se disait chrétienne parce qu’elle voulait croire, terme qu’elle soulignait comme essentiel » (La force de conviction, Points seuil, p. 286).

Mat 13, 16-17
« Quant à vous, heureux êtes-vous : vos yeux voient et vos oreilles entendent ! Je vous le déclare, c'est la vérité : beaucoup de prophètes et de gens fidèles à Dieu ont désiré voir ce que vous voyez, mais ne l'ont pas vu, et entendre ce que vous entendez, mais ne l'ont pas entendu. »


1 P 1, 10-12
 Les prophètes ont fait des recherches et des investigations au sujet de ce salut, et ils ont prophétisé à propos du don que Dieu vous destinait. Ils s'efforçaient de découvrir à quelle époque et à quelles circonstances se rapportaient les indications données par l'Esprit du Christ ; car cet Esprit, présent en eux, annonçait d'avance les souffrances que le Christ devait subir et la gloire qui serait la sienne ensuite. Dieu révéla aux prophètes que le message dont ils étaient chargés n'était pas pour eux-mêmes, mais pour vous. Ce message vous a été communiqué maintenant par les prédicateurs de la Bonne Nouvelle, qui en ont parlé avec la puissance du Saint-Esprit envoyé du ciel.


Heureux ceux qui voient ! La conviction de la vérité apporte la paix dans l’acceptation d’une altérité. L’acte de foi est relationnel.

Publié dans Bible

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