Pour un baptisé conscient de son baptême, pour un disciple du Christ, il ne devrait pas y avoir d’usage de ces concepts de droite ou gauche

Publié le par Michel Durand

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Charlemagne envoie ses missi domici (Chroniques de Châteauroux)

L'Eglise jouera aussi un grand rôle dans

l'administration de l'Empire,

grâce au dévouement de ses évêques et des clercs instruits.

 

Dans de nombreux milieux militants, on souligne le non-sens, en politique, de la gauche et de la droite. Ainsi Gaultier Bes de Berc, dans le contexte des manifs contre le mariage pour tous, à la question de Henrik Lindell de La Vie : le clivage gauche-droite existe-t-il pour vous ? a cette réponse :

« Il n'a plus aucun sens pour moi. Ce clivage est profondément archaïque. Le gouvernement a voulu recréer ce clivage artificiellement, mais les Français n'en veulent pas. Comme disait Bossuet, « Dieu se rit des hommes qui chérissent les causes dont ils déplorent les effets ».

Je dirais même que les clivages entre gauche et droite et entre libéraux et sociaux n'existent plus. Prenez le vote dans le Parlement européen. La gauche et la droite sont très souvent totalement d'accord. Pour moi, il y a là une différence générationnelle. »

Ce serait les anciens qui utilisent encore cette distinction, voire opposition.

Peut-être parce que je suis de l’ancienne génération, j’estime que les sensibilités individuelles dues à son milieu social d’origine répondent à des tendances qui nous poussent plus d’un côté que de l’autre : disons soit, vers la recherche d’un enrichissement personnel, soit vers la recherche d’égalité dans le respect de la dignité humaine de tous. L’argent , le pouvoir contre la reconnaissance de l’égale dignité d’autrui.

Cela dit, je reconnais que pour un baptisé conscient de son baptême, pour un disciple du christ, il ne devrait pas y avoir l’usage de ces concepts politique de droite ou gauche.

Un chrétien, fut-il militant, ne sera pas chrétien de droite, du centre, de gauche. Il sera du Christ. Au tribunal, par exemple, le fidèle du Christ répondra : « je suis chrétien ; je suis du Christ ». Écrivant cela je pense aux martyrs de Lyon en 177.

« Quant à Sanctus, lui aussi, c’est avec un courage indicible, plus qu’humain, qu’il supportait toutes les cruautés qui lui venaient des hommes. Les impies espéraient, par la durée et la violence des tortures, lui faire dire quelque chose qu’il ne fallait pas dire. Mais Sanctus soutint leurs assauts avec une telle fermeté qu’il ne déclara ni son propre nom, ni celui de sa nation, ni celui de la cité dont il était originaire, ni s’il était esclave ou homme libre. À toutes les questions, il répondait en latin : « Je suis chrétien » ; cette affirmation lui tenait lieu de nom, de cité, de race et de tout ; et les païens n’entendirent pas de lui une autre parole ».

Alors, cet homme qui se recommande du Christ, quel est son programme ? Le voilà en quelques mots.

 vers autrui =

- Vous avez appris qu'il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. Eh bien moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent, Mt 5,43

- Heureux les artisans de paix : ils seront appelés fils de Dieu ! Mt 5,9

- Au commencement, le Créateur les fit homme et femme, et il leur dit : 'Voilà pourquoi l'homme quittera son père et sa mère, il s'attachera à sa femme, et tous deux ne feront plus qu'un.' A cause de cela, ils ne sont plus deux, mais un seul. Donc, ce que Dieu a uni, que l'homme ne le sépare pas ! Mt 19,5

- Le Père, Dieu : Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Jn 15,12

- « Si quelqu'un veut être le premier, qu'il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. » Prenant alors un enfant, il le plaça au milieu d'eux, l'embrassa, et leur dit : « Celui qui accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c'est moi qu'il accueille. Et celui qui m'accueille ne m'accueille pas moi, mais Celui qui m'a envoyé. » Mc 9,35

- Jésus les appelle et leur dit : « Vous le savez : ceux que l'on regarde comme chefs des nations païennes commandent en maîtres ; les grands leur font sentir leur pouvoir. Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi. Celui qui veut devenir grand sera votre serviteur. Celui qui veut être le premier sera l'esclave de tous : car le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude. » Mc 10, 42

