Les chochottes des Bernardins

Publié le par Michel Durand

J’ai déjà écrit pour dire mon admiration des propositions à Paris du centre culturel des Bernardins, plus habituellement désigné du nom de Collège des Bernardins ou encore d’Ecole cathédrale, Institut privé d’enseignement supérieur. Il y a de l’audace dans leur initiative depuis l’alliance d’une architecture cistercienne avec des matériaux contemporains. Et les moyens financiers sont apparemment assumés en permanence pour maintenir la présence de l’Eglise au monde d’aujourd’hui. Cela va des expositions d’art contemporain (en son sens académique) aux conférences sur des sujets actuels en passant par des invitations à prendre des repas en silence. Le journal La Croix, écrit : « Le Collège des Bernardins a proposé avec succès à une cinquantaine de cadres parisiens de partager un repas méditatif avec huit carmes ».

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Ma jalousie était d’autant plus grande – pourquoi n’arrive-t-on pas à faire la même chose à Lyon , – qu’en fait, je ne connais pas ce lieu. Je ne l’ai jamais visité. J’écris : « était ».

En effet, cet été, à plusieurs reprises, j’ai rencontré des Parisiens me dire tout leur étonnement face à mon admiration. « C’est le dernier lieu à la mode où il est de bon ton de se montrer. C’est très tendance, totalement chochotte ».

Ne comprenant pas ce mot dans ses résonances actuelles, je me précipite sur Google et je lis : « bêcheuse, chichiteuse, mijaurée, snob ». « Personne qui fait des manières ». Dans mon enfance, il me semble que l’on employait ce mot pour parler d’un garçon douillet qui avait peur, par exemple de se baigner dans l’eau trop froide de la rivière.

Effectivement, désormais je comprends le qualificatif de chochotte à propos des salons parisiens où il faut « lever le petit doigt » en buvant sa tasse de thé. Avec ce mot, il faut entendre aujourd’hui ce qui nous signifions dans mes 20 ans avec : « c’est très Marie-Chantal ».

On me commente : « les Bernardins avec leur programmation ne peuvent être qu’un espace fermé au monde populaire. L’élite financière peut s’y retrouver sans crainte. Elle sera à l’aise dans cette atmosphère ouatée où le raffinement est de rigueur. Un peuple sélectionné qui ne sera jamais toute l’Eglise.

Si les programmes et le style des conférences du Parvis des Gentils m’avaient scandalisé n’est-ce pas à cause de ce caractère « chochotte » ?

Tant d’argent, tant de sélection,... des repas privés sur carton d’invitation.

Restons entre nous ! Une frontière culturelle, sociale protège du multiculturel des banlieues. C’est quand aux Bernardins un festival multiculturel type Seine-Saint–Denis ?


Publié dans Eglise

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