nous sommes mobilisés pour le soutien de ce jeune

Publié le par Michel Durand

A cause du colloque de Chrétiens et pic de pétrole, je ne prends que maintenant le temps de vous parler de Siaghi Abdelkrim. La presse algérienne en a parlé le 17 novembre.

Le 15 novembre des amis de Bedjaia m’ont transmis un « résumé de l’affaire du jeune Siaghi Abdelkrim, 29 ans, qui s’est converti à la religion chrétienne en 2006. Dénoncé par son voisin pour prosélytisme, il a été jugé et condamné à 5 ans de prison ferme ».

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Mon ami conclut : « Actuellement nous sommes mobilisés pour le soutien de ce jeune ».

Selon RFI : « La cour d'appel d'Oran en Algérie a décidé de mettre en délibéré au 1er décembre la condamnation de Siaghi Abdelkarim ».

 

APRES SA CONVERSION A LA RELIGION CHRETIENNE EN 2006

Siaghi Abdelkrim, 29 ans, risque cinq années de prison ferme

 

Siaghi Abdelkrim, 29 ans, s’est converti à la religion chrétienne en 2006. Dénoncé par son voisin pour prosélytisme, il a été jugé et condamné à 5 ans de prison ferme. La Coordination nationale pour le changement et la démocratie (CNCD-Oran) compte manifester, jeudi prochain à partir de 13h30, devant la cour d’Oran, en signe de soutien à Siaghi Abdelkrim, condamné en première instance, en mai dernier, à 5 ans de prison ferme, officiellement pour «atteinte au Prophète». De son côté, un collectif de soutien à Siaghi Abdelkrim est né à Alger, à l’initiative de jeunes militants des droits de l’homme, et appelle à un rassemblement dans la capitale, demain, devant le ministère de la Justice, à partir de 10h. Pour rappel, Siaghi Abdelkrim s’est converti à la religion chrétienne en 2006. En avril dernier, son voisin l’a dénoncé pour prosélytisme après qu’il lui ait offert un DVD. Il appelle aussitôt la police et accuse Siaghi d’avoir blasphémé le Prophète Mohammed. La police arrive sur-le-champ, et interpelle, avec mandat de perquisition, le principal accusé. Il écopera, en première instance, d’une peine de 5 ans de prison ferme, ce à quoi il fera appel. Entre temps, la société civile, ayant eu vent de l’affaire, a décidé de se mobiliser et de soutenir ce citoyen algérien, victime, selon elle, d’une grave dérive judiciaire. Pour la CNCD-Oran, «c’est une atteinte à l’un des droits fondamentaux, sans parler du fait que le juge a outrepassé ses prérogatives». Elle annonce, à ce propos, la présence supplémentaire, le jour du procès, de deux avocats d’Oran, ainsi que celle d’un avocat d’Alger, qui viendra au nom de la Ligue algérienne des droits de l’homme (LADDH). Sur les réseaux sociaux, des appels à un rassemblement à Oran sont lancés, notamment sur facebook, avec pour slogan : «Libérez-le». A Alger, c’est un collectif de soutien qui a été créé il y a 10 jours, après avoir eu vent de l’affaire, et appelle à une mobilisation citoyenne pour annuler cette condamnation. Dans son communiqué, le collectif dira qu’il s’agit d’un «système judiciaire qui compte devenir inquisitoire». Sabrina, l’une des porte-parole de ce collectif, précisera qu’il est composé de jeunes militants des droits de l’homme, qui n’ont pas de casquette politique spécifique. Un de ces militants nous affirmera que cette condamnation est basée sur les propos d’un voisin, sans aucune preuve patente. «C’est scandaleux qu’on condamne un homme à 5 ans de prison ferme, sur la base de propos tenus par une personne, sans aucun élément de preuve tangible.» De ce fait, cette mobilisation citoyenne met à l’index tout le système judiciaire qui se pratique en Algérie. Dérive judiciaire Dans son communiqué, le collectif assure que cette affaire n’est pas une simple dérive judiciaire, «mais celle d’un système qui criminalise toute contestation sociale et oblige les Algériens, aspirant à la justice et à la liberté, à vivre comme dans des clandestins dans leur pays». Plus loin, il dira : «Le pouvoir voudrait faire croire que l’Islam interdit la pratique des autres cultes, et que la religion serait menacée par les non-musulmans ou les non-pratiquants, au lieu de reconnaître que la menace réside dans cette véritable inquisition, dangereuse aussi bien pour les non-musulmans que pour l’Islam et les musulmans.» Le collectif soutient que par cette affaire, le pouvoir ne fait que donner des gages à l’islamisme et tire à lui la couverture religieuse. A coups d’ordonnances, dira-t-il, le pouvoir de Bouteflika institue une sorte de police de la pensée. Cette mobilisation citoyenne compte ainsi mettre la pression sur les autorités afin d’obtenir la relaxe pour Siaghi Abdelkrim et garantir son droit à la liberté de conscience, de religion et de conviction. Elle appelle pour cela la société civile à participer aux deux actions de protestation qui auront lieu respectivement mercredi et jeudi prochains, à Alger et à Oran.


 

Publié dans Politique

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