Cathédrales : livre d'histoire de l'art

Publié le par Michel Durand

À l'époque de Constantin, plus exactement tout le siècle qui suivit l'édit de Tolérance, un artiste qui voulait du travail avait tout intérêt à se faire connaître des notables chrétiens et des communautés chrétiennes que l'Empereur dotait d'immenses bâtiments généralement conçus comme des basiliques judiciaires parce que le culte des disciples du Christ doit contenir tous les fidèles. Quand, le responsable de la communauté, l'évêque (épiscope), siège dans cet édifice, celui-ci porte le nom de cathédrale, du nom du siège de l'évêque (cathèdre).

 

 

 

 

Je viens de recevoir l'ouvrage de Mathieu Lours, « Dictionnaire des cathédrales » et je voudrais vous en dire quelques mots.

Dans ce livre, pratique comme tout dictionnaire, en 440 pages environ, l'auteur donne l'essentiel à savoir quand on souhaite faire une visite rapide du lieu où célèbre l'évêque d'un diocèse. Les nombreuses photos, la plupart de Patrice Yakan, montrent, mieux que ne ferait une description écrite, l'art du lieu.

Mathieu Lours, agrégé et docteur en histoire, ne se contente pas de décrire les cathédrales historiques. Il indique celles qui ne jouent plus cette fonction, comme par exemple, Saint-Paul-Trois-Chateaux, capitale de l'ancien diocèse du Tricastin et les églises qui sont devenues cathédrale suite à la création d'un nouveau diocèse, ainsi à Saint-Étienne dans la Loire, église Saint-Charles-Borromée devenue cathédrale en 1972. Il signale également la réorganisation des provinces ecclésiastiques qui « permit de promouvoir au rang archiépiscopal des capitales régionales jusqu'alors simples sièges épiscopaux comme Montpellier ou Clermont-Ferrand, leurs cathédrales devenant basiliques métropolitaines.

Mais ce qui me semble vraiment utile dans ce dictionnaire, c'est que l'on peut rapidement découvrir comment « les arts ont servi à traduire des réalités spirituelles et comment la forme de la cathédrale a été sans cesse modelée pour s'adapter à son temps ». J'aimerais que ceux et celles, qui au nom de la tradition, voudraient que l'on en revienne au Concile de Trente, lisent ces pages. « Dans le contexte actuel de transformation du rapport au sacré et à la pratique religeuse, les cathédrales constituent plus que jamais les lieux où les arts et la mémoire peuvent servir de substrat à une identité non seulement culturelle, mais aussi spirituelle ». Ce dictionnaire donne de la matière pour positionner le culte chrétien par rapport à la culture et à l'expression spirituelle des époques concernées. « Témoins de l'histoire de France, les cathédrales sont aussi un spectaculaire raccourci de l'Histoire de l'art : des vestiges de l'Antiquité tardive jusqu'aux expressions artistiques les plus contemporaines, elles n'ont pas cessé d'être le croisement ente l'esprit, l'art et la pierre » ;

On y découvre ainsi le grand défi actuel dû à la réforme liturgique de la fin du XXe siècle. « L'autel est désormais avancé pour permettre la célébration face aux fidèles, alors que l'ambon est davantage mis en valeur (le tabernacle étant place dans une chapelle appropriée)... Il s'agit d'un retour à l'ancien usage catholique, qui perdura toujours dans certaines basiliques comme Saint-Pierre de Rome ».




Mathieu Lours, Dictionnaire des Cathédrales, Patrimoine, Éditions Jean-Paul Gisserot. 2008



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