Vous me demandez si j’ai trouvé cette Église qui me manque ? Oui, je l’ai trouvé. Du reste, l’avais-je perdu ?

Publié le par Michel Durand

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Le 10 avril j’ai reçu un courriel auquel j’ai grand plaisir à répondre.

Voici le message :

 

Christ est ressuscité !

 

Bonjour, cher Monsieur.

D'évidence, vous cherchez ! Permettez-moi une remarque : votre blog ne devrait pas s'appeler en manque d'église, mais en quête d'église. Si je peux me permettre. Ce n'est pas une réduction, mais au contraire, je trouve que votre démarche exprime plus une quête mystique qu'un manque psychologique. J'ai plaisir à vous visiter depuis longtemps, mais là, une question me vient. Je vous la pose, elle est dans le sujet de cet email. Avez-vous trouvé cette église qui vous manque ? Quelles sont vos pistes. Votre quête m'intéresse. A bientôt de vous lire.

Père Gilles

Et voilà ma réponse :

Cher confrère, bonsoir.

Je suis pleinement d’accord avec votre regard. En quête d’Église, conviendrait pleinement aujourd’hui pour intituler mon blog. Ce titre serait bien plus juste qu’en manque d’Église.

Il importe alors que je vous dise pourquoi j’ai choisi : en manque...

À l’époque de sa création, j’avais dû fermer par volonté de l’évêque, un lieu qui permettait une grande présence chrétienne au monde dans le quartier touristique du Vieux-Lyon. Un monde que l’on ne rencontre pas dans les églises. Effectivement, avec des amis nous avions ouvert un espace d’exposition d’œuvres contemporaines*. Les thèmes exprimés par les créations plastiques y développaient une forte interrogation de la vie tout en soulignant la dimension spirituelle. Touchés par ce qu’ils voyaient, les visiteurs opéraient un retour sur leur propre existence. Des conversations avec eux nous avons dégagé ce constat : « L’homme, ému par la beauté qu’il découvre dans sa subjectivité, dégage en lui-même et par lui-même une vérité, avec laquelle il ne peut qu’être en accord. Son émotion le conduit à reconnaître l’importance de ce qu’il ressent en l’acceptant. Or, cette vérité abordée dans la plénitude de son humanité n’est pas autre que celle que Dieu lui enseignerait si, d’aventure, il se mettait à l’écoute de la Révélation. » C’est tout le thème de la Sagesse qui nous habite, mais que l’on trouve plus sûrement quand on accepte de se tourner vers Dieu, source de toute sagesse.

Oui, à ce moment, je me trouvais vraiment en manque d’Église. Ce sont des connaissances, dans un contexte où circulent les produits illicites, qui m’ont inspiré l’expression : en manque. Le blog a été imaginé pour continuer les dialogues hors murs d’Eglise.

Vous me demandez si j’ai trouvé cette Église qui me manque ? Oui, je l’ai trouvé. Du reste, l’avais-je perdu ? Je l’ai trouvé, par exemple, dans la communauté paroissiale Saint-Polycarpe des pentes de la croix rousse. Je l’ai trouvé auprès de chrétiens qui parfois vivent hors des clous de la morale traditionnelle de l’Église, en témoignant d’un profond attachement à l’Évangile. Comme je le médite pour mon homélie de ce dimanche 14 avril, ensemble nous tentons de suivre Jésus Christ au plus près.

Jésus me demande : m’aimes-tu d’un amour absolu, plus que d’une amitié de type philanthropique ?

Quelles sont mes pistes ? Comment suis-je passé de l’en manque à l’en quête ? Pour vous répondre en toute sincérité, je dois d’abord parler de mes frères de la Société des Prêtres du Prado. Je dois vous parler des longues conversations avec celui que j’avais choisi pour m’accompagner spirituellement selon la ligne du Père Chevrier. Je devrais dire re-choisi parce que ce mode de rencontres fraternelles s’était éloigné, enlisé dans la psychologie du manque, comme du reste vous le sous-entendez, me semble-t-il. Je dois aussi vous dire que la rédaction du blog et l’écoute des personnes qui me lisaient (me lisent) furent d’un grand secours. Je dois aussi vous parler des chrétiens fortement engagés dans un combat en faveur de la vie simple, sobre, humble. J’évoque les objecteurs de croissance dont je parle souvent dans ces pages avec la catégorie « Chrétiens et pic de pétrole ».

Enfin, je ne peux oublier les annuels temps de désert, de solitude livré à la prière, à la méditation, à l'écriture, bref, au repos. Vous en trouverez des traces dans les pages de ce blog. Période d'ermitage où je tâche, selon l'expressio d'Antopine Chevrier de remplir ma lampe à huile.

Voilà… Essayant, avec l’aide de mes frères d’oublier les ressentiments, je porte mon regard sur le corps universel du Christ, l’Église véritable, mystique et non institutionnelle.

Amicales et fraternelles salutations.

 

* Le lieu existe actuellement dans un autre site, les bâtiments-église de Saint-Polycarpe où je fus nommé curé de la paroisse des pentes de la Croix-Rousse. Serait-ce un coup de l’Esprit d’avoir été nommé dans ces immenses architectures belles et mystérieuses qui subissaient plutôt l’abandon et le sous emploi ?

Publié dans Témoignage

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