Ce jour, François manifeste que sa vie est en communion avec elle du Seigneur, désormais il peut exprimer son amour pour Dieu sans entraves

Publié le par Michel Durand

Antoine Chevrier avec Marie Boisson, bas relief de Philippe Durent, chapelle de N. D. de Fourvière, Lyon

Antoine Chevrier avec Marie Boisson, bas relief de Philippe Durent, chapelle de N. D. de Fourvière, Lyon

La mort de saint François d'Assise par Giotto!   Une fresque de Giotto dans la Capella Bardi de la basilique Santa Croce, Piazza di Santa Croce, 16, Florence, Italie

La mort de saint François d'Assise par Giotto! Une fresque de Giotto dans la Capella Bardi de la basilique Santa Croce, Piazza di Santa Croce, 16, Florence, Italie

Un merci chaleureux à Alain, laïc des fraternité franciscaines, qui m’a communiqué ce texte « transitus » que je ne peux que faire mien en pensant à Antoine Chevrier que nous fêtons cette fin de semaine (2, 3 et 4 octobre). L’engagement franciscain du fondateur de l’œuvre du Prado. À la suite du Christ.

 

Transitus

  Depuis notre naissance nous avons expérimenté beaucoup de passages, d’un jour à l’autre, d’une année à l’autre, d’une étape à l’autre, d’une conversion à l’autre, d’une rencontre à l’autre, d’un lieu à l’autre.  Mais il y a des passages, des transitus plus ou moins marquants.

Le 3 octobre au soir nous fêtons la pâque de François, son passage, son transitus, de la vie incarnée à la vie éternelle, du visible à l’invisible. Durant une bonne partie de sa vie, il n’avait eu qu’un désir, suivre Jésus en mettant en pratique sa Parole. Pour cela il a renoncé à tous ses biens, à ses ambitions sociales, à son goût du pouvoir et de l’argent. « Mon Dieu et mon tout » c’était une de ses prières où il exprimait son choix de vivre en communion avec celui qui est « tout bien, sans qui n’est aucun bien » ! Tous les jours il s’efforçait de vivre en phase avec ce que Jésus nous donne à voir et à comprendre dans l’Evangile. Ces choix vont progressivement transformer sa manière de vivre et d’être au monde. Le rayonnement de l’amour qui l’habitait et de la simplicité qui colorait ses gestes et ses paroles attiraient des compagnons. A son exemple, ils voulaient à leur tour se mettre à l’école de Jésus et vivre en frères les uns des autres. Avec eux il va organiser sa vie toute tournée vers le Père du ciel, mais aussi vers les frères que le Seigneur lui avait donnés. Cette forme de vie a touché et continue de toucher beaucoup de monde.

C’est dans ce même mouvement que, sachant sa mort proche, il va décider d’en faire une célébration et non la subir avec tristesse. Il ne craint pas le passage, bien au contraire. Dans la dernière strophe de son cantique il parle de sœur la mort corporelle. Comme frère soleil, sœur lune et toutes les créatures, la mort chante la louange du Seigneur c’est elle qui nous introduit à la résurrection, elle est la porte qui nous permet d’accéder à la communion totale et définitive avec le Père. Au début de sa conversion, François avait reçu des frères et des sœurs du Seigneur pour apprendre à vivre la fraternité dans la pauvreté. Pour cela il s’était dépouillé de sa volonté propre pour faire celle de Jésus, pour vivre en communion avec lui. Arrivé au terme de sa vie il choisit de se dépouiller de tout ce qui lui reste ; Il demande à être déposé nu sur la terre nue, pour partir, libéré de tout, en communion plénière avec Jésus qui lui aussi avait été dépossédé de ses vêtements. Dépouillé de tout il pouvait, avec Jésus, donner sa vie par amour, à commencer par ses frères, mais aussi avec toutes les créatures.

Habité par la joie d’être en communion avec Jésus, il console ses frères en leur redisant son amour fraternel et en les exhortant, de son cœur de père, à aimer Dieu et à vivre l’évangile fidèlement. Puis il va, chacun à son tour, « bénir les frères présents et avec eux tous les frères vivants et tous ceux qui devaient venir après eux jusqu’à la fin des siècles » (2C 215). Son cœur était rempli de joie parce qu’il allait vers son bien-aimé. Ce Dieu qu’il avait suivi et désiré toute sa vie, il allait enfin le rencontrer !  Sœur la mort lui offrait de terminer sa vie terrestre comme une apothéose pour aller libre et confiant à la rencontre de son « maitre ».

La célébration du Transitus est donc pour nous un moment précieux où nous recevons la bénédiction de François en sachant qu’il restera toujours à nos côtés pour nous encourager à suivre Jésus, en nous montrant ce qui est le secret de notre vie : l’amour infini du Père qui nous est donné chaque jour pour que nous puissions aimer comme Jésus aimait, donner comme Jésus donnait, pardonner comme Jésus pardonnait, accueillir comme Jésus accueillait !

La célébration de sa mort pour François est le fruit de toute sa vie. Elle est l’occasion de se rapprocher un peu plus de Jésus, de vivre le dernier acte de l’Evangile qu’il avait choisi de vivre, sans glose.  Le message n’est pas triste, c’est la vie qui est célébrée, une vie dans l’amour infini de Dieu. Une vie qui s’est construite et qui s’épanouit dans la perspective d’une fraternité universelle enracinée dans le pardon et la paix partagée en Dieu, la simplicité lumineuse et la louange permanente. Par cette célébration, François manifeste que sa vie est en communion avec elle du Seigneur, désormais il pourra exprimer son amour pour Dieu sans entraves. Désormais il pourra diffuser le désir de fraternité sans les limites du temps, de l’espace et du péché. Désormais, de tout son cœur, il pourra rayonner l’amour infini du père auprès de ses frères et de tous les hommes de bonne volonté. Désormais son humanité miséricordieuse rejoint celle de Jésus pour donner au monde un avenir plein de confiance et de lumière, de fraternité et de bonté…

Loué sois-tu Seigneur pour saint François qui nous rappelle que la vraie vie ne s’épanouit que dans l’amour reçu et donné, dans la fraternité qui respecte et rassemble !

Fr Jo Coz

25/09/26

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