Les grandes âmes vont se cacher dans le cloître. Un trésor que personne ne connaît. Il faut que ces beaux exemples luisent dans le monde. Chevrier

Publié le par Michel Durand

Antoine Chevrier, bas relief destiné à la chapelle Notre-Dame de Fourvière, sculpture de Philippe Duret

Antoine Chevrier, bas relief destiné à la chapelle Notre-Dame de Fourvière, sculpture de Philippe Duret

Dimanche dernier (hier), j’ai conclu l’eucharistie comme à mon habitude avec l’envoie en mission complète qui est vraiment trop peu prononcée : « allez dans la paix du Christ ; par toute votre vie rendez gloire à Dieu ».

En ouvrant, les études d’Yves Musset sur les écrits d’Antoine Chevrier, j’essaye de comprendre ce que nous avons à vivre, à dire pour que les chrétiens -et moi-même- quittant l’Assemblée du dimanche, œuvrent à la conversion des personnes rencontrées. J’ouvre d’Yves Musset : LE CHEMIN DU DISCIPLE ET DE L’APÔTRE. TEXTES DU FONDATEUR DU PRADO.(1826-1879), pages 16-21. Comment lire une pensée marquée par la spiritualité (jansénisante) du XIXe siècle et la traduire pour aujourd’hui ? Je me questionne alors que je fus sollicité à vivre le sacrement de la réconciliation (confession) demandé par un jeune selon son habitude, à l’issue de la messe.

On me dit que mes homélies bousculent. Je trouve que le jeune Chevrier interroge violemment les participants à la messe. Par exemple ceci : « lâcheté répandue sur tout l'ensemble des conduites des chrétiens »… « Vous êtes à mes yeux comme un arbre qui manque de lumière et de rosée ».

 

« Trouverait-on dix âmes animées de l’esprit de Dieu ?

Avec ces dix âmes, je voudrais convertir tout un peuple ».

Sermon sur l’esprit chrétien.

Un autre sermon mérite de retenir l’attention. Prononcé vraisemblablement le dimanche qui suivit la fête de Pâques 1857, laquelle tombait le 12 avril, cette prédication reprend, en les développant davantage, les thèmes du sermon précédent sur l’Epiphanie. L’occasion en fut le rappel adressé aux paroissiens de Saint-André d’avoir à se confesser et à communier pendant le temps pascal. Devant les détresses dont il est le témoin chaque jour, devant cette société inhumaine qui croit hors de tout « esprit chrétien », Antoine Chevrier souffre de voir qu'il y a si peu de « chrétiens véritables ».

« In Spiritu ambulate. Vivez selon l'Esprit de Dieu » (Ga 5). Il n'est pas de temps où le prêtre soit plus à même de juger de l'état des consciences, de sonder les plaies de l'âme, de voir combien Dieu est mal servi, combien il y a peu de chrétiens véritables et fermes qui accomplissent exactement la Loi du Seigneur, sinon dans ce temps pascal où l'Eglise vous fait une loi de venir aux pieds du prêtre faire l'humble aveu de vos fautes. Que de réflexions sérieuses ne pouvons-nous pas faire nous-mêmes dans votre intérêt, pour votre salut, pour la gloire de Dieu pour lequel nous travaillons. La réflexion naturelle qui naît à la suite des travaux ordinaires du temps, c'est que Dieu est mal servi, c'est que Dieu trouve peu d'enfants fidèles, peu d'âmes généreuses qui vivent selon toutes les lois de l'Evangile et de l'Eglise, peu d'âmes fortes qui font des progrès dans la vertu, qui donnent des exemples des vertus évangéliques et qui sont, pour ainsi dire, le terme et la règle des autres.

