Une communauté chrétienne ne se limite pas à la vie cultuelle. Le baptisé, sa culture, est appelé à témoigner dans son siècle de la Résurrection
« Il faut t’abaisser : tu trouveras grâce devant le Seigneur » (Si 3, 17-18.20.28-29)
Ps 67 (68), 4-5ac, 6-7ab, 10-11) Béni soit le Seigneur : il élève les humbles.
« Vous êtes venus vers la montagne de Sion et vers la ville du Dieu vivant » (He 12, 18-19.22-24a)
« Quiconque s’élève sera abaissé, qui s’abaisse sera élevé » (Lc 14, 1.7-14)
Limonest. Maison Saint-André, Le Prado.
Dans ma méditation de l’Évangile de Luc en son chapitre 14, je ne peux être, en ce jour, qu’imprégné par mon séjour en ce lieu… en ce mois d’août.
Chaque page d’Évangile nous rappelle que nous sommes appelés à la sainteté. Soyez saints parce que, dit Dieu, Je Suis Saint. Et, pour être saint, il importe d’accepter d’être sanctifié. Nous ne devenons pas saints par nous-mêmes. Nous recevons la sanctification. Nos modes de vie en témoignent. Nous sommes rendus saints par l’action de la Trinité que nous laissons agir en nous. Chaque eucharistie le rappelle. Nous nous séparons à l’issue de « la messe » avec une mission : allez dans la paix du Christ, glorifiez Dieu par toute votre vie.
Glorifions Dieu par toute notre vie.
Disant cela, je souligne qu’une communauté chrétienne, qu’une paroisse ne se limite pas à la vie cultuelle. Le sacré, le sanctuaire, l’autel sanctifient le baptisé qui est appelé à témoigner dans son siècle de la Résurrection.
Autrement dit, je me permets de poser la question : qu’est-ce qu’une paroisse, une communauté du Christ ?
En début de septembre, période de rentrée, Nous avons assurément toute l’année pour y réfléchir. Et je rends grâce à Dieu pour tous les temps de réflexion que nous avons à ce propos.
Quel repas organisons-nous avec des voisins, des amis, des membres de la famille où nous avons l’occasion d’enrichir les liens de fraternité ? Quelles invitations ma paroisse, ma communauté propose-t-elle à tout publique ? Le bâtiment église est invité à être un toit (ou toi) d’écoute. La dimension culturelle entre dans ses propositions.
Je pense alors aux multiples ouvertures artistiques : musique, peinture, théâtre qui reçoivent une nouvelle dimension quand elles se développent dans un lieu ayant une dimension sacrée.
La pédagogie pastorale de cette opération culturelle est l’écoute. Nous voulons être attentifs à ce que disent les artistes sur les fragilités et les grandeurs de l’humain. Hommes et femmes. Nous voulons écouter leur perception qui tantôt se fait cris déchirant, tantôt douce parole apaisante et réconfortante.
N’est-ce pas rejoindre la Parole de Dieu entendue, aujourd’hui dans la première lecture ?
L’homme sensé médite les maximes de la sagesse ; l’idéal du sage, c’est l’homme qui écoute.
Entendons, le message évangélique qui nous vient du monde, de ce qui, en ces jours, se vit dramatiquement dans le siècle.
Souvent dans une « retraite pradosienne », nous méditons sur le constat que c’est avec les très pauvres, avec les personnes qui peuvent être loin de l’Église, que nous recevons les richesses du Christ. L’Évangile de Luc indique qu’une attitude de grande humilité est nécessaire pour bien vivre la rencontre avec le Christ et ses disciples.
Quand tu es invité, va te mettre à la dernière place…
Quand tu donnes un déjeuner ou un dîner… invite des pauvres, des estropiés… et tu seras heureux parce qu’ils n’ont rien à te rendre : cela te sera rendu à la résurrection des justes.
Les questions de vie pastorale, d’attitude missionnaire, de disciple missionnaire que nous avons à aborder sont de grandes importances. Regardons les avec une complète humilité, dans l’écoute de ce que le monde nous dit. Puissance des signes que nous adressent nos contemporains.
La force du Seigneur est grande, et les humbles lui rendent gloire.
C’est pour cela que, dans notre attachement au Christ, nous cherchons la compagnie des petits de ce monde, de ceux et celles qui sont loin de l’Église et qui disent souvent ne pas avoir besoin d’elle. Nous souhaitons ouvrir les portes de nos espaces pour offrir à tous une chance de rencontre avec le Ressuscité.
Vivons cette ouverture avec humilité, sans orgueil. Laissons nous conduire par l’esprit de Dieu ; laissons nous sanctifier. Laissons-le agir dans notre communauté, nos communautés. dans nos vies personnelles.
Oui, c’est pour cela qu’il nous invite à sa table et nous aurons la joie de l’entendre dire :
Mon ami, avance plus haut.
Qui s’abaisse sera élevé.
Nous voilà venus vers Jésus, le médiateur d’une alliance nouvelle (Deuxième lecture).