- J'avais faim, et vous m'avez donné à manger ; j'avais soif, et vous m'avez donné à boire ; j'étais un étranger, et vous m'avez accueilli. Mat 25, 35

 

l’argent =

- Heureux, vous les pauvres : le royaume de Dieu est à vous ! Lc 6,20

- « Seigneur, quand mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ? Jusqu'à sept fois ? » Jésus lui répondit : « Je ne te dis pas jusqu'à sept fois, mais jusqu'à soixante-dix fois sept fois ». Mt 18, 21

- Aucun homme ne peut servir deux maîtres : ou bien il détestera l'un et aimera l'autre, ou bien il s'attachera à l'un et méprisera l'autre. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l'Argent. C'est pourquoi je vous dis : Ne vous faites pas tant de souci pour votre vie, au sujet de la nourriture, ni pour votre corps, au sujet des vêtements. La vie ne vaut-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que les vêtements ?  Mt 6, 24

- Alors, je me dirai à moi-même : Te voilà avec des réserves en abondance pour de nombreuses années. Repose-toi, mange, bois, jouis de l'existence.' Mais Dieu lui dit : 'Tu es fou : cette nuit même, on te redemande ta vie. Et ce que tu auras mis de côté, qui l'aura ?' Lc 12,19

- Vendez ce que vous avez et donnez-le en aumône. Faites-vous une bourse qui ne s'use pas, un trésor inépuisable dans les cieux, là où le voleur n'approche pas, où la mite ne ronge pas. Lc 12,33

 

Dieu unique =

- Si le Seigneur ne bâtit la maison, les bâtisseurs travaillent en vain ; * si le Seigneur ne garde la ville, c'est en vain que veillent les gardes. En vain tu devances le jour, tu retardes le moment de ton repos, + tu manges un pain de douleur : * Dieu comble son bien-aimé quand il dort. Ps 126

- Quand il viendra, lui, l'Esprit de vérité, il vous guidera vers la vérité tout entière. En effet, ce qu'il dira ne viendra pas de lui-même : il redira tout ce qu'il aura entendu ; et ce qui va venir, il vous le fera connaître. Jn 16, 13

« Maître, que dois-je faire de bon pour avoir la vie éternelle ? » … Jésus lui dit : « Pourquoi m'interroges-tu sur ce qui est bon ? Il n'y a qu'un seul être qui soit bon ! Si tu veux entrer dans la vie, observe les commandements. —

« Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux. Puis viens, suis-moi. » Mt 19, 16

- « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme et de tout ton esprit. Voilà le grand, le premier commandement. Et voici le second, qui lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Mt 22, 37

 

 

Soit : Les Chrétiens ne sont distingués du reste des hommes ni par leurs pays, ni par leur langage, ni par leur manière de vivre ; ils n'ont pas d'autres villes que les vôtres, d'autre langage que celui que vous parlez ; rien de singulier dans leurs habitudes ; seulement ils ne se livrent pas à l'étude de vains systèmes, fruit de la curiosité des hommes, et ne s'attachent pas, comme plusieurs, à défendre des doctrines humaines. Répandus, selon qu'il a plu à la Providence, dans des villes grecques ou barbares, ils se conforment, pour le vêtement, pour la nourriture, pour la manière de vivre, aux usages qu'ils trouvent établis…  Ils habitent leur cités comme étrangers, ils prennent part à tout comme citoyens, ils souffrent tout comme voyageurs. Pour eux, toute région étrangère est une patrie, et toute patrie ici-bas est une région étrangère. Comme les autres, ils se marient, comme les autres, ils ont des enfants, seulement ils ne les abandonnent pas. Ils ont tous une même table, mais pas le même lit. Ils vivent dans la chair et non selon la chair. Ils habitent la terre et leur conversations est dans le ciel. Soumis aux lois établies, ils sont par leurs vies, supérieurs à ces lois. Ils aiment tous les hommes et tous les hommes les persécutent. Sans les connaître, on les condamne. Mis à mort, ils naissent à la vie. Pauvres, ils font des riches. Épitre à Diognète, vers 150.


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