Il y a je ne sais quelle lâcheté répandue sur tout l'ensemble des conduites des chrétiens qui vous fait éprouver une peine indicible et qui fait frémir de crainte et d'ennui. Vous êtes à mes yeux comme un arbre qui manque de lumière et de rosée. La sève ne peut pas monter. Il reste dans l’abattement. Il est sans vigueur, sans force. La sève ne peut monter et il n'a ni feuilles, ni fleurs, ni fruits. Où est donc cet arbre de vie, cette belle société chrétienne que Dieu compare à un grand arbre sur lequel les oiseaux du ciel viennent se reposer avec plaisir et chanter les louanges de Dieu ? Il manque en vous, mes frères, de la vie, de cette vie chrétienne, cette sève chrétienne, cette sève de la foi qui doit animer vos âmes, qui doit dissiper cette langueur mortelle que l'on remarque dans vos cœurs.

Dieu n'est pas servi parmi vous, mes frères, Dieu n'est pas assez bien servi, que je vous le dise sans détours et dans la simplicité du langage. Vous ne servez pas assez bien votre Seigneur et votre Dieu. Les grands de la terre, les puissants, les monarques sont mieux servis dans leurs palais, dans leurs maisons, que Dieu n'est servi parmi ses enfants. Parcourez, en effet, les différentes classes des chrétiens : combien trouverez-vous d'âmes fidèles et généreuses ? »

Antoine Chevrier passe alors en revue les diverses catégories de chrétiens : ceux qui ne viennent qu’une fois l’an se confesser au temps de Pâques ; les baptisés qui « passent toute leur vie éloignés des sacrements » et ne sont « chrétiens » que « de nom » , les pratiquants fidèles du dimanche. Il y a sans doute parmi ces derniers, parmi vous, reconnaît le prédicateur, « des âmes dévouées, ferventes, qui vivent de Dieu ». « Ces âmes d’élite », s’écrie-t-il, « c’est vous qui les formez, ces âmes, ô mon Dieu, car il n’y a que vous qui puissiez faire de semblables prodiges. Soyez-en béni et béni à jamais ! » Et il poursuit :

« Mais qu'il est petit, ce troupeau privilégié du Seigneur, qu'il est petit ! Autrefois, Dieu demandait dix justes pour sauver une ville entière et il ne les a pas trouvés. Aujourd'hui on les trouverait sans doute dans notre grande ville, on les trouverait bien dans plusieurs des paroisses de Lyon : les trouverait-on dans la nôtre ? Dix justes ! Je n'entends pas dire dix âmes sauvées. Dieu me garde de restreindre à ce point sa miséricorde. Je crois au contraire qu'un grand nombre sera sauvé. Mais j'entends dix justes, dix âmes véritablement chrétiennes, de ces âmes au généreux dévouement, de ces âmes à tendances élevées, de ces âmes à l'esprit évangélique, de ces âmes comme les formait l'Esprit Saint au commencement de l'Eglise, qui se dépouillaient de leurs biens pour soulager le pauvre, qui aimaient les souffrances et qui allaient même au-devant du martyre ; en un mot, de ces vrais chrétiens, car ce mot renferme tout à mes yeux. Trouverait-on dix âmes animées de cet esprit ?, dix âmes animées de l'esprit de Dieu ? Si elles existaient, je voudrais avoir ces dix âmes, et avec ces dix âmes convertir tout un peuple !.

Qu'est-ce qui manque aujourd'hui, mes frères, pour ranimer cette foi morte et languissante qui semble s'éteindre peu à peu parmi nous ou qui se maintient si faiblement ? C'est, mes frères, l'exemple de grandes vertus parmi les chrétiens. On ne trouve plus de ces grandes vertus et c'est ce qui fait le mal de la religion et qui [la] maintient dans cet état de langueur qui la tue. Je me trompe : il y a de grandes vertus, il y a de grands sacrifices, il y a de grandes abnégations ; mais ces grandes âmes, ces grandes victimes de la religion vont se cacher dans le cloître et ces exemples restent enfouis. C'est un trésor que personne ne connaît, que personne ne sait apprécier, que personne ne veut imiter. Il faut, mes frères, que ces beaux exemples luisent dans le monde. Il faut, pour régénérer le monde chrétien et la société chrétienne, des exemples extraordinaires de vertu.

