Le disciple doit être prêt à suivre son maître en sachant que sa prédication et son action susciteront la contradiction et la dérision

Publié le par Michel Durand

Le regard du peintre, El Greco, détourne de la réalité de la crucifixion.

Le regard du peintre, El Greco, détourne de la réalité de la crucifixion.

Rencontrant des séminaristes, j’ai abordé la vocation au martyre dans la ligne du baptême. Et, je repense aujourd’hui à l’invitation à porter sa croix. De quelle croix s’agit-il ? Celle du disciple à la suite du Maître ? Il lui faut donc impérativement renoncer à lui-même.

 

Luc 9, 23

Il (Jésus) leur disait à tous : « Celui qui veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix chaque jour et qu’il me suive ».

Dans les explications que j’ai rencontrées de ce verset, je suis toujours demeuré insatisfait. Il me semble que l’on passe trop vite sur la réalité de la croix, guillotine des Romains, en l’assimilant à une image invitant tout simplement au renoncement. C’est comme si la croix était une parabole, une figure du comportement du disciple du Christ. 

Enfin, je précise que les notes de la TOB à ce propos ne m’ont pas vraiment éclairé.

Bref, pendant ma retraite annuelle, fin août au centre spirituel du Prado, j’ai posé la question à Jean-Claude Brunetti, prédicateur de retraite à cette occasion. Voilà sa réponse reçue par courriel. 

Merci, Michel, de m'avoir amené à me poser quelques questions sur cette invitation que Jésus nous fait de prendre notre croix, chaque jour, comme le précise saint Luc !

Je n'ai pas eu le temps de faire une recherche sérieuse, mais je te livre, provisoirement quelques petites réflexions que je compte bien étayer (ou approfondir) par une étude un peu moins personnelle.

La plupart des commentateurs reconnaissent que si Jésus a bien pressenti (et annoncé) sa mise à mort ce n'est que tardivement qu'il a pris conscience qu'elle aurait lieu par crucifixion... et quand il l'a compris,  elle a suscité en lui une telle angoisse qu'il a demandé à son Père que la coupe passe loin de lui, et qu'il en a sué du sang !

Donc on le voit mal, dans ce contexte, demander à ses disciples, comme une condition impérative, de prendre la croix...

Cette invitation ne peut-être (à mon avis) que post-pascale...

Une façon forte de souligner que le disciple doit être prêt à suivre son maître en sachant que sa prédication et son action susciteront la contradiction et la dérision, et qu'il lui faut donc impérativement renoncer à lui-même. La croix est l'image du renoncement à soi-même pour se livrer entièrement à la volonté du Père (non pas ce que je veux, mais ce que tu veux).

Excuse-moi de défoncer des portes ouvertes, mais cette petite prise de conscience d'un point sur lequel je n'avais jamais beaucoup médité me réjouit personnellement. Je te tiendrai au courant des prolongements (s'il y en a).

Bien fraternellement

JCB

 

Je suis dans l’attente des prolongements. Moi-même, je m’engage à prendre les moyens de plus de pénétration dans cette parole, pas facile, du Christ Jésus.

 

Publié dans évangile

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