Ce sont les immoralités dans la société qui ont amené l’Église à créer une morale pour s’y opposer. Elle a même fabriqué un droit, pour cela

Publié le par Michel Durand

Ce sont les immoralités dans la société qui ont amené l’Église à créer une morale pour s’y opposer. Elle a même fabriqué un droit, pour cela

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Cette page est à situer dans la ligne de celle du 24 février, le regard de membres du groupe de réflexion, Christroph Theobald / Jacques Ellul. Ici, Jean-Marc et Monique

 

La subversion du christianisme –Jacques Ellul

ch. IV – Le moralisme.

Introduction :

Le reproche qu’on fait souvent aux chrétiens, c’est qu’ils ne sont pas meilleurs que les autres. Or le christianisme n’a rien à voir avec la morale. Ce n’est pas se conduire bien, mais faire la volonté de Dieu. Ce n’est pas obéir à une loi. L’amour se substitue au devoir. La morale du chrétien n’est pas supérieure aux autres.

La morale en général est un interdit, un obstacle à l’amour. Pour endiguer les conversions massives, on a transformé la parole de l’Évangile en morale chrétienne, alors que St Paul dit abolir les règles de conduite si on vit selon l’Esprit.

1- Mais on ne peut vivre selon l’Esprit qu’en petites communautés comme les premiers chrétiens.

2- Pour vivre la foi chrétienne en grand nombre, il faut un encadrement. Le Christianisme devient alors une morale, ce qui est contraire à ce que veut Jésus.

3- Si on veut vivre sans morale en grand nombre, c’est suivant des principes de force ou d’autorité, comme dans les sectes.

Périodes avec émergence du moralisme.

Ce sont les immoralités dans la société qui ont amené l’Église à créer une morale pour s’y opposer. Elle a même fabriqué un droit, une loi spécifique pour décrire la morale qu’elle souhaitait imposer. On voit ainsi une suite de périodes où l’immoralisme dans l’Église, particulièrement sexuel, a provoqué la dérive de la morale.

  • 2ème siècle société patriarcale, judaïque et romaine
  • 4 au 7ème siècle : invasion des barbares
  • 10 au 13ème siècle retour vers l’Évangile, mais obéissance à une autorité ordonnée.
  • 14 et 15ème siècle, vague d’immoralité avec la guerre de 100 ans.

Antiféminisme dans l’Église.
L’Église est devenue le lieu important de la trahison de la Révélation
dans le christianisme.

On pense généralement que la condition des femmes dans l’Église s’est améliorée avec le temps et qu’elle était donc pire dans les 1ers siècles après JC. Il n’en est rien.

  • Au premier siècle, les femmes avaient une place, de même dans les tribus germaniques.
  • Dans l’ancien testament, de mauvaises interprétations ont dévalorisé la femme. alors qu’en fait, elle avait une place importante : les prophétesses, le cantique des cantiques, la genèse mal interprétée (femme tentatrice au jardin d’Eden, Eve est en fait le sommet de la création. La vie dont Eve porte le nom est créée à partir d’une matière vivante donc supérieure, contrairement à Adam qui porte le nom de Terre, matière inanimée)
  • Paul est traité de misogyne, ce qui renforce les attitudes dans le culte, c’est une lecture inexacte, restrictive qui amène des positions masculines dans l’Église.
    • Les femmes n’ont pas le droit de prendre la parole dans l’assemblée.
    • Elles ne peuvent pas être ordonnées.
    • Elles sont interdites d’accès dans le chœur de certaines églises.
  • Mais Paul dit aussi que la femme est le révélateur de l’homme, elle fait apparaître ce qu’il est dans sa vérité : la femme est la gloire de l’Eglise. (4Cr 11, 5… ni homme ni femme - égalité.)
  • Jésus ne choisit que des hommes comme disciples, mais réponse radicale : c’est la femme qui reçoit la résurrection en premier, les femmes reçoivent les premières le témoignage de la vie éternelle.
  • Jésus montre que le plus grand doit être au service du plus petit – lavement des pieds
  • Dans l’épitre aux Ephésiens, contresens sur la théologie de Paul : l’homme n’est pas supérieur à la femme
    • – femme comparée à l’Église, et cette Église,
      l’homme doit en prendre soin, la faire vivre.
    • - L’homme quittera son père et sa mère, c’est lui qui se déracine. Il ne s’agit en rien de faire entrer la femme dans la famille patriarcale.

Jacques Ellul nous dit que le Christianisme contrairement à la morale devrait montrer des valeurs plutôt féminines : amour, sensibilité, protection du plus petit.
Alors qu’elle montre un aspect masculin : contrainte, domination, pouvoir.

Pour la défense d’une religion, l’Église s’est conduite comme une armée.
Nous sommes loin d’une loi d’amour !

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