Face à la nécessaire route vers l'inconnu, j'opte pour l'élan mystique vers le Ressuscité que j’estime plus raisonnable que tout autre réalité

Publié le par Michel Durand

Le cep et les sarments. pour porter des fruits, il importe d'être lié au cep. “Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi, et en qui je demeure, celui-là donne beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire .”  Jean 15, 5Le cep et les sarments. pour porter des fruits, il importe d'être lié au cep. “Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi, et en qui je demeure, celui-là donne beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire .”  Jean 15, 5

Le cep et les sarments. pour porter des fruits, il importe d'être lié au cep. “Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi, et en qui je demeure, celui-là donne beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire .” Jean 15, 5

Source de l'illustration  et aussi ici

 

J’observe qu’il m’arrive souvent de parler d’élan mystique. Qu’est-ce que cela veut dire ?

J’expérimente que nous devons sans cesse nous convertir afin de trouver, retrouver la force de l’Évangile. J’estime que, pour devenir attrayante à l’égard du monde, l’Église doit sans cesse profondément se modifier. Elle doit sortir d’elle même, se rendre proche de tous, partager la vie de celles et ceux qui sont loin du Christ, de Dieu.

À vue purement humaine, cela est impossible. Seules peuvent accepter cette conversion radicale ceux et celles qui sont durablement encrés en Christ.

Pour cet attachement au Créateur - être le sarment relié au cep- il faut un élan interne que j’appelle élan mystique. En 2009, pour le groupe Chrétien et pic de pétrole, en ce sens, j’ai rédigé ceci :

 

Le message du Christ, appel impératif de partage et de sobriété

 

Sous le joug de l'ultralibéralisme économique, la machine s'est emballée. Elle est devenue incontrôlable. Toutes les approches scientifiques, toujours nécessaires et indispensables, ne produisent pas les effets escomptés. C'est pourquoi je pense à l'importance d'un saut dans l'inconnu. Une attitude mystique - dans la mesure toutefois où les pieds demeurent bien ancrés sur terre - s'avère indispensable pour inverser la vapeur.

Je m'explique sur le mot « mystique » : nous connaissons le message du Christ et beaucoup peuvent penser qu'il n'est pas utile de reprendre ce qui se dit, de siècle en siècle, à propos de la pauvreté selon l'Évangile. S'il ne s'agit que de rappeler une leçon, je suis d'accord avec eux, mais il est question de beaucoup plus.

Lire, relire l'Évangile ne peut se faire sans que toute la personne se sache engagée par cette connaissance. Se mettre à la suite du Christ, c'est se faire volontairement pauvre (et non misérable). La conversion de son propre mode de vie en sera la conséquence. Conversion, révolution. Il y a un inéluctable appel à la sobriété à tenir.

 

La pauvreté dans les Évangiles, à partir d'Antoine Chevrier

Sans retracer sur ce point toute l'histoire de la Révélation et de son développement théologique, il me semble important de pointer quelques aspects de la vie du Christ pauvre et appelant à la pauvreté. Non pour une lecture savante - bien que celle-ci ne soit pas à négliger - mais pour une approche existentielle dans le sens où je vois dans le Christ le modèle de l'humanité. Il est le signe, le sacrement, mot pris dans son sens fort de « mystère » d'un art de vivre à imiter. Non qu'il s'agisse de copier littéralement ses faits et gestes, mais d'en revêtir l'Esprit afin de devenir, à sa suite, le moteur capable de franchir et de faire franchir les frontières dressées par l'économisme contre les hommes.

Dans ce regard du Christ pauvre, je me laisse guider par la méditation d'Antoine Chevrier. Le fondateur du Prado1 écrit que « la pauvreté est le premier exemple que Jésus Christ nous donne en entrant dans le monde ». Il en donne un saisissant condensé :

« Il a voulu être pauvre,

il a choisi des parents pauvres,

il est né comme un pauvre,

la pauvreté a été son caractère distinctif.