Qu'est-ce qui convertissait les païens au commencement de l'Eglise ? C'est le bon exemple des chrétiens. Les païens, voyant les pieux fidèles vendre tous leurs biens pour les donner aux pauvres, disaient : « Voyez comme ils s'aiment, que leur religion est belle ! » et, attirés par des exemples si frappants et plus convaincants que tous les discours, [ils] embrassaient une religion sainte qui formait de tels adeptes.

Qu'est-ce qui convertissait les peuples du Velay, du Vivarais et du Puy ? C'était le grand exemple de sainteté que donnait ce saint missionnaire, François Régis, qui, la croix à la main, parcourait les montagnes, prêchait sous un arbre ou sur un roc et allait ensuite se retirer dans un lieu solitaire pour prier et faire pénitence pour les pécheurs. Ce qui convertissait, ce n'était pas seulement ses paroles, mais le voir à genoux sur le chemin ou à la porte d'une église pendant une nuit d'hiver, priant pour les pécheurs endurcis qui refusaient de l'entendre. O Saint ! que votre conduite est différente de la nôtre ! Qui nous donnera la force de vous imiter ? C’est [votre] exemple.

Voilà, mes frères, ce qu'il faut parmi les chrétiens et ce qui manque parmi nous. En lisant la vie des saints, on voit ces chrétiens sacrifier tout pour Dieu. Leur fortune, leurs biens, ils [les] vendent pour les donner aux pauvres. Ils sacrifient leur vie, ils vivent de privations et donnent ainsi au monde les grands exemples de vertus qui entretiennent dans la société chrétienne cette vie spirituelle qui en fait la force et la vertu. Qu’est-ce qui fait la force, la gloire des empires, des familles ? Qu’est-ce qui fait la force de la religion, la grandeur et la beauté de la famille chrétienne ? C’est la pauvreté, l’abnégation, le sacrifice, le renoncement. Tant qu'il n'y aura pas cela parmi nous, nous n'aurons rien de stable, de solide en fait de vertus, et il faut des vertus, mes frères, il faut des vertus extraordinaires pour le temps où nous vivons ! Autrement, vous et moi, nous resterons toujours dans cet état de somnolence dans lequel nous vivons. Il faut, mes frères, du sacrifice... ».

Le père Chevrier développe longuement ce point, expliquant que Dieu nous appelle à faire le sacrifice de tout nous-mêmes : le sacrifice de notre esprit par la foi ; le sacrifice de notre cœur et de nos affections par la charité, Dieu voulant être aimé par dessus tout ; le sacrifice de notre corps, par des actes extérieurs de vertu. Il en arrive alors à une sorte de parabole où il se met lui-même en avant :

« Tenez ! Je faisais un jour cette réflexion que vous me permettrez de vous dire naïvement. Après l'exercice du chemin de croix ou la célébration de la sainte messe, je me disais un jour : Voilà bien des chrétiens dans l'église qui viennent d'entendre que Jésus est mort pour eux, pour chacun en particulier, que Jésus les a aimés jusqu'à mourir pour eux. Quelle charité cette pensée ne devrait-elle pas allumer dans tous ces cœurs ! Et je me disais à moi-même : Si je me déguisais en pauvre et que j'allasse à la porte de l'église et que je dise à chacun : « Dieu ! ayez pitié d'un pauvre malheureux pour lequel Jésus est mort », combien trouverais-je d'âmes charitables qui me donneraient et qui diraient dans leur cœur : « Puisque Jésus est mort pour le sauver, il faut bien que je lui donne au moins quelque aumône, pour honorer la mémoire du Sauveur qui a donné son sang pour lui » ? Et je vous voyais en esprit, tous, passer devant moi ; et, considérant le petit nombre de ceux qui avaient pitié de moi, je me disais à moi-même : Voilà des chrétiens qui croient que Jésus a donné sa vie, son sang pour eux, et eux, au souvenir de sa passion, ne veulent pas donner quelque chose à un de ses membres souffrants ou plutôt à Jésus lui-même, puisqu’il dit que donner au pauvre, c’est donner à Jésus lui-même ».

