Une grande confiance en la Ste Vierge, et une dévotion particulière pour elle. Les enfants montent à Fourvière après la Première Communion.
Le 16 juin, à Notre Dame de Fourvière, il y aura la bénédiction du bas relief sculpté par l’artiste Philippe Duret. Cette œuvre parle d’Antoine Chevrier et de Marie Boisson ouvrant le catéchisme pour les petites à la suite du séjour à la Cité de l’enfant Jésus avec Camille Rambaud.
En relisant les 4 volumes du procès de Béatification du père Chevrier, j’ai noté les références qu’il y avait, à son propos, avec Notre-Dame-de Fourvière. Cela montre merveilleusement bien pourquoi nous avons souhaité, sous forme d’ex-voto, cette œuvre artistique.
Antoine Chevrier, à sa naissance est consacré à Dieu par Madame Chevrier
Sœur Joséphine Reynaud : Art. 2 : Madame Chevrier m’a dit souvent que lorsqu’elle attendait son enfant, elle montait à Fourvière, qu’elle l’avait consacré à Dieu et à la Sainte Vierge de bon cœur, qu’elle avait demandé que s’il ne devait pas servir le bon Dieu de tout son cœur, il fût retiré du monde de suite après son baptême. Mademoiselle Bonnard m’a dit la même chose. Procès 1, p. 105.
Sœur Véronique Lheraud : « C’est Mme Chevrier elle-même qui m'a raconté qu'elle avait consacré son fils avant sa naissance à Notre Dame de Fourvière, et qu'il était très obéissant dès ses premières années. » Procès 2, page 2
Elle me racontait qu'elle avait consacré son fils à la Ste Vierge. « Avant sa naissance; je montais à Fourvière, me disait-elle, et je faisais cette prière à la Ste Vierge : "Bonne Mère, si mon enfant ne doit pas rester sage, prenez-le après son baptême" » p. 6.
Sœur Marthe Guiguet : « Avant la naissance de son fils, Mme Chevrier rêva qu'elle portait un chien d'or et après elle le vit briller dans le ciel. 45 ou 50 ans après, la mère raconta ce rêve au Père devant moi. Le Père lui répondit : "Eh bien ! c'est moi. Les chiens sont des mendiants et moi aussi je suis un mendiant". Souvent la mère nous disait qu'elle montait le samedi à Fourvière pour consacrer son enfant à la Ste Vierge et qu'elle lui demandait que s'il ne devait pas être un bon sujet elle le lui donnait tout de suite, qu'elle le prenne » Art. 260
Marie de Foulquier : « Le P. Chevrier est né à Lyon en 1826 sur la paroisse St François. Il a été baptisé dans cette église et je puis citer ce trait que son parrain au retour de la cérémonie disait que cet enfant serait l'honneur de sa famille. Ses parents étaient d'excellents chrétiens. Sa mère me disait un jour montant à Fourvière qu'elle demandait au bon Dieu en parlant de son fils, de le retirer de ce monde s'il ne devait pas être bon chrétien. Il fut élevé pieusement par sa mère. Quoiqu'elle l'aimât beaucoup elle l'élevait sévèrement, parfois même durement » Procès 3, p. 182.
Installation des petites filles à Fourvière, catéchisme et éducation première
Sœur Marie Boisson : « Je suis restée à la Cité jusqu’aux premiers jours de Janvier 1860, faisant l’école aux enfants et préparant quelques petites filles à la première Communion. A cette époque sur les instances de M. Louat et de Sœur Amélie, nous sommes montées à Fourvière chez Mademoiselle de Roquefort, dont la maison était exactement à la place de la nouvelle basilique et c’est là que l’œuvre du Prado a commencé pour les petites filles ; elles étaient six ; elles ont fait leur première Communion à Pâques, dans l’église paroissiale de St Just » Procès 1, page 147.
Sœur Marthe Guiguet : « Le P. Chevrier resta quatre ans à la Cité de l'Enfant Jésus, au bout desquels il quitta le Père Rambaud pour fonder son œuvre. Il établit d'abord son œuvre à Fourvière pendant un an ; 'il vint ensuite à la Guillotière où il acheta une salle de danse qui s'appelait : le Prado et il s'y fixa définitivement Procès 2 p.66.