Il s'est mis au rang des pauvres,

il se plaisait avec les pauvres,

il a vécu comme un pauvre,

il a travaillé comme un pauvre,

il a souffert comme un pauvre,

il a été méprisé comme un pauvre,

il était sans asile comme un pauvre,

Il s'est conduit comme un pauvre,

il s'est abaissé comme un pauvre,

il a eu faim comme un pauvre,

il a eu soif comme un pauvre,

il a été nu comme un pauvre,

il a été délaissé comme un pauvre,

il est mort comme un pauvre.

Et tout cela, par amour pour la pauvreté,

par obéissance à son Père et par amour pour nous. »

 

Il a voulu être pauvre. « Il », c'est le Verbe divin. Saint Paul parle de « Jésus Christ qui, pour vous, de riche qu'il était, s'est fait pauvre, pour vous enrichir de sa pauvreté ». (II Co 8, 9).

Il a choisi des parents pauvres. La petitesse de son origine fut un obstacle à l'acceptation de son message prophétique. Que peut-il sortir de bon de Nazareth, pauvre petit pays de Galilée ? (Jn 1, 45). Les Juifs le méprisaient à cause de cela et disaient : « N'est-ce pas lui le fils du charpentier ? Marie n'est-elle pas sa mère ? Jacques, Joseph, Simon et Jude ne sont-ils pas ses frères ? Et ses sœurs ne vivent-elles pas toutes parmi nous ? D'où a-t-il donc tout ce pouvoir ? » Et cela les empêchait de croire en lui.

Il est né comme un pauvre. Le jour de sa naissance, en chemin, pendant un recensement, il n'y avait point de place pour ses parents dans l'hôtellerie (Lc 2,7), et la famille se réfugia dans un abri pour animaux. Les bergers trouvent « un petit enfant enveloppé de langes et couché dans une crèche » (Lc 2, 10-12). La crèche, rappelons-le, est une mangeoire pour animaux. Les « bergers des champs » qui viennent saluer le nouveau-né sont différents des « bergers sédentaires ». Ils n'ont pas le droit à la parole dans un tribunal où leur témoignage est nul et non avenu. Ils sont écartés des lieux saints suite à leur excommunication ; ce sont a priori des nomades voleurs. Ainsi, « les gens bien comme il faut » ne peuvent négocier avec eux en leur achetant de la laine, du lait, des brebis, etc. Le mariage d'un sédentaire avec ces pauvres nomades est interdit. Enfin, si un berger est en danger de mort, s'il se noie, on n'a pas le droit de le secourir car, étant dans cette condition de « hors-la-loi », de « sans papiers », il ne peut que subir le châtiment de Dieu.

Or, c'est au milieu d'eux que Jésus arrive.

Il s'est mis au rang des pauvres... Il a vécu comme un pauvre, c'est-à-dire, comme toute personne simple.

N'oublions pas que pauvre ne signifie pas misérable et que nous ne pouvons pas donner à ce mot un unique sens économique. Seulement, l'homme, dans cette condition de vie simple, n'est pas honoré comme un riche, n'est pas obéi comme un prince. Sa parole n'est pas crédible.

Il a souffert comme un pauvre reprend la prière du psalmiste : «Je suis pauvre et souffrant » (Ps.70,30), souffrant de n'être pas reçu par les siens : « Il est venu dans son propre pays, mais les siens ne l'ont pas accueilli » (Jn 1,11). Souffrant de ne pas être écouté. Jésus va de village en village. Il ne s'installe nulle part. À un maître de la Loi qui lui dit : « Maître, je te suivrai partout où tu iras. » Jésus lui répondit : « Les renards ont des terriers et les oiseaux ont des nids, mais le Fils de l'homme n'a pas un endroit où il puisse se coucher et se reposer » (Mt 8, 19-20).

Il veut être au milieu de nous comme celui qui sert. Aussi, pour donner l'exemple, il lave les pieds à ses apôtres (Jn 13,5).

