Jésus fait comprendre que l’important est la relation entre le Père et le fils. L’Amour de cette relation appartient au père et au fils

Publié le par Michel Durand

Michel Ciry, le retour du fils prodigue

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- L’arrivée du peuple de Dieu en Terre Promise et la célébration de la Pâque (Jos 5, 9a.10-12)

- Goûtez et voyez comme est bon le Seigneur ! (cf. Ps 33, 9a)

- Dieu nous a réconciliés avec lui par le Christ (2 Co 5, 17-21)

- Ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie (Lc 15, 1-3.11-32)

 

Regardons principalement l’Évangile.

Ce que nous venons d’entendre se situe à l’intérieur des rapports de Jésus avec les pharisiens et les scribes, hommes de loi. Essayons de voir ce que l’auteur, Luc reprenant les paroles du Christ, veut communiquer.

  • Qui sera sauvé ?
  • Qui aura la vie éternelle ?

Aujourd’hui des sectes chrétiennes estiment que, pour être sauvé, il n’y a qu’une possibilité : entrer dans leur groupe. Et pour cela, il faut refaire chez eux le baptême, en tant qu’adulte avec une totale immersion. Hors de notre Église, proclame-t-il, pas de salut. Les pharisiens et les scribes de l’Évangile appartiennent à cette mentalité religieuse exclusive. Ainsi, seul un homme fidèle à la Loi mérite attention. Manger avec un pécheur, être même simplement en sa compagnie est une faute qui empêche d’être sauvé par Dieu. N’oublions pas que jadis, l’Église catholique entretenait de tels propos.

Convaincus de leur étroit bon droit -  ils sont des religieux très pieux qui suivent les lois et vont au temple pour la prière - scribes et pharisiens ne peuvent qu’être irrités de voir Jésus adresser la parole à des collecteurs d’impôts, des pécheurs qui ne respectent ni les lois ni les pratiques cultuelles de leur religion. Agissant ainsi, Jésus devient infidèle, impur, dangereux au point qu’il faut soit l’exclure de la communauté, soit le tuer. Ce que Jésus fait et dit est intolérable : un blasphème affirme des croyants sûrs de leur foi et de leur attachement à la parole de Dieu.

 

Pour se faire comprendre dans un climat de si grande hostilité, Jésus pratique la parabole.

Au chapitre 15 de Luc, il y a trois paraboles. Celle de la brebis retrouvée, de la pièce retrouvée, du fils retrouvé. Ce que le Père, le maître, avait perdu, il l’a retrouvé. Alors sa joie est grande. L’alliance qui avait été rompue grâce à sa bonté paternelle est rétablie. Cette parabole, propre à Luc, comporte deux parties fortement liées entre elles par le personnage central du père et par son attitude généreuse.

Voici la finale de la première partie :

« Car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie; il était perdu, et il est retrouvé.’ Et ils commencèrent la fête ».

Finale de la deuxième partie

« Il fallait bien festoyer et se réjouir ; car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie; il était perdu, et il est retrouvé ».

Cette conclusion exprime la leçon essentielle de la parabole ; elle invite les pharisiens à entrer dans la joie de Dieu : avoir le cœur aussi large que le sien dans l’accueil des pécheurs qui reviennent à lui.

Nous connaissons le regard de François : « Je préfère une Église accidentée, blessée, ensanglantée, à cause d’une sortie dans les rues, plutôt qu’une Église malade à cause de la fermeture et la commodité de s’accrocher à ses propres sécurités » (EG 49). 

 

Il conviendrait maintenant de reprendre l’ensemble de la parabole. Mais nous la connaissons bien. Alors je me concentre sur la fin avec le fils aîné. Apprenant les motifs de la fête, il entre en colère. Lui, il a été fidèle à son père. Il a travaillé sans arrêt aux champs pour enrichir le patrimoine. Cela a été dur et il n’y a pas eu de fête pour lui, tandis que son frère a gaspillé tout l’héritage dans une vie de débauche. Maintenant, son frère revient et il retrouve son statut de fils. Il reprend une place égale qui va lui donner la possibilité d’un nouveau partage de l’héritage. La part du premier fils en sera ainsi diminuée. Où est la justice ?

La personne pieuse et pratiquante serait-elle moins récompensée par Dieu que le pécheur qui se convertit ?

À son fils révolté le Père affirme :

toi, tu es toujours avec moi et tout ce qui est à moi est à toi. 

Ainsi, Jésus veut faire comprendre que l’important est la relation entre le Père et le fils. L’amour qui anime cette relation appartient aux deux, au père et au fils. Autrement dit, dans cette catéchèse, nous voyons que Dieu n’est pas le comptable qui écrit dans le grand livre les péchés des hommes. Il est Amour et fait Alliance. Dieu donne et accueille inconditionnellement toute personne qui dit oui à cette relation d’amour. C’est le pardon. Le don au-dessus de la faute.

Ce qui compte, c’est le lien d’amour, la vie aimante.

Il était mort à cette vie de l’intimité du père avec son fils. Il est revenu.

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