Le père Chevrier en arrive alors à sa conclusion :

« Ah ! je connais bien des misères et il est douloureux pour un prêtre de ne pouvoir les soulager. Je donnerai tout ce que j'ai. Je comprends qu'il est doux d'être pauvre avec Jésus qui n'avait pas une pierre pour reposer sa tête et qui n'avait pour lit qu'une croix. Donnez-moi, ô doux Sauveur, le bonheur de vous ressembler et de vivre comme vous me l'inspirez.

Voilà, mes frères, comment je comprends la religion. Je ne sais pas si je me trompe, mais si je me trompe, je n'ai rien à risquer, car j'ai pour moi les saints qui nous ont devancés, les martyrs qui ont donné leur sang, les saints [qui] se sont sacrifiés pour Dieu et leur prochain. En lisant la vie des saints, je n’en ai pas trouvé un qui n’ait fait le sacrifice de ses biens, de son argent, de son corps, pour le donner à Dieu et au prochain. J’ai vu des saints qui se sont vendus jusqu’à trois fois par charité par amour pour le prochain, pour rendre service à leurs frères ; des saints qui préféraient rester en prison, endurer des tortures plutôt que de manquer à la charité […] Ah ! [ils] comprenaient la vertu, ces chrétiens ! Ils comprenaient la religion, ces chrétiens ! Mais, de nos jours, on ne la comprend pas !

Où êtes-vous donc, âmes fidèles, âmes généreuses, âmes vraiment chrétiennes qui désirez vivre vraiment de cette vie de sacrifice, d'abnégation, de renoncement, qui voulez nous donner de grands exemples de vertu, qui cherchez à aimer Dieu par-dessus toutes choses, qui voulez vous consacrer à lui, où êtes-vous ? […] Ah ! si le bon Dieu inspire à quelqu’un d’ici  ces grands actes de dévouement, de courage, de vertu, de renoncement, de charité, ah ! qu’il obéisse à cette sainte pensée de la grâce ! Il faut des vertus ! Si Dieu vous inspirait le courage de vous consacrer au soin des malheureux, à l'instruction de tant de pauvres enfants qui languissent dans ces ateliers et qui ne reçoivent aucun aliment spirituel ; s'il vous inspirait le goût de panser les plaies, de garder les infirmes, d'aller chercher le pain des pauvres, de vous consacrer à cela par dévouement, en vue de Dieu, par humilité, par imitation de Jésus qui a lavé les pieds à ses apôtres, quelle belle œuvre ! Que de mérites pour vous ! Ah ! suivez ces saintes inspirations ! Obéissez à la voix de Dieu ! »

Sur un autre feuillet, joint à ce sermon, Antoine Chevrier avait écrit, préalablement sans doute à la rédaction de sa prédication, une amorce de méditation du verset 16 du chapitre 5 de l’épître aux Galates, ainsi rédigée : « In Spiritu ambulate. Conduisez-vous selon l’Esprit de Dieu ». Voilà, mes frères, une parole qui renferme un grand sens et que l’apôtre saint Paul cherche à expliquer à ses disciples, en les reprenant de leur conduite extérieure, les réprimandant des divisions qui s’élevaient parmi eux et les invitant à marcher tous dans le même esprit de l’Evangile qu’il leur avait annoncé. Ayant tous reçu le même baptême, participant tous au même sacrement, ayant tous le même Evangile, tendant tous au même but, nous devrions tous avoir le même esprit, qui devrait tous nous animer, nous conduire et nous éclairer. Quel est cet esprit qui doit nous animer et que saint Paul recommande aux fidèles ? C’est cet esprit de foi, cette vie intérieure, cette vie surnaturelle qui doit être le principe de toutes les actions du chrétien, sans laquelle tout est sans fruit pour lui ».

