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  • : Michel Durand
  • enmanquedeglise
  • : Homme
  • : 31/01/1942
  • : France Lyon
  • : Je suis prêtre de l'Eglise catholique. Après avoir travaillé comme serveur de restaurant tout en étant au service d'une paroisse, je fus nommé en aumônerie étudiante. Là, je me suis beaucoup intéressés à l'art contemporain tout en enseignant l'iconographie chrétienne. Cela m'a donné l'occasion, dans le cadre des loisirs culturels, d'organiser de nombreuses expositions. Avec des amis, nous avons ouvert une galerie d'art dans le Vieux-Lyon, Confluences - 20 années de présence. Ces activités […]

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Dimanche 20 avril 2008
Jean-Baptiste Ruelle, rencontré sur internet, publie le texte ci-dessous que je trouve utile pour éclairer le poids des révoltes que connaissent les pays tiraillés par la faim. L'incapacité des pays riches à établir un juste commerce ne fait que pousser les révoltés à venir chez eux. Je relis ces évènements récents (voir ce blogue au 17/04/08) en me disant que la décroissance économique des pays industrialisés ne peut que servir la sortie des autres de la misère et de la faim.

Les biocarburants, moteur de la faim?

5 mars 2008


Avec le pétrole installé au-dessus des 100 dollars le baril, les partisans des biocarburants bénéficient d'une conjoncture très favorable pour faire progresser leur cause. Les initiatives fleurissent un peu partout, l'Amérique et l'Europe rivalisant de volontarisme pour faire de ces biocarburants (qu'il faudrait en fait appeler agro-carburants pour éviter toute confusion) une piste crédible pour réduire notre dépendance au méchant pétrole fossile.
Je ne rentrerai pas dans la virulente (mais très technique) polémique sur le bilan énergétique des biocarburants dont certains affirment qu'il est globalement négatif (ce qui serait un comble). Les biocarburants sont aussi accusés d'être le cheval de Troie des OGM (qui deviendraient de ce fait acceptables, puisque non-destinés à la consommation humaine). Il y a aussi le débat (à la mode mais récent et discutable) sur les possibles bienfaits des biocarburants contre le réchauffement climatique.
Cependant, tout cela parait un peu dérisoire, tant les vrais enjeux sont ailleurs. En effet, la très probable montée en puissance des biocarburants va avoir un impact fantastique sur l'économie mondiale dans les années qui viennent.
Pour comprendre les forces en jeu, il faut d'abord faire un petit tour par nos assiettes. On a beau s'empiffrer, chacun a une capacité d'absorption somme toute limitée. De fait, la demande en produits alimentaires est donc inélastique.
Cette particularité a eu une conséquence importante sur le secteur agro-alimentaire. Lorsque les rendements agricoles se sont envolés en Europe dans les années 70, on s'est rapidement trouvé avec des surplus qu'on ne pouvait plus écouler sur nos marchés domestiques (les Etats-Unis ont été confrontés encore plus tôt au même problème).
Face à cette demande inélastique, l'industrie agricole s'est donc tournée vers l'exportation. Ces énormes surplus ont nourri une baisse tendancielle des prix sur les marchés mondiaux. Dans les années 80, il a donc fallu lourdement subventionner les agriculteurs (via la PAC en Europe) pour compenser les prix trop bas, ce qui était assez paradoxale pour une industrie qui s'était par ailleurs illustrée par des gains de productivité époustouflants.
Depuis les années 2000, le décor a radicalement changé. La population mondiale s'est fortement accrue, mettant sous pression une révolution verte qui tend aussi à s'épuiser (notamment à cause de problèmes hydriques). En conséquence, les cours des matières premières agricoles explosent, à la plus grande joie des agriculteurs européens.
Et voilà qu'en parallèle, grâce à la divine montée du baril de brut, les biocarburants deviennent enfin rentables. La tentation est forte de spécialiser une partie de ces terres cultivables vers ce nouvel eldorado. Emmené par le Brésil et l'Indonésie, on assiste à la ruée des pays du sud (où par ailleurs les rendements des biocarburants y sont de loin les meilleurs) en mal de devises vers ce nouvel or vert.
Ce redéploiement accéléré vers une production non alimentaire va nourrir mécaniquement les tensions sur les prix des matières premières agricoles. Pour faire court. les moteurs des pays riches se retrouvent soudains en concurrence avec les ventres des pays pauvres. Vu les forces en présence. il n'y a besoin d'être très clairvoyant pour imaginer qui aura la part du lion.
Pour l'Europe et les Etats-Unis, cette redistribution des cartes procure une double aubaine irrésistible. Non seulement ils diversifient leurs approvisionnements en carburants, en limitant leurs achats de pétrole fossile à des régimes hostiles. Mais en plus, de par leur production alimentaire structurellement excédentaire, ils sont les grands bénéficiaires de la montée des prix agricoles. Face à de telles opportunités stratégico-économiques, il est à craindre que les considérations humanitaires ne pèsent pas lourds dans la balance.