Il a eu faim comme un pauvre, Il a eu soif comme un pauvre. Tout au long des Évangiles nous notons que Jésus connut la faim, la soif. Après son jeûne au désert (Mt. 4,2), un matin en cours de route : « Tandis qu'il revenait en ville, Jésus eut faim » ; il souhaitait manger des figues (Mt 21,18). Ou encore : « Ses disciples avaient faim ; ils se mirent à cueillir des épis et à en manger les grains » (Mt 12,1) Nous connaissons l'épisode du dialogue avec la Samaritaine dont le point de départ était le besoin de boire : « Donne-moi à boire » (Jn 4,6-7). Il y a aussi ce cri ; sur la croix, il dit : « J'ai soif. »

Il est mort comme un pauvre. N'oublions pas que celui qui est mort comme un pauvre, c'est Dieu lui-même. Mystère de l'Incarnation. Dieu qui vient parmi nous pour, par sa pauvreté, nous partager sa divinité.

Jésus ne se contente pas de vivre simplement ; il invite à partager ce mode de vie. Nous devons être détachés de toutes choses. Si on te demande la chemise, donner aussi le manteau (Mt 5, 40). L'évangéliste Luc écrit : « Ainsi donc, ajouta Jésus, aucun de vous ne peut être mon disciple s'il ne renonce pas à tout ce qu'il possède » (Lc 14, 33). Cela va très loin : « Si tu veux être parfait, répond Jésus à un jeune homme riche, va vendre tout ce que tu possèdes et donne l'argent aux pauvres, alors tu auras des richesses dans les cieux ; puis viens et suis-moi » (Mt 19, 21 ; Mc 10, 21). En effet, « personne ne peut servir deux maîtres : ou bien il haïra le premier et aimera le second ; ou bien il s'attachera au premier et méprisera le second. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l'argent » (Mt.6, 24). Dans cet abandon des biens de la terre, il n'y a aucun risque car Dieu se charge de nourrir et de vêtir ceux qui travaillent pour lui : « Voilà pourquoi je vous dis : ne vous inquiétez pas au sujet de la nourriture et de la boisson dont vous avez besoin pour vivre, ou au sujet des vêtements dont vous avez besoin pour votre corps. » (Lc 22, 35).

Je ne peux pas, dans le cadre de cet article, être plus long. J'espère avoir éveillé le désir de relire les Évangiles dans cette perspective de souligner tous les passages où l'on voit Jésus parler du choix qu'il a fait, ou accepté, d'une vie de pauvreté personnelle.

Une dernière choses cependant : pourquoi cette pauvreté, cette vie simple et sobre ? Tout simplement parce que là est la clef du bonheur. Le bonheur est attaché à la véritable pauvreté : « Jésus regarda alors ses disciples et dit : « heureux, vous qui êtes pauvres, car le Royaume de Dieu est à vous ! » (Lc 6, 20).

 

Qui est le pauvre dans la Bible ?

J'emploie le mot « pauvre ». Je pourrais tout aussi bien parler des « hommes (humains) ». Pauvres et hommes ne sont-ils pas, la plupart du temps, synonymes ? Signifier que le Christ est missionné par Dieu auprès des pauvres, c'est s'assurer qu'en rencontrant les plus petits de l'humanité, personne ne sera oublié. En commençant par les plus humbles, on est certain d'atteindre tout le monde.

Approfondissons le mot « pauvre ». Le sens de ce mot, son usage, n'est pas le même dans la Bible que dans notre ambiance économique. La littérature biblique utilise divers mots pour désigner le pauvre. C'est d'abord l'indigent naïf, crédule : ras, mais aussi le maigre ou le chétif, un vagabond, un gueux : dal, ou le mendiant inassouvi, un ventre creux : ébyon, enfin, un homme abaissé et affligé, un humble misérable : ani, anaw, pluriel anawim. La pauvreté des anawim revêt également un caractère spirituel : les pauvres de Yahvé.

