Regarder dans la révélation chrétienne ce qui nous attache à Jésus-Christ, lire sa Parole et dans un quotidien ordinaire pratiquer ce qu’il dit

Publié le par Michel Durand

Regarder dans la révélation chrétienne ce qui nous attache à Jésus-Christ, lire sa Parole et dans un quotidien ordinaire pratiquer ce qu’il dit

Des 900 pages de l’ouvrage de Jacques Ellul, j’ai lu, ce mois d’août les 350 premières pages. À savoir l’ouverture, la première partie, l’origine de la sainteté et la seconde partie, la sainteté, une dialectique personnelle et collective.

Un deuxième mois de retirement serait nécessaire pour aborder les trois autres parties : la sainteté, expression du royaume des cieux - structure et catégories de la sainteté - la vérification de la sainteté : son expérience permanente.

Je me dis que cette lecture est d’une grande banalité. Force de l’éthique. Elle montre tout simplement ce que, suite à la lecture et méditation de l’Évangile, disciple du Christ, nous avons à vivre au quotidien afin de mettre en pratique la Parole entendue et reçue. En fidélité à Christ quels sont, quels doivent être, pour maintenant nos modes de vie. C’est ce que, d’une certaine façon, j’évoquais dans mon homélie de dimanche. 

Et je me questionne ; l’accent souvent mis sur le culte ne risque-t-il pas de devenir un obstacle à la nécessaire sainteté dans la monde, là oui nous vivons ? Sacré contre sainteté. Je copie, un peu au hasard (p. 241-242) :

« Seul le sabbat est mis à part, mais s'il est saint, s'il est voué à Dieu, s'il est appel adressé à l'homme de se tourner vers l'Unique, peut-on dire pour autant qu'il soit un jour ou un temps sacré ? Dans notre texte (et je ne vise pas ce que le sabbat deviendra dans le judaïsme tardif), le septième jour apparaît étonnamment comme un jour tout à fait indéterminé : tout ce qu'il en est dit, c'est que ce jour est béni et sanctifié. Mais nous ne pouvons pas dire si c'est une coupure entre les temps ou bien le dernier temps, c'est-à-dire l'aboutissement ultime de la création dans ce qui nous est promis dans l'Apocalypse comme nouveaux cieux et nouvelle terre ; si c'est un repos à caractère eschatologique. C'est un jour sous la bénédiction, mais cela ne correspond en rien à un temps sacré. Ici encore, il y a ouverture sur ce que l'homme va lui-même faire et décider pour interpréter ce sabbat, comment il va le vivre. Le jour est sanctifié, qu'est-ce que l'homme va faire de cette sanctification ? C'est lui qui va l'exprimer, la garnir. Il n'est nullement en présence d'un « sacré» au sens ethno- et sociologique du terme, le sacré que l'on retrouve dans presque toutes les religions. Il y a au contraire une disponibilité de ce jour. Repos de Dieu, suspension de son action : champ libre pour l'homme. C'est tout le drame de la liberté que Jésus confirmera : « Le sabbat a été fait pour l'homme et non l'homme pour le sabbat.» Là encore, le temps n'est pas sacré mais sanctifié, mis à part, tout simplement pour que l'homme puisse s'y épanouir pleinement. Mais, dans la mesure où le sabbat est béni, l'homme ne peut pas le vouer à la violence, à la puissance, à la domination : c'est le temps de l'amour et de l'adoration. Ainsi nous sommes bien, avec ce récit de la Genèse, en présence de la sanctification à l'œuvre, mais ceci n'implique nullement l'apparition d'un sacré. »

J’applique cette réflexion au sanctuaire des églises. Ne risque-t-on pas d’en faire un lieu, un sacré qui s’opposerait à l’appel à la sainteté d’une existence à vivre dans le présent siècle ?

Lettre de Jacques, 1,22 : Mettez la Parole en pratique, ne vous contentez pas de l’écouter : ce serait vous faire illusion.

Alors je me dis que, si j’étais (encore) en responsabilité de formation, par exemple pour l’Institut séculier des prêtres du Prado, j’organiserai des rencontres pour étudier, d’Antoine Chevrier, Le prêtre selon l’Évangile, le Véritable Disciple en traçant un lien avec l’Éthique de la sainteté de Jacques Ellul. Il est question d’un lien permanent à établir entre nos modes ordinaires de vie, nos comportements, notre vécu et l’Évangile.

« Surtout il faut se rappeler que Jésus mettant à part ses disciples ne les charge d'aucune fonction cultuelle. Ils sont des témoins de la vérité et non pas des prêtres religieux ! Le service de Dieu dont le séparé-saint est chargé n'est pas le culte, mais le fait de porter dans le monde l'attestation de l'amour de Dieu, le fait d'être le pont entre Dieu, le séparé, et ce qu'il aime, afin que cet amour ne plane pas dans un ciel abstrait mais soit porté par des hommes à qui Dieu l'a révélé pour tous les autres hommes. Il y a donc, par la sainteté, rupture des anciennes solidarités et, par l'amour, création d'un lien nouveau entre tous. Tel est le service, nullement sacré, à quoi est appelé le séparé, et qui consiste au fond à montrer la seule voie légitime pour surmonter les ruptures entre les hommes?, et dans la création. » Ellul p. 224.

Et, dans le quartier où je vis, suite à la proposition qui (me) fut adressée, je pense, qu’il serait bénéfique de se rencontrer, suite au groupe Christoph Theobald*, avec, toujours de Jacques Ellul, La subversion du christianisme.

(*Voir dans le moteur de recherche d'En manque d'Eglise)

 

Pour Chevrier, connaître Jésus-Christ équivaut à le découvrir dans sa vie, sa parole et son Évangile ; aimer Jésus-Christ signifie suivre son exemple et s’identifier à lui dans la charité et la pauvreté ; imiter Jésus-Christ consiste à vivre selon ses préceptes au quotidien, notamment en se mettant au service des plus démunis. (IA)

L’entendre et mettre sa Parole en pratique. Jésus-Christ c’est tout.

 

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