Sur ce même feuillet, se lit aussi l'ébauche d'une autre finale, inachevée celle-là, mais qui ne manque pas de souffle :

« Voilà, mes frères, la religion. Voilà comment je comprends la religion et, en tout cela, je ne vous dis que ce que dit l'Evangile. Je ne vous dis que ce qu'ont fait les saints. Je sais bien que les saints ont passé pour des exaltés, des fous, des insensés. Et il faut qu'il en soit ainsi, parce que rien n'est plus opposé que Dieu et le monde. Les sentiments de Dieu étant entièrement opposés à ceux du monde, il faut que monde y trouve sa condamnation et il se juge lui-même quand il appelle insensés les serviteurs de Dieu. Et de nos jours surtout où les esprits sont blasés, [où] on trouve si peu de vertu, on ne peut que s'attendre... Efforçons-nous donc d’accomplir ces devoirs de la religion ».

Le père Chevrier a-t-il réellement prononcé toutes ces paroles vigoureuses devant les bons paroissiens de Saint-André ? On peut se le demander. Il est certain en tout cas que telles étaient les idées qui le hantaient à ce moment-là.

Dans les textes cités ci-dessus passe quelque chose du feu qui le brûle depuis sa rencontre avec le Christ Sauveur. La tiédeur, l’assoupissement du peuple chrétien lui est devenu insupportable. Comme pour saint Paul écrivant aux Galates, il lui semble qu’on a dénaturé l’Evangile en l’accommodant cette fois à la médiocrité du grand nombre. Dieu, répète-t-il, dans sa sainteté et son amour pour tous, est mal honoré et « mal servi » de ceux qui devraient être ses serviteurs. Les pauvres, dont il a touché de près la misère depuis qu’il est prêtre dans ces quartiers de la Guillotière, et dont il a perçu avec intensité les besoins, sont eux aussi mal servis : il y aurait tant à faire pour eux et avec eux !

Dans cette société qui a besoin d’être régénérée, de renaître, l’appel entendu par le futur fondateur du Prado, c’est celui de revenir à l’esprit des commencements. L’esprit de l’Evangile. L’esprit du Christ. L’esprit qui a animé les premiers apôtres et, après eux, tant de saints.

Mais pour s’engager et marcher dans cette vie selon l’Evangile, il va falloir oser sortir de l’ordinaire, pratiquer les vertus évangéliques, pauvreté et sacrifice, jusqu’à la démesure, ne pas avoir peur de souffrir, ne prendre pour règle de vie, dans ses entreprises, que les inspirations de l’Esprit Saint, et non plus, comme il l’avait fait jusqu’alors, les manières de faire habituelles du monde, y compris celles de la société ecclésiastique à laquelle il appartenait.

Comme Ignace de Loyola dans les débuts de sa conversion, disant : « Les saints l’ont fait : pourquoi ne le ferai-je pas ? », Antoine Chevrier va trouver dans l’exemple des saints, les martyrs, saint François d’Assise, saint François Régis, la force de marcher à contre-courant.

Cet appel, Antoine Chevrier l’entend d’abord pour lui, sous la forme notamment d’un appel à se faire « pauvre avec Jésus qui n'avait pas une pierre pour reposer sa tête et qui n'avait pour lit qu'une croix ». « Donnez-moi, demande-t-il dans sa prière, le bonheur de vous ressembler et de vivre comme vous me l'inspirez ».

Mais cet appel a aussi, dans sa source même, une dimension et une portée ecclésiale. Seul, que pourra-t-il faire ? Il est conscient que Dieu peut adresser ce même appel à d’autres personnes, hommes ou femmes, prêtres ou laïcs. Il lui paraît donc être de son devoir, pour le bien des pauvres, de le relayer jusque dans sa prédication. Son plus profond désir, en effet, serait que d’autres entendent cet appel de Dieu et de ses pauvres, et qu’ils y répondent. « Trouverait-on dix âmes animées de cet esprit ? dix âmes animées de l'esprit de Dieu ? Si elles existaient, je voudrais avoir ces dix âmes, et avec ces dix âmes convertir tout un peuple ! »

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