L’art des catacombes, art joyeux et coloré, évoquant le Paradis, est un art funéraire dont la mort est absente. On pense à l’immortalité. La Vie.
TOUS LES SAINTS
« Voici une foule immense que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, tribus, peuples et langues » (Ap 7, 2-4.9-14)
Voici le peuple de ceux qui cherchent ta face, Seigneur. (cf. Ps 23, 6)
« Nous verrons Dieu tel qu’il est » (1 Jn 3, 1-3)
« Réjouissez-vous, soyez dans l'allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux ! » (Mt 5, 1-12a)
Pour cette fête de la Toussaint j’évoque les peintures des catacombes, dans la ligne des fleurs que nous avons l’habitude de porter au cimetière pour honorer les défunts de nos familles. Ces fleurs par leur beauté et fraîcheur symbolisent l’éternelle vie des disciples du Christ. Oui, dans les sépultures souterraines des premiers siècles du christianisme, notamment à Rome, la fête des saints est permanente. Fleurs, paysages, oiseaux, figures de grande légèreté, où les « saints », les chrétiens sanctifiés par Dieu grâce au Christ, se déplacent tels des oiseaux dans l’espace d’une liberté infinie.
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L’orant est très souvent représenté auprès du Bon Pasteur. Il s’agit, généralement, du défunt qui adresse au Christ une prière. Mais, dans cette représentation de l’orant, on peut voir aussi une autre interprétation. S’il n’est pas accompagné d’un nom propre, l’orant n’est pas nécessairement une personne précise. Il représente l’Église en prière, comme la brebis qui, parce que suivant le Bon Pasteur, représente à elle seule, toute l’Église.
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Autrement dit, l’orant, intimement lié au Bon Pasteur, exprime clairement l’Église. Il figure l’union des fidèles dans la communion des saints. Il signifie la foi des disciples du Christ en une vie nouvelle. On peut aussi relever par ses images les vœux que les chrétiens formulent en faveur des défunts. Ils prient les saints du ciel pour que ceux-ci assistent les vivants. Dans cette perspective, on voit des saints introduire au ciel des défunts. Les saints du ciel accompagnent les saints de la terre vers le paradis. « Saint » étant, avant tout, synonyme de chrétien, de disciple du Christ, de racheté par le Christ : justifié par le Sauveur universel.
Alors, l’art des catacombes, art joyeux et coloré, évoquant le Paradis, est un art funéraire dont la mort est absente. On pense à l’immortalité ; les artistes créent des images qui se dressent contre la mort. Le grand message de cet art des premiers chrétiens est une démonstration éclatante, une preuve que grâce au Christ la mort est vaincue. L’art funéraire des premiers chrétiens est un art joyeux.
Au IIIe siècle, saint Cyprien parlait en ces termes de la mort et du Royaume des cieux, je cite :
« Nous ne devons pas pleurer nos frères que l’appel du Seigneur a retirés de ce monde, puisque nous savons qu’ils ne sont pas perdus, mais partis avant nous. (...) Nous devons donc les envier au lieu de les pleurer, et ne pas nous vêtir ici-bas de sombres vêtements alors qu’ils ont revêtu là-haut des robes blanches ».
Lorsque nous mourrons, nous passons par la mort à l’immortalité ; et la vie éternelle ne peut être donnée que si nous sortons de ce monde. (...)
Aspirons, mes frères, au jour qui doit assigner à chacun sa vraie demeure et qui, après nous avoir arrachés à ce monde et libérés de ses pièges, nous rendra au paradis et au Royaume. Quel voyageur lointain n’aurait hâte de rentrer dans sa patrie ? Quel navigateur pressé de revoir les siens ne souhaiterait avec ardeur qu’un vent favorable lui permît d’embrasser plus vite ceux qui lui sont chers ? Notre patrie, c’est le ciel.”
Regardons cette reproduction de peinture dans les catacombes.
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Les plafonds et les murs sont divisés en compartiments par un système de lignes droites et de courbes. Des figures “gaies”, gracieuses et attachantes apparaissent.
On voit des orants, Jonas sauvé des eaux largement mis en valeur.
Ces décors sont choisis pour signifier le témoignage d’une communauté disant simplement sa foi. Autrement dit, le christianisme naissant est un chant au Christ-vie. Tout exprime le salut réalisé par le Christ sur cette terre, confirmé par l’Église, achevé au ciel.
1/ saint Cyprien, Traité sur la mort, 20-22.26, PL 4, 596-597.601-602 ; cit. Lectures chrétiennes pour notre temps, abbaye d’Orval, Belgique, 1972
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