Les biocarburants, moteur de la faim ? : le Blog de Jean-Baptiste Rudelle

par Michel Durand publié dans : Politique communauté : Christianisme
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Dimanche 20 avril 2008

Vite sur le site de Saint-Polycape






par Michel Durand publié dans : Eglise communauté : Christianisme
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Samedi 19 avril 2008

Au rythme du soleil

Cette année, très vite, pour mon traditionnel mois de janvier, mois sabbatique où je m'efforce de tout mettre en vacances, j'ai trouvé le rythme qui me convient.

Prière avec les psaumes et le Nouveau Testament : le matin, à midi, avant le repas du soir et avant le sommeil.

Lecture le matin : 3 heures

Promenade en touriste l'après-midi, un jour sur deux ou trois ou rencontre de personnes du pays ; sinon, lecture, écriture, dont pas mal de « matières » pour « en manque d'Église ».

Repas à 13 h et à 20 h.

En soirée, lecture de romans.

Voilà l'emploi du temps, le règlement personnel. Bien sûr, ces horaires peuvent varier, mais en gros, c'est cela.

Ce règlement m'est venu spontanément au cours de mes divers séjours au Sahara. Les nuits d'hiver sont longues, froides. Le maximum de choses est possible en extérieure pendant que le soleil chauffe, c'est-à-dire entre 10 h et 17h. Le jour, il fait plus chaud dehors que dedans. Les maisons restent froides.

Vivre en plein air et recevoir toute la vie du soleil.

Toutes les journées se ressemblent et c'est heureux, car cela empêche de se poser la question : qu'est-ce que, aujourd'hui, je souhaite faire ?

Autrement dit, pour ne pas tourner en rond (glander), un emploi du temps est nécessaire. Il est le parapluie de l'ennui. Ennui que je ne connais plus depuis déjà plusieurs années sahariennes en janvier ; mais je dois reconnaître qu'il n'en fut pas toujours ainsi. Vivre un temps de désert, au propre et au figuré, demande un apprentissage.

Lecture

L'axe de mes lectures est, cette année orienté par la recherche sur la pauvreté volontaire. J'essaye de creuser les questions que me posent les objecteurs de croissance. Du reste, la lecture de ce blogue en est le reflet. Je souhaite, à titre très personnel faire le point sur l'appel à la pauvreté évangélique, appel adressé à toute l'Église auquel j'ai souscrit dans la ligne d'Antoine Chevrier, fondateur du Prado : suivre Jésus-Christ dans sa pauvreté. « Le suivre, lui qui, de riche s'est fait pauvre pour nous enrichir de sa richesse ». « Ne retenant pas le rang qui l'égalait à Dieu, il est devenu l'un des nôtres, jusque dans l'esclavage pour nous conduire dans la gloire divine » (Lire St Paul, St Irénée...).

Il me semble que l'an passé je m'étais orienté dans cette même direction en reprenant ce qu'écrivait un des premiers disciples d'Antoine Chevrier. De mémoire, j'en donne l'orientation : à défaut de réussir à annoncer l'Évangile au monde et de lui apporter le salut, qu'au moins je fasse mon propre salut en me rendant au monastère.

Me sanctifier !

Tâche égoïste d'un mois sabbatique dont je ne pourrais plus me passer. Un mois de solitude bienfaisante.

Le luxe du calme

Il est honnête de souligner que cette année 2008 je bénéficie d'un luxe complet : en plus de la tranquillité : électricité, eau chaude, jardin, terrasse, le tout dans la maison d'été de la famille d'un voisin, l'ibadite, de la rue Leynaud à Lyon.

M'Zab

Situé au fond de la palmeraie de Béni Isguen, ce jardin, clos de hauts murs, offre tout le confort d'une retraite monastique. Ermitage.

Grand calme, espace adéquat pour bien respiré au rythme de la contemplation, hors des regards coupés par les murs. Seuls quelques oiseaux et le vent dans les palmes agitent le silence. Le luxe, quoi ! Je ne peux le cacher. Un luxe qui incite à la tempérance dans la consommation de ce qui n'est plus, par choix, à portée de mains.

Sans s'ennuyer

Parmi les critères d'une vie bien remplie et réussie, je place généralement en premier celui-ci : ne pas s'ennuyer en ne faisant rien. Ne pas connaître l'ennui alors qu'il n'y a vraiment plus rien à faire.

À la lecture de mon emploi du temps, à sa nécessité même, vous devinez que cet objectif est loin d'être atteint. En effet, dans mes journées, la lecture prend toujours beaucoup de place. Témoignage, théologie, spiritualité. Une fois qu'un sujet, ou un chapitre est terminé, assimilé intellectuellement, j'aimerais bien le reprendre dans une méditation suivie de contemplation : vision simple d'une pensée unique. À l'instar des carmes et carmélites , des disciples de Charles de Foucault et aussi d'Antoine Chevrier, j'aimerais pouvoir prolonger les lectures, pieuses ou savantes, par une de repos absolu : laisser à Dieu le temps de me parler au travers de ce que je viens de découvrir, grâce aux textes lus. Une fois de plus je le dis, c'est rare si je tiens plus d'une demi-heure dans le silence complet de la contemplation. L'heure de méditation communautaire du Carmel de Mazille (deux fois par jour me semble-t-il) demeure un objectif non atteignable par moi. Il me faut reprendre la lecture, l'écriture pour chasser la distraction, voire la rêverie.