Dans notre vocabulaire français, le mot « pauvre » ne s'est jamais complètement détaché de sa racine latine. Le pauper est quelqu'un qui a peu. La pauvreté s'oppose à l'abondance et se caractérise par l'insuffisance. Le point de vue de base est essentiellement quantitatif. Quand nous parlons des pauvres, nous envisageons spontanément une situation économique déficiente.

En hébreu ou en araméen, l'optique est sensiblement différente. Les passages bibliques que nous avons précédemment évoqués se rattachent à la pauvreté telle que Isaïe 61 en parle :

« Le Seigneur Dieu me remplit de son Esprit, car il m'a consacré et m'a donné pour mission d'apporter aux pauvres une bonne nouvelle, et de prendre soin des désespérés ; de proclamer aux déportés qu'ils seront libres désormais et de dire aux prisonniers que leurs chaînes vont tomber; d'annoncer l'année où le Seigneur montrera sa faveur à son peuple, le jour où notre Dieu prendra sa revanche sur ses ennemis ; d'apporter un réconfort à ceux qui sont en deuil. [...] On dira en parlant de vous : « Les serviteurs de notre Dieu ». Vous pourrez profiter de la fortune des nations et faire étalage de leurs richesses. Vous avez souffert le déshonneur, et même deux fois plutôt qu'une. Votre lot était l'humiliation, les gens crachaient sur vous, dit le Seigneur. C'est pourquoi, en compensation, vous recevrez double part dans le pays de ces gens-là, et vous vivrez dès lors dans une joie éternelle. [...] Je vous donnerai donc un vrai dédommagement et je m'engagerai envers vous solennellement et pour toujours. » Dans ce texte, il s'agit des anawim, proches parents eux-mêmes des aniyyim.

Il existe en effet deux termes en hébreu qui ont une signification très proche l'une de l'autre et qui servent à désigner la personne pauvre : 'anaw, humble, pauvre, et 'anî (pauvre, misérable). Ces deux termes proviennent d'une forme verbale dont le sens est « être plié, être courbé » et par extension « être pauvre, être misérable, être opprimé ». Quoi qu'il en soit de la différence existant entre ces deux termes - pauvreté spirituelle et humilité dans le cas de 'anaw, pauvreté matérielle et misère dans celui de 'anî - les exégètes sont plutôt portés à assimiler les deux termes. L'humble et le pauvre sont des personnes vivant une situation d'abaissement, voire d'oppression, d'assujettissement. Le pauvre est quelqu'un dont les capacités, la force ou la valeur se trouvent diminuées de manière actuelle ou permanente. Point n'est besoin d'être dans la misère économique pour être pauvre. Le malade, l'opprimé, le prisonnier sont eux, aussi, considérés comme des pauvres. Tous ces gens vivant une détresse humaine sont courbés sous le poids des conditions de vie et des événements.

Dans les textes bibliques, et en particulier chez les prophètes, le pauvre est souvent placé aux côtés d'autres personnes qui sont victimes de l'injustice sociale et ne jouissent pas de leurs pleins droits, tels la veuve, l'orphelin, l'étranger, l'affamé, le sans-abri et l'opprimé.

Même si la faiblesse économique est sans aucun doute impliquée dans la situation de ces « pauvres », l'attention ne se porte pas directement sur l'aspect économique. L'Israélite considère surtout l'aspect social. Le « pauvre » est d'abord un homme qui n'a pas les moyens de faire respecter ses droits ; faute de pouvoir se défendre, il en est réduit à se courber devant les puissants.

Il convient d'ajouter que, dans certains contextes, ces termes prennent une coloration religieuse. En face de ses oppresseurs orgueilleux et impies, le « pauvre », repensons au texte d'Isaïe, apparaît comme un homme humble et soumis, qui met toute sa confiance en Dieu et attend de lui son secours. Il obtiendra de lui la libération.

 

Bienheureux les pauvres… et l’Église ?

