La BASA 2019 s’est terminée dans une ambiance humaine chaleureuse pénétrée d’Évangile, laissant la main à l’Église à Lyon selon son désir

Publié le par Michel Durand

Inauguration de la BASA 2019 - chapelle du lycée St-Marc à Lyon

Inauguration de la BASA 2019 - chapelle du lycée St-Marc à Lyon

Dimanche 17 novembre s’est terminée la 12e biennale d’art sacré actuel.

L’eucharistie de clôture rassembla artistes, visiteurs et bénévoles de l’association Résurgences qui œuvrent au bon déroulement de l’exposition. J’ai vécu ce temps d’Action de grâce en grande communion avec les nombreuses personnes dans le « temple » Saint-Marc et avec tous les créateurs, créatrices qui œuvrent au développent spirituel et religieux de tous les humains. Pascal Gauderon, aumônier jésuite de l’établissement scolaire, à qui j’avais envoyé ce courriel dimanche après-midi :

« Dans la solitude de « mon ermitage », je me dispose dans deux minutes à la prière des vêpres. Et je souhaite y revivre l’eucharistie de ce matin. Action de grâce avec toute l’Assemblée. Oui, j’ai vécu ce temps de prière eucharistique [dimanche matin] avec un grand ressenti d’union. Union de nos voix pour le « canon » [prière eucharistique de la concélébration] qui signifiait une réelle démarche synodale, collégiale. Une belle réponse de l’Assemblée avec laquelle nous nous trouvions sur le même niveau. Cela fut perçu par beaucoup, me semble-t-il. Je ne pense pas me faire plaisir en écrivant cela.

m’a répondu :

« Merci pour ces beaux moments partagés ; en effet, il y avait de fait une belle qualité de présence, que j'ai ressentie personnellement surtout au moment de la communion, où la plupart sont venus communier au calice… Une assemblée travaillée par la quête artistique ne peut pas être sans une certaine profondeur… »

Je regrette de ne pas pouvoir en donner le témoignage par une vidéo. La relecture de l’homélie ne peut que rester insuffisante pour sentir l’intensité de la prière commune. Je le dis en repensant aux témoignages reçus au cours du repas qui a suivi. Repas de clôture de biennale dans le restaurant du lycée avec un service spécial pour nous. Merci aux cuisiniers. Je rends compte d’un témoignage. Pour signifier toute la force de la Parole divine qui s’exprime à partir de l’ambon, j’ai l’habitude de donner l’homélie en dehors de l’ambon. Je m’en suis rapidement expliqué : seule la Parole importe. Ce que le prêtre peut en dire demeure relatif. Il n’est qu’en recherche de Dieu et s’en explique comme il peut, avec ses propres limites. Saint Augustin en parle en disant : « Si ce que je suis pour vous m'épouvante, ce que je suis avec vous me rassure. Pour vous en effet, je suis l'évêque ; avec vous je suis chrétien. Évêque, c'est le titre d'une charge qu'on assume ; Chrétien, c'est le nom de la grâce qu'on reçoit. Titre périlleux, nom salutaire. ». Voir ici.
 

Humains, chrétiens, avant tout nous sommes au même niveau. C’est évidemment dans ce contexte, dans ce climat communautaire qu’une personne a dit : alors je comprends maintenant pourquoi à la table ronde (du vendredi 15 novembre) nous étions tous en un unique cercle et que nous nous reculions pour ajouter des chaises à chaque fois que des nouveaux arrivaient. » Merveilleuse table ronde où celles et ceux qui le souhaitaient se sont librement exprimés, calmement, sans couper la parole à personne. Nous étions plus de 40. Sans sonorisation l’effort pour faire entendre sa voix, pour écouter était de rigueur. « Bel et profond échange, nous n’avons pas vu passer le temps ».

 

Et la BASA 2021 ?

La question fut évidemment posée. Nous avons l’habitude avec les artistes présents de sonder les désirs pour dresser une liste de thèmes possibles dédiés à la prochaine édition. Cela se sait et fut demandé. Il fallut expliquer pourquoi nous ne procédions pas ainsi au cours de cette clôture. Il fallut aussi expliquer pourquoi la biennale ne dure pas en décembre comme les éditions précédentes. Franck Castany donna les explications.

En privé je fus amené à dire que Résurgences n’avaient plus de locaux, ceux-ci étant désormais utilisés par les activités pastorales de la paroisse Bienheureux Antoine Chevrier. Nous ne pouvons plus y exposer d’œuvres artistiques comme nous l’avions réalisé en repeignant en blanc et en équipant d’éclairages la grande salle.

Au cours de sa prochaine assemblée générale, les membres de Résurgence(s) se prononceront sur l’avenir de l’association. Je rappelle que, même si des cadres de l’Église catholique estiment que Résurgence(s) n’est pas d’Église, nous nous estimons liés à elle avec la mission d’apporter aux hommes et femmes de ce temps la révélation du Royaume.

Si Résurgence(s) risque de ne plus exister, par contre, la bibliothèque (livres et meubles), les archives des dossiers d’artistes, les œuvres achetées ou données à l’association sont désormais prises en charge par la Commission diocésaine d’art sacré du diocèse de Lyon. Je m’en réjouis, car tout ce patrimoine est ainsi préservé. Mais, je ne peux pour autant oublier que la question demeure. Les cadres de l’Église à Lyon vont-ils ouvrir les locaux adéquats qui permettent au service concerné d’entretenir un juste dialogue avec les artistes en art plastique. Où les ouvrages de la bibliothèque vont-ils être présentés à un large public ?

Je me réjouis également de l’engagement du diocèse vis-à-vis de la biennale d’art sacré actuel qui se développe en résonance avec la biennale d’art contemporain de la Ville de Lyon. La biennale doit se poursuivre disent des personnes concernées à l’archevêché. Elle est indispensable à l’œuvre missionnaire actuelle. On évoque même à son propos le cadre de la « nouvelle évangélisation ». Un bénévole de Résurgence(s) souligne que ce sont là des paroles. Pour les concrétiser, il faudrait en prendre les moyens. Effectivement; pour que la prochaine biennale se profile en septembre 2021, des réunions auraient dû déjà avoir lieu. La commission établie selon les désirs de l’archevêque et de ses adjoints devrait être connue. À l’horizon, je ne vois aucune trace de ce genre se profiler. Franck fut donc contraint de conclure qu’en cet instant rien n’est assuré pour la BASA 2021.

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