Hors du rêve

Paresse et rêverie me semblent être les deux obstacles majeurs d'une vie d'ermite, même quand cela dure à peine un mois.

Une chose pourtant demeure certaine, c'est que pendant ce temps de vacances, ma lampe se recharge véritablement. Référence à Antoine Chevrier qui partait à la campagne (Saint-Fons, Tour-du-Pin, Limonest) pour recharger sa lampe.

Disant cela, une autre question. Aurais-je mauvaise conscience de choisir, en hiver, des contrées ensoleillées, donc lointaines ? Peut-être.

Que dans le silence de la prière, l'Esprit de Dieu me façonne. Il semble ne jamais être trop tard.


par Michel Durand publié dans : écrit de Béni Isguen communauté : Christianisme
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Vendredi 18 avril 2008

Christiane, en octobre 2007, me donna pour mon jardin sur le toit, un petit brin de trèfle. Minuscule.

Elle me dit : « Enfin, il faudra attendre l'année prochaine ».

Je ne savais quoi faire de ce trèfle à trois feuilles ; il semblait se terminer par une graine, minuscule. Je pose tout dans la terre d'un pot de fleurs.

L'hiver passa.

Le trèfle était oublié. Où l'avais-je mis ?

Un matin, regardant, grâce à un timide soleil, mon jardin sur le toit  - un toit si peu fiable qu'on y a mis des bâches de plastique  vert retenu par des baguettes de bois pour le rendre étanche - je vis une touffe d'herbes. Miracle de l'enfouissement dans la terre. C'est certainement ici que j'avais déposé le minuscule brin de trèfle. Il s'est multiplié en milliers de brins. Comment a-t-il pu faire ?

Je ne savais pas qu'il pouvait ainsi se répandre.

Puis, plus tard, des fleurs sont apparues.


J'ignorais qu'un trèfle fleurissait. De belles fleurs mauves.

Disparition.

Apparition.


Nouvelle vie en abondance.

Pâque.

 
par Michel Durand publié dans : Art communauté : Christianisme
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Jeudi 17 avril 2008

Certains économistes affirment que la croissance des pays développés apporte le développement des pays pauvres. Je me rappelle que Gilbert Blardone (Croissance des Jeunes Nations), dans les années 70-80 expliquait que plus la taille du gâteau est grande, plus existe la possibilité de partager.

Or, lui disais-je : « je ne vois pas ce partage ; les pays riches augmentent leur richesse et gardent tout pour eux. Si un commerce équilibré ne se met pas en place, le Sud rencontrera l'énergie de la guerre ».

« Ventre affamé n'a point d'oreilles ».

La Fontaine, je crois. Qui peut entendre, dans la détresse, les discours lénifiants ?

L'économisme que nous connaissons enferme les pauvres dans leur pauvreté. Il n'est pas possible que leur dignité n'apporte pas quelques réveils. Je suis inquiet devant cette montée de violence provoquée par le désespoir de la faim.

 

La colère des pauvres du monde entier


14 avril 2008
LCR, Convergences révolutionnaires
Les hausses de prix des produits alimentaires frappent de plein fouet les pays pauvres de la planète. Sur les marchés de Côte d'Ivoire ou d'Haïti, le prix du riz a été multiplié par deux ou par trois. Blé, maïs, huile, haricots, tous les produits sont touchés par ces hausses vertigineuses. Une envolée des prix, qui s'ajoutant à celle des prix du pétrole, est en train d'affamer des centaines de millions de personnes sur la planète dans des dizaines de pays. Dans ces pays, les prix des aliments de base ont connu une hausse de 40 % en un an. L'ONU qui a établi une liste de 37 pays confrontés à une « crise alimentaire », prévoit dans une note que « 1,2 milliard d'êtres humains pourraient avoir chroniquement faim d'ici à 2025 ».

Acculés à la faim, les pauvres de ces pays se sont révoltés ces derniers jours. Grèves et manifestations en Egypte, émeutes en Haïti et en Côte-d'Ivoire, manifestations au Sénégal, au Burkina Faso, au Cameroun... Ce sont partout les mêmes images de ces habitants des bidonvilles tiraillés par la faim, de ces femmes qui descendent dans la rue pour réclamer de quoi nourrir leurs enfants, aux cris de « On a faim ! ». C'est la révolte de ceux qui savent bien que les produits ne manquent pas puisque les habitants des quartiers riches les ont. Mais ils sont à des prix devenus inaccessibles ! Leurs demandes n'ont comme seule réponse que la répression des manifestations : à Haïti, où on compte déjà cinq morts, le premier ministre a été remplacé, mais les protestations continuent.

Troubles politiques à cause de la faim


La baguette à tout prix ? Retour sur les émeutes liées au prix du pain

Révoltes de la faim : Pour des mesures urgentes et un changement de politique
 
par Michel Durand publié dans : Politique communauté : Christianisme
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