Pour terminer, relisons les textes des Béatitudes (Lc 6, 20-21). Dans cette Parole, relatée par Matthieu et Luc, Jésus ne parle pas seulement de la Bonne Nouvelle qu'il doit annoncer aux pauvres, il dit que les pauvres (anaw/anawim, ani/aniyyim) sont eux-mêmes la Bonne Nouvelle : « Heureux ceux qui se savent pauvres en eux-mêmes, car le Royaume des cieux est à eux ! » Traduction concrète et typique du message dont Jésus est chargé, les Béatitudes nous sont parvenues sous deux formes sensiblement différentes, plus ou moins adaptées aux besoins de la catéchèse chrétienne :

« Heureux les pauvres, car le Royaume de Dieu est à eux !

Heureux les affligés, car ils seront consolés !

Heureux ceux qui ont faim, car ils seront rassasiés ! »

Un encouragement à être pauvre soi-même : ani, anaw. Ainsi devrait être toute l'Église, c'est-à-dire l'ensemble des baptisés.

La mission de l'Église n'est autre que le prolongement de l'unique mission de Jésus sous la conduite de l'Esprit-Saint. Elle en assure la présence permanente dans le monde. S'il est vrai que l'annonce de la Bonne Nouvelle aux pauvres a été la garantie la plus sûre donnée par Jésus pour permettre à ses contemporains de le reconnaître comme l'envoyé de Dieu, il ne saurait en être autrement pour l'Église : c'est par sa sollicitude à évangéliser les pauvres qu'elle doit offrir au monde d'aujourd'hui le signe permettant de reconnaître que sa mission continue celle du Christ. C'est à ce signe-là très précisément que le Monde doit savoir que le Christ est venu d'auprès de Dieu et qu'il reste présent et agissant dans l'Église.

Et comment annoncer le Christ aux pauvres, sans être pauvre soi-même, sans vivre avec eux, au milieu d'eux, voir même, tout simplement, au milieu des hommes et des femmes de ce temps ?

 

Conclusion

Ma conclusion sera une exhortation : que nous comprenions l'appel de tous à la pauvreté. Non à la misère, mais à la vie sobre, simple selon l'Évangile.

Vu la mentalité qui nous porte, vu les pressions de ladite culture de « progrès », une telle conversion vers un autre mode de vie, celui que tracent les objecteurs de croissance, paraît impensable, inconcevable. C'est justement pour une prise de conscience de cette « irréalisable utopie » que je me tourne vers le Christ. Lui seul peut nous tourner vers la bonne route à prendre et nous maintenir sur le juste chemin. Le raisonnable le concerne moins que la folie du bonheur impérissable. Dans ce contexte, je dis alors que ma réflexion est plus mystique que rationnelle ou scientifique. J'exprime le désir de me tourner vers le Christ afin, dans un acte de foi d'obtenir de lui, la force d'une conversion. Le mot grec, metanoia, signifie que l'on change radicalement de direction. Avant d'être contraint par les événements, il nous faut choisir en toute liberté le mode de vie adéquat qui respecte la terre et tous ses habitants. Cette dimension horizontale se complète, dans la vision du Ressuscité, par l'espérance de la plénitude de l'Amour infini et éternel. Le but de l'existence : une vie mesurée sur terre pour bénéficier d'une existence harmonieuse et une démesure de la grâce divine, ce que l'Évangile désigne avec l'image du Royaume.

L'acte de foi dont je parle n'est pas absurde. Nous avançons tous et toujours en étant impulsé par des actes de foi. Autrement dit, la foi au Ressuscité est-elle plus niaise que la foi en une science supposée apportée des réponses aux attentes matérielles des hommes ? La foi au dieu argent, au progrès, à la technique est-elle plus solide que la foi en un Dieu amour universel ? Devant cette tension vers l'inconnu, j'opte pour l'élan mystique vers le Ressuscité, car je le sens beaucoup plus raisonnable que tout autre. De riche qu'il était, il s'est fait pauvre pour nous enrichir de sa divinité, l'Amour des hommes et tout ce qui vit et se trouve dans le cosmos. Une belle, bonne et juste fraternité familiale.

 

 

1 Le Véritable Disciple, édition de 1968, pp. 407-sq.

 

 

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