Se donner les moyens financiers d’une première évangélisation à partir des éléments du patrimoine et de la création artistique contemporaine

Publié le par Michel Durand

Kérygme, première évangélisation, nouvelle évangélisation, évangélisation toujours nouvelle, témoignage, catéchèse…

 

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Lyon, église Saint-Polycarpe, l'Abbé Gourdiat, curé

 

Toutes ces appellations méritent d’être soigneusement reconnues dans leur spécificité. L’organisation de l’Église ne peut favoriser l’une au détriment des autres ; mais on doit reconnaître que l’inévitable effet du balancier invite à valoriser à une époque déterminée une forme pastorale plus qu’une autre. Si jadis la tendance était à la rencontre de proximité avec l’enfouissement des missionnaires dans le tissu du monde du travail (enfouissement et non dilution comme disent certains), elle est, aujourd’hui encore, aux immenses rassemblements du type Journée mondiale de la jeunesse ou autre pèlerinage massif.

 

Tout en assurant la vie des agents pastoraux qui sont immédiatement en leur service, les chrétiens pensent également à couvrir les frais des missions lointaines. Dire cela sous le regard de la fondatrice des Œuvres Pontificales Missionnaires, Pauline Jaricot qui a obtenu le soutien du curé de Saint-Polycarpe, l’abbé Gourdiat, relève d’une évidence claire pour tous.

 

En fait, ces modes de rencontres sont tous appelés à cohabiter. Ils ne s’adressent pas aux mêmes personnes et sollicitent des prises en charge différentes. Ainsi, une situation de première évangélisation rencontrera des personnes envers lesquelles on ne peut décemment pas conclure la rencontre en disant : « eh bien, voilà, cela fera tant d’euros ». Afin d’annoncer librement l’Évangile, Paul travailla de ses mains ; il n’est ainsi à charge de personne (cf. Ac 18, 3 : Comme ils avaient le même métier, celui de fabricant de tentes, il s'installa chez eux, et il y travaillait).

Par ailleurs, comme l’Apôtre des Gentils le reconnaît lui-même, tout porteur de la Parole a le droit de voir sa subsistance assurée. Dans ce profil, on n’est plus, majoritairement, en présence de non chrétiens, mais de personnes qui, par le baptême, ont intégré la communauté des disciples du Christ ou veulent sans tarder devenir fidèles du Christ. À ces gens, il est possible d’ouvrir le plan financier en leur demandant de participer aux frais occasionnés par la présence et l’occupation des pasteurs à leur service.

Il y a quelque temps, j’ai rédigé un post sur ce sujet (voir : Avoir concrètement le souci de ceux qui sont loin du Christ) et il se trouve que j’ai souhaité le reprendre en lui apportant quelques précisions concrètes.

 

Une communauté de fidèles du Christ doit avoir le souci de financer les tâches des missionnaires  attelés à la première évangélisation.

 

Tout en assurant la vie des agents pastoraux qui sont immédiatement en leur service, les chrétiens pensent également à couvrir les frais des missions lointaines. Dire cela sous le regard de la fondatrice des Œuvres Pontificales Missionnaires, Pauline Jaricot qui a obtenu le soutien du curé de Saint-Polycarpe, l’abbé Gourdiat, relève d’une évidence claire pour tous. Seulement, ajoutons qu’aujourd’hui, au XXIe siècle, après les grandes vagues des évangélisations vers l’outremer du XIXe, il importe de ne pas oublier que le lointain des domaines à ouvrir au Christ se trouve à deux pas de chez nous. Je dirais même à l’intérieur de l’église Saint-Polycarpe que des touristes visiteurs découvrent sans connaissance de l’Évangile. Les activités culturelles que nous développons s’ouvrent, dans le respect des libertés personnelles, à cette dimension.

Cela engendre des frais. Et c’est justement cette contrainte financière qui m’a inspiré ce billet. Les chrétiens qui se reconnaissent fidèles du Christ sur la paroisse des Pentes de La Croix rousse en ont largement pris conscience, notamment après les demandes exigeantes des responsables des finances du diocèse de l’Église à Lyon, d’obtenir l’indépendance financière. Depuis deux ans, une souscription, différente du denier de l’Église, a été lancée. Il me semble, aujourd’hui, juste d’en reparler et de remercier tous les donateurs pour leur générosité. Un appel identique sera véritablement publié par l’équipe d’animation pastorale courant du dernier trimestre 2013.

Donc, l’Église locale, consciente de ses responsabilités face à l’indispensable première évangélisation, a su agir et comprend la nécessité de durer dans cette direction financière qui permet d’annoncer la Parole en toute liberté.

Pourtant, la paroisse doit-elle être seule à porter cette charge ?

Le monde concerné par cette première annonce n’est pas cantonné au quartier. Les activités patrimoniales et artistiques s’adressent à toute l’agglomération. Certes, si le nombre des chrétiens pratiquants présents sur ce quartier était nettement plus nombreux, ils pourraient eux-mêmes  subvenir à toutes les dépenses. Mais voilà que ce n’est pas le cas. La paroisse en tant que telle, vu sa situation dans un quartier de longue date déchristianisé, ne reçoit pas suffisamment de demandes cultuelles pour assurer une autonomie financière. Ceci est tellement vrai qu’il ne serait pas illusoire d’envisager la fermeture de ces locaux paroissiaux en invitant à s’adresser à la paroisse la plus proche.

En conclusion, après avoir souligné la participation financière des paroissiens (sera-t-elle suffisante à long ou moyen terme ?), je voudrais dire ici qu’il me paraît aussi logique que les finances diocésaines participent également à l’effort local de première évangélisation. Il ne me paraît pas selon l’évangile que les affaires économiques diocésaines prélèvent une taxe sur les dons des fidèles locaux sans établir un budget qui prenne en compte les efforts des missionnaires invités à ouvrir la Parole avec celles et ceux qui, sans avoir de demandes précises tournées vers les sacrements, nous sollicitent dans leur quête de spiritualité alors qu’il s’avère évident que celle-ci risque d’être, comme on le dit maintenant, seulement une spiritualité laïque.

Un budget de première évangélisation à partir des quartiers !

Je ne sais pas si cela existe dans le diocèse. Je me renseigne. Ce budget, s’il existe, ne pourra certainement pas se mettre en parallèle avec celui du grand rassemblement, interne à l’Eglise, du 14 octobre dernier à Eurexpo-Lyon.

Publié dans Eglise

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