Jésus a tracé à ses disciples une voie de salut qui conduit au Royaume de Dieu, son Évangile, vrai salut de l’humanité pour tous les humains

Publié le par Michel Durand

Joseph Moingt

Joseph Moingt

Depuis une semaine je lis l’Évangile sauvera l’Église, de Joseph Moingt. Dans le contexte du confinement pandémique et des manifestations de catholiques des beaux quartiers urbains (tendance versaillaise), je trouve les conférences du célèbre théologien jésuite pleines d’actualité.

Pour plus d’information à ce propos lire ce qu’a publié le quotidien La Croix :

- Des catholiques se mobilisent pour la reprise des messes publiques

- Mobilisation pour la reprise des messes publiques, les raisons d’un clivage

 

Sur l’Évangile sauvera l’Église, j’invite à lire un article de Silvana Bassetti que j’ai trouvé sur le site des jésuites de Suisse romande. Venir ici.

 

J’ai rencontré Joseph Moingt pour la première fois dans les années 1980 avec les aumôneries étudiantes. Aumôniers et étudiants étaient invités à une session théologique dont je ne me souviens plus du thème. J’ai le souvenir que Joseph Moingt devait tenir une conférence d’une heure et qu’il y aurait ensuite un échange avec les participants. Deux heures après le théologien parlait encore et quand on cherchait à l’interrompre, il répondait : « je n’ai pas fini, j’ai encore d’importantes choses à dire ». Oui, le théologien s’exprimait avec minutie. Il développait toutes les phases de sa réflexion selon un rigoureux processus scientifique. Et je me demandais : « comment peut-on être aussi bavard ? » Ce qu’il dit est certes important ; mais il y a un programme à respecter, des gens souhaitent s’exprimer ! Bref, je n’étais pas très content de ce cet envahissent de la parole par un seul orateur. J’ai le souvenir de ce malaise, l’échange avec la salle n’a pu avoir lieu, que les organisateurs semblent ne pas avoir ressenti. L’important était d’avoir écouté « le maître ». Il faut dire que, n’ayant pas encore entendu parlé de Joseph Moingt à cette époque, je ne devais pas être au point pour apprécier l’importance ce son intervention théologique au milieu des étudiants des aumôneries catholiques.

Ce n’est que 30 ans plus tard que j’ai pris le temps de lire ses copieux ouvrages où je retrouve ce que j’avais ressenti pendant cette conférence. Chaque partie de la réflexion est présentée dans le détail ; rien n’est oublié du développement de la pensée. Comment est-ce possible de parler avec autant de détail et de minutie ? D’où vient le charisme d’une parole si abondante où tout est minutieusement dit, exprimé, commenté, argumenté. Le nombre de pages publiées par ce théologien ne peut qu’être dans l’abondance. En un mot, un homme bavard à l’oral comme a l’écrit.

Or, dans ce que je lis actuellement, c’est cela qui me plait. Je me laisse porter par ses développements et j’entre plus facilement que jadis dans sa pensée. Surtout qu’il dit toujours la même chose que cela soit dans le style scientifique de la théologie ou dans l’exposé plus libre d’une conférence-causerie. Du reste, je suis content de vous indiquer ce site où vous pouvez le voir et entendre ses dernières prises de parole. Le théologien n’a pas disparu, mais c’est l’homme de la vie ordinaire de l’Église qui s’exprime.

 

Alors, disons-le carrément, aujourd’hui j’éprouve un immense plaisir à lire ses écrits. La joie de revoir d’importante page de la théologie et de son histoire. Bonheur de relire et relire que l’Évangile est annoncé et vécu pour le bien de toute l’humanité et que les laïcs demeurent les premiers disciples missionnaires de cette annonce. Béatitude du Royaume. Alfred Ancel dans sa proximité avec le Père ne peut que se réjouir d’entendre de telles paroles.

Dans ses réponses aux questions de l’auditoire, Joseph Moingt insiste sur l’importance de la parole des laïcs : si les chrétiens attendent que les évêques leur donnent la parole, cela ne se fera jamais…

 

 

 

 

 

Alors je me questionne. Les fidèles laïcs prennent-ils la parole pour que « la messe » soit dite ou pour que l’Évangile soit pratiqué ?

 

Joseph Moingt, ÉGLISE, ÉVANGILE ET SALUT DU MONDE - p. 59 (2013) : 

« Jésus, en effet, n'avait pas manqué de tracer à ses disciples une voie de salut, celle qui les conduirait au Royaume de Dieu : son Évangile, Bonne Nouvelle en ce qu'elle leur annonçait le salut qui venait à eux, le vrai salut de l'humanité, un salut facilement accessible à tous les hommes, qui ne consistait pas à détruire quelque chose de leur patrimoine pour en faire don à Dieu, mais à se comporter en hommes véritables, à s'aider mutuellement à vivre leur vie humaine et à croître en humanité, à se porter secours les uns aux autres, à se faire les serviteurs les uns des autres, à s'aimer comme des frères, et d'abord à se pardonner les offenses dont ils se rendent coupables les uns envers les autres, à effacer réciproquement leurs dettes. Le point spécifique, proprement inouï, de ce programme de salut que Jésus enseignait de la part de Dieu, c'est que Dieu ne réclamait rien pour lui-même, ni don coûteux ni honneur prestigieux ni réparation des fautes commises à son égard, rien d'autre que d'avoir souci les uns des autres comme Dieu est perpétuellement en souci de nous, car Dieu aime les hommes, même ceux qui ne lui obéissent pas, il veut que nous soyons pleinement vivants, il ne nous demande rien que de s'aimer comme il nous aime. Dans cet enseignement du salut, Dieu se révélait tout autre que les hommes le concevaient et autre même que la tradition religieuse d'Israël ne l'avait compris : il ne cherchait pas à dominer les hommes, à leur imposer ses ordres, à recevoir les hommages d'un peuple qui lui appartiendrait en propre, il se révélait comme un père, le Père commun de tous les hommes et il attendait d'eux que tous se tiennent mutuellement pour frères les uns des autres ».

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