Colère calme, précise et déterminée.

Publié le par Michel Durand

Il est de tradition dans l’Eglise catholique de parler des choses qui fâchent avec politesse, patience, courtoisie. Ainsi, nombreux son ceux qui font confiance à une « politique de couloir » où l’on règle, entre gens bien élevés, les problèmes délicats. Qu’un prélat s’adresse aux services de la préfecture et l’on aura gain de cause. Même des mouvements plutôt libertaires ne nient pas que, pour sauver une famille, cette solution est sinon la bonne, du moins une possibilité. Pourtant, comment, au cas par cas, régler toutes les situations grandes détresses ?
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Les enfants de
Don Quichotte évacuès par la police après avoir disposé des tentes près du parvis de Notre Dame (Sipa)








Pierre Levené, secrétaire général du Secours Catholique, a précisé ce samedi ou ce dimanche (comme je l’ai entendu sur France inter) qu’il avait plutôt l’habitude d’employer la méthode courtoise du dialogue. Mais que faire quand les promesses ne sont pas tenues ? Comment agir quand, visiblement on se montre aveugle devant la situation ?
La colère devient inévitable pour faire savoir son désaccord avec les engagements ou non-engagements du gouvernement. Si l’on ne nous écoute pas, semble dire Pierre Levené, il faut le faire savoir avec détermination par des moyens autres que l’échange verbale. Pierre Levené avoue du reste être « atterré que Mme Boutin dise qu'il n'y a pas de problème d'hébergement », avant d’ajouter : « Nous gérons des centres, ils sont remplis à plus de 100%. Il n'y a pas de place disponible ».
Toujours sur France inter, Pierre Levené a expliqué que les modes d’actions du Secours catholique étaient différents de ceux des Enfants de Don Quichotte. Pourtant, dans cette situation précise, il ne craint pas de leur apporter un « soutien logistique », alors qu’ils pont essayé d’installer en vain des tentes près de Notre-Dame de Paris.
Augustin Legrand, porte-parole des Enfants de Don Quichotte, a exprimé la même colère que le secrétaire générale du Secours Catholique : « On n'est pas entendu » ! Et il souligne qu'un peu plus de 27.000 places d'hébergement avaient été promises en janvier dernier et qu'il n'y en aura que 14.000 » . « Est-ce que c'est normal ? On a été roulé dans la farine ».
La tentative de donner un signe fort en installant des tentes près de Notre-Dame de Paris n’a pas vécu, la police étant intervenue rapidement. « N’y eu-t-il pas le désir d’installer ces abris à l’intérieure de la cathédrale ?
Un lieu de culte est un lieu sacré destiné à la prière. Il ne peut être détourné de sa fonction essentielle semble avoir été la réponse de l’archevêché de Paris, toujours selon France inter.
Pourquoi les églises ne serviraient-elles pas d’abri en cas d’extrême urgence. Certes, le confort n’y serait pas au top et des équipements sportifs conviendraient nettement mieux. Mais « réouvrir des gymnases pour accroître les capacités d'accueil, c'est un bond en arrière de 20 ou 30 ans », déclare Pierre Levené.
Je me permets de penser que, si aucune solution humaine honnête ne se présente, le bâtiment église, pourvu d’un minimum de point d’eau avec toilettes signifierait l’hospitalité universelle de l’Eglise.
Les premiers chrétiens ne se sont pas installés dans des monuments spécifiques pour vivre leurs grandes rencontres de prières. Ils sont adoptés les basiliques judiciaires. Et personne n’ignore qu’au moyen âge, la population trouvait refuge dans les églises pour se protéger des invasions. Où est le sacré ? dans le bâtiment-église ou dans le peuple ?

Publié dans Politique

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