Sœur Gabriel Mathieu : « C'est par Sr Marie que je connais quelques détails sur la fondation du Prado, pour ce qui concerne les petites filles. Autant que je puis m'en souvenir, l'initiative de cette fondation appartient au P. Chevrier qui trouvait qu'à la Cité, l'œuvre de la Première Communion ne se faisait pas comme il faut, qu'on n'y traitait pas les enfants comme il aurait fallu, et qu'on n'y donnait pas assez de soin à leurs âmes, ainsi que je l'ai lu dans ses lettres. Il allait bientôt quitter la Cité.. Sr Marie lui demanda si elle pouvait le suivre. Le Père ne voulant pas prendre sur lui la responsabilité de son départ, lui dit qu'il ne l'y autoriserait qu'au cas où elle en obtiendrait la permission de Mgr le cardinal de Bonald. Sr Marie alla immédiatement, contre l'attente du Père, solliciter cette permission qu'elle obtint tout de suite de Monseigneur. L'œuvre fut d'abord installée à Fourvière. L'exiguïté du logement et l'état de santé de la propriétaire que le bruit des enfants fatiguait imposèrent bientôt un changement de local. Une première installation provisoire eut lieu à la Guillotière, je ne sais pas bien où. L'acquisition du Prado eut lieu en 1860 ou 1861 ». Procès 2, int 14 p.80
Montée à Fourvière
Sœur Véronique Lheraud : « Pour la guerre de 1870, nous n'avions qu'une douzaine de petites filles à la série ; les parents avaient emmené le plus grand nombre. 0n a quand même fait faire la Première Communion à ceux et celles qui restaient. Je ne me souviens pas si c'était en octobre ou en novembre. C'est la seule fois que les petites filles n'ont pas été habillées de blanc pour leur première Communion. Elles ont été confirmées à Saint-Jean par Monseigneur Ginouilhac qui leur a adressé quelques mots dont je ne me souviens pas bien, mais je sais que l'humilité du Père en a été un peu blessée.
Après la Confirmation, on est monté à Fourvière, comme à l'ordinaire, ce qui nous un peu étonnées, car à ce moment, on osait à peine sortir et encore moins se promener. En revenant, le Père nous a fait passer par Perrache, presque au milieu d'une foule de gardes nationaux qui faisaient l'exercice sur la place. Le Père étant au milieu des enfants, personne ne nous a rien dit. Procès 2, Art 62, p. 11.
Jean-Claude Marie Jaricot : « Le P. Chevrier s'est fait un devoir de faire faire le pèlerinage de Fourvière aux enfants de la Première Communion le plus ordinairement le jour où ils recevaient le sacrement de la Confirmation. C'est encore en ce jour qu'il donnait à ses enfants le scapulaire du Mont-Carmel et celui de l'Immaculée Conception.
Il serait bien difficile de reproduire tout l'amour et tout ce qu'a fait le bon Père pour la Très Sainte Vierge, qu'il n'a jamais séparée de son divin Fils Jésus ».Procès 2, art 88, p. 272
Sœur Gabriel Mathieu : « Le Père avait une très grande confiance en la Sainte Vierge, et une dévotion toute particulière pour elle, Il tenait beaucoup à ce que les enfants montent à Fourvière le lendemain de la Première Communion pour se consacrer à la Ste Vierge.
Le Père a fait plusieurs sermons très beaux sur la Ste Vierge. Il disait : "L'Ange dans sa salutation n'est que l'interprète des sentiments des trois personnes divines envers la Ste Vierge. Dieu honore Marie, il l'exalte et l'élève au-dessus de toute créature, il se soumet à elle en lui demandant son contentement ».
Marques de la dévotion du Père à la Ste Vierge : Il choisit pour l'ouverture, un samedi, jour consacré à la Ste Vierge. Il montra le désir qu'une des premières sœurs rappelât par son nom le grand mystère de l'Annonciation. Aux enfants du catéchisme il parlait surtout du privilège de son Immaculée Conception et de sa pureté. Jamais aucune enfant ne sortait de la maison sans être reçue du scapulaire. Il disait que faire dire un Ave Maria à un hérétique, assurait sa conversion ». Procès 3, art 88.
Jean Anthelme Broche, prêtre : « Le jour de sa retraite du mois, il passait quelquefois toute la journée hors de la maison, en prière, presque toujours à Fourvière, et il se contentait pour son repas, d’un morceau de pain mendié à la porte d’une des communautés du coteau. Je l’ai su par l'un d’entre nous qui l’avait accompagné un jour dans l’accomplissement de ce pieux exercice. Procès 4, page 99.
Voir aussi : les grandes âmes vont se cacher dans les cloitres...
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