Les lois d’Europe visant à marginaliser l’étranger semblent relever d’un égoïsme pervers pouvant m’habiter, s’il ne m’habite pas de fait

Publié le par Michel Durand

  • Mardi 27 Août
  • retraite annuelle à la maison du Prado, centre spirituelle Saint-André.
  • J’ai commencé ma journée en écoutant aux informations de France-inter que le délit de solidarité, qui fut aboli par l’actuel gouvernement de gauche, refaisait surface.

     

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    Léopold Jacquens lors de sa première convocation en 2012

    Cette photo trouvée sur internet au moment où je poste cet article, avec son commentaire, apporte les précisions nécessaires. J'ai eu la joie de voir que l'évêque Jacques Gaillot, s'est engagé en des termes que je ne peux qu'approuver. Nous disons les mêmes choses.

     

    Un militant de la Croix Rouge est convoqué ce jour au tribunal pour avoir donné son adresse à une dame d’Afrique Noire (Congo, Cameroun… ? Je ne sais plus). Il risque, si je ne me trompe, un an de prison et 15000 euros d’amende (15000 ou 30000 € ?). Le grief n’est pas d’avoir aidé une personne en difficulté, mais d’avoir produit un faux et fait usage de faux. Cette dame en question qui a bénéficié de la possibilité d’utiliser une adresse n’a en fait jamais dormi dans la maison du militant, un homme de plus de 60 ans, de la Croix Rouge.

    Le commentaire du journaliste soulignait la volonté de la préfecture d’employer un chemin détourné, délit de fabrication et usage de faux pour rétablir le délit de solidarité. Une fois de plus, « la gauche » au pouvoir montre qu’elle agit comme « la droite » avec les personnes dites « sans papiers » et ceux qui les accompagnent en accomplissant tout le possible pour régulariser les situations.

    Effectivement, dans une demande de papier, de régularisation de séjour sur le territoire français, il importe que le demandeur indique être en possession d’une adresse postale. Récemment, pour un Indien j’ai rédigé une attestation de connaissance indiquant par là que cet homme était en possession d’une adresse. Je n’ai pas indiqué qu’il avait pris domicile chez moi, puisque tel n’est pas le cas. Ouf, me voilà à l’abri d’un usage de faux. Mais en quoi cela change-t-il le problème de ce demandeur d’asile en France ou du regard de la justice française sur l’accueil des étrangers ?

    La lecture de l’Évangile de ce jour, Matthieu 23, 23-26, est aussi terrible que celle d’hier (lundi 26 août). C’est tout simplement la suite.  Les hommes de lois, scribes et autres pharisiens demeurent la cible de Jésus. Ces derniers payent toutes les taxes nécessaires. Ils se donnent bonne conscience et se débarrassent des problèmes rencontrés en affirmant que la justice est accomplie. C’est qu’ils ne regardent pas en eux-mêmes où se multiplient les mauvaises pensées qui s’opposent à « la justice, la miséricorde et la fidélité ».

    Immédiatement, dans ma méditation, je suis invité à regarder en moi-même : comment s’harmonisent intériorité et extériorité ? Je peux faire le bien avec quelques aumônes tout en entretenant au plus profond de mon intériorité des pensées cupides, perverses, pleines d’intempérances. Mais, qu’est-ce que l’intempérance ?

    Voilà la définition du dictionnaire : manque de retenue, de modération. Son synonyme est l’excès.  Ou encore : Manque de sobriété dans le manger ou le boire ; abus des plaisirs sexuels.

    Dans le climat libéral et libertaire où nous vivons, je pense que le désir de toujours avoir plus, de toujours jouir au maximum, de profiter de tout sans entrave au moment où je le souhaite (quand je veux, si je veux) imprègne largement mon intériorité. Un égoïsme pervers peut largement se développer dans mon inconscient que des gestes extérieurs de bonne conduite croiront combler. Aveugle suis-je !

    Les lois de l’Europe qui visent à marginaliser l’étranger, me semblent relever de l’égoïsme pervers pouvant m’habiter, s’il ne m’habite pas effectivement.

    Convoqué au tribunal pour avoir aidé un étranger que dirai-je pour me défendre ? Il me semble que je ne pourrai qu’évoquer mon attachement au Christ exprimant son désir d’aimer tout le monde y compris ses ennemis. « Pourquoi avoir écrit une reconnaissance de connaissance d’une personne en signalant votre adresse », me demanderait le juge ? Tout simplement parce que cette personne, je la connais pour l’avoir rencontrée, elle est comme mon frère.

    Cette reconnaissance fraternelle, solidaire, n’est-elle pas à la base de toute morale naturelle, depuis le Code d’Hammourabi, jusqu’à la Déclaration des droits de l’homme, en passant par les dix commandements ? Morale laïque enseignée par l’éducation  nationale !

    Que l’on regarde en son intériorité. Condamner un acte de solidarité universelle, n’est-ce pas obéir à une intempérance enfouie au plus profond de sa conscience, individuelle ou collective ? Une obéissance à une égoïste phobie d’autrui ?

    En conclusion : être fidèle au Christ et à sa loi d’amour universel, qui ne s’oppose pas aux droits humains fondamentaux, l’emporte sur toute législation. Les lois des hommes ne sont que relatives, manipulées par des intérêts égoïstes, de classes, de nations, de sociétés volontairement aveugles devant un bien commun accessible par tous.

Publié dans Politique

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