Plus le gâteau est gros, moins on le partage

Publié le par Michel Durand

Certains économistes affirment que la croissance des pays développés apporte le développement des pays pauvres. Je me rappelle que Gilbert Blardone (Croissance des Jeunes Nations), dans les années 70-80 expliquait que plus la taille du gâteau est grande, plus existe la possibilité de partager.

Or, lui disais-je : « je ne vois pas ce partage ; les pays riches augmentent leur richesse et gardent tout pour eux. Si un commerce équilibré ne se met pas en place, le Sud rencontrera l'énergie de la guerre ».

« Ventre affamé n'a point d'oreilles ».

La Fontaine, je crois. Qui peut entendre, dans la détresse, les discours lénifiants ?

L'économisme que nous connaissons enferme les pauvres dans leur pauvreté. Il n'est pas possible que leur dignité n'apporte pas quelques réveils. Je suis inquiet devant cette montée de violence provoquée par le désespoir de la faim.

 

La colère des pauvres du monde entier


14 avril 2008
LCR, Convergences révolutionnaires
Les hausses de prix des produits alimentaires frappent de plein fouet les pays pauvres de la planète. Sur les marchés de Côte d'Ivoire ou d'Haïti, le prix du riz a été multiplié par deux ou par trois. Blé, maïs, huile, haricots, tous les produits sont touchés par ces hausses vertigineuses. Une envolée des prix, qui s'ajoutant à celle des prix du pétrole, est en train d'affamer des centaines de millions de personnes sur la planète dans des dizaines de pays. Dans ces pays, les prix des aliments de base ont connu une hausse de 40 % en un an. L'ONU qui a établi une liste de 37 pays confrontés à une « crise alimentaire », prévoit dans une note que « 1,2 milliard d'êtres humains pourraient avoir chroniquement faim d'ici à 2025 ».

Acculés à la faim, les pauvres de ces pays se sont révoltés ces derniers jours. Grèves et manifestations en Egypte, émeutes en Haïti et en Côte-d'Ivoire, manifestations au Sénégal, au Burkina Faso, au Cameroun... Ce sont partout les mêmes images de ces habitants des bidonvilles tiraillés par la faim, de ces femmes qui descendent dans la rue pour réclamer de quoi nourrir leurs enfants, aux cris de « On a faim ! ». C'est la révolte de ceux qui savent bien que les produits ne manquent pas puisque les habitants des quartiers riches les ont. Mais ils sont à des prix devenus inaccessibles ! Leurs demandes n'ont comme seule réponse que la répression des manifestations : à Haïti, où on compte déjà cinq morts, le premier ministre a été remplacé, mais les protestations continuent.

