Léon XIV : c’est dommage que le lien n’ait pas été explicite entre nos façons de combler nos vides intérieurs, nos modes de vie et la planète

Publié le par Michel Durand

Marche pour le climat et la justice sociale sur la place de la République, à Paris, le samedi 26 septembre 2026. Bruno Levesque / IP3 PRESS/MaxPPP

Marche pour le climat et la justice sociale sur la place de la République, à Paris, le samedi 26 septembre 2026. Bruno Levesque / IP3 PRESS/MaxPPP

 

Source de la photo et de l'article 

Depuis ce mois d’août 2026, je dois admettre qu’il y a un réel changement d’attitude vis-à-vis de ce blogue. Moins de textes personnels. Moins de lecteurs. Aujourd’hui, suite à ma participation à la marche pour le climat et à mon attention à la visite de Léon XIV, je me sens en accord avec cette page du quotidien La Croix. J’ai eu un sentiment semblable avec les paroles dites sur les reliques, la sainte tunique du Christ (tunique d’Argentueil). J’y reviendrais.

 

 

Entre les marches pour le climat et la visite du pape en France, une occasion manquée

 

Par Angélique Vallez. Publié le 28 septembre 2026

 

Les chrétiens écolos ont été déçus que le pape Léon XIV n’évoque pas la sauvegarde du vivant lors de la messe place de la Concorde, qui se tenait, hasard du calendrier, le même jour que les marches pour le climat du 26 septembre.

 

Choisir, c’est renoncer. Pour les catholiques français engagés pour le climat, le 26 septembre posait un dilemme : assister à la messe du pape à Paris, ou participer aux marches pour le climat ? Ils n’ont finalement renoncé à rien. « Le trait d’union s’est fait », se réjouit Laura Morosini, directrice Europe du mouvement Laudato si’, qui en courant un peu a pu être présente aux deux événements.

« Il fallait qu’on soit des deux côtés car on a un double rôle, rappeler aux chrétiens que la sauvegarde de la création n’est pas un devoir secondaire et informer que l’Église est partie prenante de la lutte pour la sauvegarde du vivant. » Restait à savoir si le pape lui aussi jetterait un pont entre les deux rendez-vous.

 

En attente d’un pont entre les deux événements

Partout en France, 260 mobilisations ou marches « pour le climat, pour le vivant, pour la paix, pour la justice sociale » ont été répertoriées, réunissant plusieurs milliers de personnes, au lendemain d’un été record en termes de sécheresse, canicules et incendies en France.

 

Comme depuis onze ans, un cortège d’associations religieuses était dans les principales marches. « Ça reste marginal à côté des 600 000 personnes qui s’étaient inscrites pour voir le pape à Paris », regrette Martin Kopp, théologien écologique et protestant.

Place de la Concorde, à Paris, ils étaient 200 membres de Chrétiens unis pour la Terre, Lutte et contemplation ou du mouvement Laudato si’. Sur leur banderole, une phrase tirée de l’encyclique Laudato si’ du pape François : « La crise écologique est un appel à une profonde conversion intérieure. » Leur idée était d’être visibles, pour appeler l’assemblée à une conversion écologique : tous avaient revêtu des tuniques en toile de jute, comme les convertis de la grande ville de Ninive dans le texte de Jonas, et certains ont mis sur leur visage des cendres, ramassées une semaine plus tôt dans la forêt de Fontainebleau. Place de la République et ailleurs en France, les cortèges chrétiens avaient quant à eux choisi les mots de Léon XIV : « Dieu nous demandera si nous avons cultivé et pris soin du monde qu’il a créé… Quelle sera notre réponse ? »

 

Une impasse dans l’homélie, pas dans tous ses discours

Mais dans son homélie de samedi, pas vraiment de message sur le sujet, alors que les textes choisis étaient ceux du temps pour la Création. « On attendait un mot du pape, c’est dommage que le lien n’ait pas été explicite entre nos façons de combler nos vides intérieurs, nos modes de vie et la planète : c’est une occasion manquée », estime Gilbert Landais, président de l’association Chrétiens unis pour la Terre. Même impasse au Stade de France devant les jeunes de 17 à 35 ans qu’il avait réunis. « J’ai tendu l’oreille, mais ça n’a pas été plus relevé que ça », regrette également Florence Denier-Pasquier, adhérente d’honneur de France Nature Environnement.

Le pape n’a pas complètement évité le sujet, abordé devant les diplomates à l’Unesco, où il a cité Laudato si’ et la symbolique de la tour de Babel. Léon XIV a parlé de sobriété en creux, cependant pour Florence Denier-Pasquier, le pont n’a pas été fait. « Il est passé un peu à côté du sujet climat dans les grands événements populaires, c’est une petite déception. » Choisir c’est renoncer. Le pape a choisi devant qui parler du climat.

 

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