L'unanimité rencontrée par N. Hulot au Vatican est insuffisante pour mobiliser les communautés catholiques face au dérèglement climatique

Publié le par Michel Durand

la dernière Assemblée plénière des évêques de France à Lourdes, en novembre, n'a commenté d'aucune manière les conclusions inquiétantes du 5e rapport du Giec.

 

vignette-climate-change-201.jpg

Publication du Volume 1 du 5e Rapport d’évaluation du GIEC

 

Demain, en présence de responsables de l’Antenne sociale de Lyon (Semaines sociales de France) rencontre des participants du laboratoire : Quelle société volons-nous ? En lisant  les textes qui firent proposés, textes qui datent déjà (voir ici), je me demande si le jour viendra où les communautés chrétiennes seront aptes à se glisser dans de nouveaux modes de vie, avec la marque de la sobriété. On court toujours après une croissance qui n’est plus, ne pourra plus être. Afin d’éviter le mot « décroissance » on disserte sur la « croissance molle ».

Le quotidien La Croix donne la parole à Dominique LANG. Une page à lire pour situer la question d’une Société autre à l’intérieur de l’Institution Eglise Catholique.

Pas de vacances pour Monsieur Hulot.

 « Un carrefour de la mondialisation » !

En présentant ainsi la ville de Rome à Nicolas Hulot, Bruno Joubert, l'ambassadeur français près le Saint-Siège, soulignait tout le potentiel de sa visite, du 21 au 22 novembre. Une visite qu'il n'a pas effectuée cependant avec sa casquette d'ancien présentateur vedette de la télévision, ni même de président de sa Fondation environnementaliste. C'est comme envoyé spécial du gouvernement français, chargé de préparer le sommet international sur le climat qui se déroulera à Paris en décembre 2015, qu'il s'est présenté aux portes du Vatican. Depuis plusieurs mois en effet, l'homme s'est remis à parcourir la planète. Mais cette fois, pour mobiliser sur un plan plus politique les consciences des acteurs mondiaux face aux défis climatiques en cours.

Plusieurs rencontres avec des prélats romains ont ainsi eu lieu. À chaque fois, les échanges ont confirmé que, du côté du Vatican, la réalité du dérèglement climatique n'était plus sujet à débat: Michel Roy, secrétaire général de Caritas, et Mgr Mamberti, secrétaire pour les relations avec les États, connaissent suffisamment bien le terrain pour constater l'aggravation de certains phénomènes naturels qui touchent d'abord les populations les plus pauvres.

Sur le plan scientifique, c'est Mgr Sorondo qui a apporté les gages de cette conviction. Le prélat argentin, chancelier de l'Académie pontificale des sciences, a la bonhomie des Sud-Américains et compense ainsi avec jovialité son français parfois approximatif. « Au sein de l'Académie qui rassemble des experts mondiaux, dont plusieurs prix Nobel, la cause anthropique de ce dérèglement a été validée par tous. Nous avons même contribué à l'émergence du concept d'ère “anthropocène”. » Pas étonnant, puisque Paul Crutzen, prix Nobel de chimie et membre de l'Académie, est l'un des militants les plus actifs de cette appellation qui souligne l'impact sans précédent des activités humaines sur le devenir global de la planète.

Cependant, même au sein du Vatican, l'expertise scientifique ne met jamais complètement fin aux débats. Faut-il rappeler, par exemple, que le cardinal Pell, membre du groupe des huit cardinaux conseillers du pape, est d'un climato-scepticisme revendiqué? Si le prélat australien a toujours souligné qu'il s'exprimait sur ce sujet en son nom personnel, sa parole compte cependant dans son pays, où la limitation des émissions de CO2 ne semble plus être à l'ordre du jour. D'autant que le cardinal a un vrai savoir-faire médiatique, sur des sujets souvent polémiques, comme l'a montré le truculent débat télévisé qu'il avait mené avec le darwiniste et athée militant Richard Dawkins, dans lequel, à force de bons mots, il emporta rapidement les faveurs du public.

Ainsi, il n'est pas bien sûr que l'unanimité apparente des responsables du Vatican rencontrés par Nicolas Hulot soit suffisante pour mobiliser les communautés catholiques face au dérèglement climatique en cours. Il pourra d'ailleurs le vérifier aussi en France. La conférence des évêques catholiques avance avec une grande prudence sur cette question climatique. Ainsi, la dernière Assemblée plénière des évêques de France à Lourdes, en novembre, n'a commenté d'aucune manière les conclusions inquiétantes du 5e rapport du Giec. Or, il y a un an à peine, cette même assemblée publiait un document appelant à la mobilisation active des communautés chrétiennes face aux défis environnementaux. Nicolas Hulot n'a pas fini de faire le tour du monde. 

 

Retrouvez sur le site du magazine Pèlerin (pelerin.com), le récit de cette visite, et dans le numéro du 28 novembre un entretien avec Nicolas Hulot.

LANG Dominique

Commenter cet article