Troubles politiques à cause de la faim


La baguette à tout prix ? Retour sur les émeutes liées au prix du pain

Révoltes de la faim : Pour des mesures urgentes et un changement de politique
 

Publié dans Politique

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Giacometti 01/03/2009 10:56





Nous refusons le silence imposé aux pauvres
 
Tous les pays du monde sont atteints par une crise qui frappe en priorité et de plus en plus durement les centaines de millions d’hommes, de femmes, d’enfants dont les moyens d’existence sont, depuis des dizaines d’années, insuffisants et, pour beaucoup, diminuent encore. Au Nord comme au Sud, autour de chacun de nous en France, cette pauvreté innombrable et multiforme est un scandale face aux richesses produites, aux fortunes étalées et aux moyens scientifiques et techniques qui pourraient permettre un mieux-être mondialisé.
Les médias s’intéressent moins à ces foules démunies qu’aux banques et aux banquiers. Les prises de risque et les malversations des financiers, opérées avec cynisme et conformes le plus souvent à des législations complaisantes, sont présentées comme la cause première de la crise. Or elles n’ont fait que la précipiter. Il faut au contraire rechercher les racines du marasme dans l’amenuisement généralisé et déjà ancien du coût du travail par les délocalisations, l’exploitation forcenée des mains-d’oeuvre à bon marché et le développement d’un chômage de masse ; les rechercher aussi dans l’affaiblissement depuis longtemps programmé de la syndicalisation, dans la mise en cause des services publics et des systèmes de protection sociale. On cherche ainsi à en assurer la privatisation  et on permet la montée en force des fonds spéculatifs de placement et de pension. La crise est née et elle se nourrit d’un tel système.
La financiarisation a gangrené l’économie dans le monde entier, exigeant une rentabilité de plus en plus rapide à des taux dépassant de très loin ceux que la qualité de la production et la santé des producteurs peuvent normalement supporter. Tous les domaines de l’activité humaine ont été pervertis. La recherche scientifique et médicale, l’éducation, la santé publique, l’information, la création artistique se heurtent aux impératifs financiers comme en témoignent, entre autres, les dérives du marché de l’art. Une idéologie de la rentabilité a été forgée par les tenants du système et les spécialistes du discours à leur service. Elle a été habilement diffusée, opposant l’individualisme et l’égoïsme à la solidarité, aux luttes et solutions collectives. Elle est soutenue et mise en pratique par de nombreux politiciens et gouvernements comme étant la seule valable.
À tous les niveaux, les institutions financières ont restreint les crédits à long terme et à taux bas nécessaires aux investissements productifs et, plus encore, sociaux, ce qui a gravement nui au développement de nombreux pays. Elles ont au contraire développé les crédits à court terme et à taux élevé pour des placements financiers et des consommations immédiatement rentables. L’endettement massif d’accédants à la propriété aux ressources très insuffisantes devait fatalement déboucher sur une catastrophe. Elle a éclaté d’abord aux Etats-Unis où l’excès est allé le plus loin. Les millions de foyers américains qui se retrouvent sans logis prouvent dans la douleur que la financiarisation aggrave la pauvreté. L’implication des banques du monde entier dans cette perversion du crédit en montre les limites en dépit de ses outils mathématiques sophistiqués. Pendant ce temps de grandes firmes constituent des empires en contrôlant la production  et le commerce des matières premières industrielles et agricoles.
Prétendre moraliser un tel système relève au mieux de l’illusion, au pire de la mystification. Les énormes capitaux publics que les gouvernements leur ont distribués n’ont pas modifié les pratiques des banques privées. Si leurs échecs conduisent celles-ci à moins miser, pour l’instant, sur l’endettement des consommateurs, elles refusent encore plus qu’auparavant d’accorder des crédits productifs d’emplois qu’elles continuent à juger insuffisamment rentables de leur point de vue strictement financier. Leurs dirigeants et, en général, les élites de l’économie et de la politique paraissent incapables de penser selon d’autres critères. Sévères envers les travailleurs toujours trop coûteux à leurs yeux, oublieux des sans travail, des sans terre, des sans logis, des sans papiers que leurs décisions multiplient, à l’affût de la moindre accalmie pour reprendre leurs jeux dangereux, ils se montrent très soucieux de leurs faramineux avantages personnels. Peut-on leur faire confiance pour modifier l’ordre ou plutôt le désordre actuel ? Les laisser maîtres des décisions majeures qui doivent être prises ne peut qu’aggraver la crise mondiale et ses dramatiques conséquences pour l’humanité, la paix mondiale et la planète elle-même, dont l’équilibre écologique est de plus en plus menacé.
Nous avons en commun le souci de la libération humaine et de la défense des victimes de l’intégrisme financier. Nous refusons le silence imposé aux pauvres. C’est pourquoi nous lançons, plus qu’un cri d’alarme, un appel à la mobilisation populaire. Comme en d’autres heures graves de l’histoire de la France et du monde, ce n’est pas sur la bonne volonté des privilégiés qu’il faut compter mais sur l’action du plus grand nombre. Nous ne prétendons pas offrir des solutions qui doivent être inventées par les intéressés eux-mêmes. Ce ne sont pas les propositions d’économistes, de philosophes, de syndicalistes, de politiques qui manquent le plus, mais la volonté et le courage de s’attaquer à la racine du mal financier qui ronge nos sociétés afin de remettre la finance à sa place qui doit être seconde. Il faut pour cela mettre en commun les bonne

Michel Durand 02/03/2009 16:32


En lisant votre texte, alors que l'actualité des ïles : Guadeloupe, Martinique... sonne à nos oreilles, j'ai repensé aux combats des canuts en 1831 et 1834. Aux patrons de la soie, qui les prennent
pour des analphabètes, les canuts répondent en expliquant leur but - protester contre la baisse toujours croissante des salaires, effet de la concurrence et de la liberté de commerce...
:   
"notre puissance est toute morale, nous  n'avons ni baïonnettes ni gendarmes pour imposer nos décrets dictatoriaux, comme vous le dites, mais c'est qu'ente nos ouvriers et nous, chefs
d'atelier, il y a solidarité et ils savent bien que travailler à acquérir des garenties pour nos intérêt, c'est assurer la conservation des leurs" Louis Muron. Le chant des Canut,  Roman,
2002.