La loyauté a disparu chez les hommes. Entre eux la parole est mensonge, cœur double, lèvres menteuses

Publié le par Michel Durand

Le pape François à Naples, le 21 mars 2015. AP/ANDREW MEDICHINI

Le pape François à Naples, le 21 mars 2015. AP/ANDREW MEDICHINI

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Quand la société civile n’accomplit pas son devoir de solidarité universelle dans le respect des personnes quelle institution peut poser les actes adéquats aptes à contraindre l’État à agir dans le bon sens ? Selon moi, l’Eglise a ce pouvoir.
Il y a des organismes qui reçoivent des finances publiques –je pense aux associations humanitaires ou caritatives d’aide par l’offre de logements-, ces instances peuvent-elles dénoncer le mauvais fonctionnement des réalités politiques ? Le faire, c’est courir le risque de perdre ses subventions. Pourtant, vivant de la vérité évangélique, ces dernières, comme Notre-Dame des Sans-abris, devraient entrer en désobéissance civile face à une municipalité qui transforme un Hôtel-Dieu en Hôtel de grand luxe. Or, ne l’oublions pas, ces bâtiments étaient voulus par leurs fondateurs pour venir en aide aux plus pauvres parmi les pauvres.
L’Église du Christ, composée de diverses Églises, ne devrait pas craindre les représailles, car elle ne dépend pas des finances publiques. Quoique ?... Mais elle les transcende.

Récemment, je me suis trouvé dans une salle appartenant à l’Église catholique pour une réunion réunissant des personnes de toutes croyances afin de réfléchir sur le moyen de trouver des logements pour de nombreuses familles en migration. Au lieu de rendre sains les bidonvilles, l’État les détruits à coup de bulldozer. Moyennant quoi, appauvris, les bidonvillards, se déplacent de quelques centaines de mètres et réinstallent leurs abris encore plus que précaires. Des bénévoles leur viennent en aide. Ils assistent, impuissants aux destructions et reconstructions : apportent des couvertures et constatent que tous les efforts fournis sont bien trop limités. Alors, quelques membres de la réunion soulignent l’importance d’un engagement politique fort. Qui veut agir visiblement, ostensiblement, fortement pour rappeler à l’État ses devoirs ?
Nous voyons peu de candidats. Les Institutions financées par les pouvoirs publics ne se montrent plus. Les individuels sont pris par d’autres nécessités. Ce constat à faire dire à un membre de la réunion en question. « Nombreuses sont les personnes désireuses de faire une BA. Elles souhaitent en rester là ; la (le) politique c’est pas leur tasse de thé ».

À la prière de ce matin, j’ai médité sur le psaume 11, qui semble être à la source de ma présente page :

Seigneur, au secours ! Il n'y a plus de fidèle ! 
La loyauté a disparu chez les hommes.
Entre eux la parole est mensonge,
cœur double, lèvres menteuses. 

Que le Seigneur supprime ces lèvres menteuses,
cette langue qui parle insolemment,
ceux-là qui disent : « Armons notre langue !
À nous la parole ! Qui sera notre maître ? » 

– « Pour le pauvre qui gémit,
le malheureux que l'on dépouille, +
maintenant je me lève, dit le Seigneur ; *
à celui qu'on méprise, je porte secours. » 

Les paroles du Seigneur sont des paroles pures,
argent passé au feu, affiné sept fois.
Toi, Seigneur, tu tiens parole,
tu nous gardes pour toujours de cette engeance. 

De tous côtés, s'agitent les impies :
la corruption gagne chez les hommes.

L’Église devrait avec l’ensemble de ses fidèles, chefs en tête, reprendre cette supplication et agir pour que l’exilé ne soit pas ignoré, mais considéré comme un frère du pays. C’est ainsi que Dieu en parle dans sa Révélation.

Comme le courage de François est admirable ! Il parle simplement vrai.
« La corruption pue, la société corrompue pue », "comme un animal mort".
« Ceux qui prennent la voie du mal volent un morceau d'espérance à eux-mêmes, à la société, à tant de gens honnêtes, à la bonne réputation de la ville, à son économie ».

Détruire les abris des personnes sans logements, n’est-ce pas vouloir demeurer sur le chemin du mal ?
Payer des vigiles pour garder des immeubles municipaux vides, afin d’interdire leurs occupations par des familles dans le besoin, n’est-ce pas le chemin de la corruption ? Surtout, quand, en même temps on ouvre les portes d’un Hôtel-Dieu pour que le commerce de luxe s’y installe. 

Publié dans Politique, Eglise, évangile

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