Magnifique humanité ! La tâche est écologique au sens le plus radical, car elle met en jeu une nouvelle dimension de notre Maison commune

Publié le par Michel Durand

Magnifique humanité ! La tâche est écologique au sens le plus radical, car elle met en jeu une nouvelle dimension de notre Maison commune

Il m’est impossible de lire cette encyclique, Magnifica humanitas, sans penser à Jacques Ellul. Celui-ci met en lumière l’aliénation technologique et la déshumanisation. « L’homme n’est plus le sujet de la technique, il en devient l’objet ». Le Bluff technologique, 1988.

Léon XIV écrit (N° 4) : La technique ne doit pas être considérée, en soi, comme une force antagoniste par rapport à la personne : au contraire, elle est enracinée dans notre histoire depuis le commencement, en tant que « réalité profondément humaine, liée à l’autonomie et à la liberté de l’homme » (Benoit XVI). La technique se doit d’être au service de l’humain.

 

Qu’en est-il d’une IA au service d’un transhumanisme à la Elon Musk ? Elle est une arme au service des tendances économistes dont les pouvoirs s’enracinent dans une gouvernance impérialiste.

L’évêque de Rome écrit : 110. « Je voudrais enfin employer un mot qui me tient à cœur : “désarmer”. Désarmer l’IA, c’est la soustraire à la logique de la compétition armée qui n’est plus aujourd’hui seulement militaire, mais aussi économique et cognitive. C’est la course à l’algorithme le plus performant et à la banque de données la plus vaste dans le but de consolider un avantage géopolitique ou commercial sur tous les autres. Désarmer, c’est rompre cette équivalence entre la puissance technique et le droit de gouverner. Désarmer ne signifie pas renoncer à la technologie, mais l’empêcher de dominer l’humain. Cela signifie la soustraire aux monopoles, la rendre discutable, contestable, et donc habitable, en la restituant à la pluralité des cultures humaines et des formes de vie. La tâche, aujourd’hui, n’est pas seulement éthique ou technique : elle est écologique au sens le plus radical, car elle met en jeu une nouvelle dimension de notre Maison commune. L’IA est déjà un environnement dans lequel nous sommes immergés et un pouvoir avec lequel nous devons composer. C’est pourquoi il ne suffit pas de la réglementer : elle doit être désarmée et rendue accessible.

Léon XIV ne cite pas Jacques Ellul, mais nous lisons dans l’encyclique (4) : D’une voix humble mais ferme, l’Église rappelle que la véritable réalisation ne naît pas de la suppression des fragilités, mais d’une croissance harmonieuse : là où la liberté et la responsabilité vont de pair avec une attention mutuelle et une véritable solidarité, et où le progrès se mesure à la lumière de la dignité de chacun et du bien des peuples.

Vous l’avez entendu ; je nous adresse une invitation à lire Magnifica humanitas.

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LETTRE ENCYCLIQUE MAGNIFICA HUMANITAS DU SAINT-PÈRE LÉON XIV SUR LA PROTECTION DE LA PERSONNE HUMAINE À L'ÈRE DE L'INTELLIGENCE ARTIFICIELLE

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