Dieu devient humain en prenant chair en Marie tout simplement pour que nous puissions comprendre le mystère de la Création de tout l’univers
« Un enfant nous est né » (Is 9, 1-6)
Aujourd’hui, un Sauveur nous est né : c’est le Christ, le Seigneur. (cf. Lc 2, 11 ; Ps 95/96)
« La grâce de Dieu s’est manifestée pour tous les hommes » (Tt 2, 11-14)
« Aujourd’hui vous est né un Sauveur » (Lc 2, 1-14)
La naissance eut lieu en un temps historiquement répertorié. L’empereur romain, qui a régné de 27 av. J.-C. à 14 ap. J.-C, Auguste, avait ordonné un recensement général.
Nous avons le témoignage pictural de la naissance de Jésus quelques années avant que l’empereur Constantin arrêta de persécuter les chrétiens. En 313, l’édit de Milan accorde la liberté de culte aux chrétiens.
Cette peinture date du 3e siècle ; imaginons après l’an 250. Elle est certainement la plus ancienne que nous pouvons voir. Elle se trouve dans la catacombe Sainte Priscilla à Rome. Elle représente Marie, l'Enfant Jésus et un prophète. Cette image est inhabituelle ; disons qu’elle est différente de ce que nous avons l’habitude de voir puisqu’elle représente Marie et Jésus en compagnie d’un prophète désignant une étoile, symbole de la venue du Christ sur terre. Le prophète évoque le premier Testament et attire l’attention vers la lumière qui vient, l’étoile qui indique où se trouve l’enfant.
C’est une scène tout ordinaire d’une mère tenant dans ses bras son enfant. Le bébé semble quitter le sein de sa mère pour regarder celui qui le regarde.
Nous savons que nous n’avons pas de récits évangéliques décrivant avec exactitude l’événement de la naissance de Jésus. Les évangiles de Matthieu et de Luc sont principalement des méditations théologiques élaborées avec le soutien du premier testament.
À la fin de l’an 1000, nous avons assurément des images de la nativité telles que nous les imaginons actuellement avec toutefois un regard plus théologique que sentimental. Je veux parler des Vierges pieuses, agenouillées adorant le « petit Jésus ». Idem pour Joseph. Je ne montre pas d’image de ces crèches. Nous les avons tous en mémoire.
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Regardons cette nativité. Vitrail de l’abside de la cathédrale de Lyon. Début XIIIe siècle.
Ce vitrail qui mêle des scènes de l'ancien et du nouveau testament, invite à une lecture argumentée des textes Nous sommes devant trois interventions divines. Au centre du vitrail, la Vierge Marie, fatiguée, donc allongée, vient d'accoucher de son fils Jésus, conçu de manière surnaturelle par l'esprit de Dieu, sans rapport physique avec son mari Joseph. Traditionnellement Joseph est représenté se détournant de la jeune accouchée, montrant ainsi sa non implication. Cette théogamie sans manifestation physique de la part de Dieu est le fondement du christianisme. On parle de Noël.
À gauche de la Nativité un homme regarde un arbre qui brûle. Nous avons là l'épisode de l'Ancien Testament où Moïse se retire sur une montagne dans le massif du Sinaï et Dieu lui apparait dans un buisson ardent (Ex 3,2). En fait, le buisson ne brûle pas lui-même. Des flammes en sortent, témoins de la présence de Dieu.
La figure de droite nous montre un autre mode de manifestation de la présence de Dieu. Ouvrons l'Ancien Testament. Au chapitre 6 du livre des Juges, versets 36-40 Gédéon met son Dieu à l'épreuve. « Gédéon dit alors à Dieu : “Si vraiment… tu veux te servir de moi pour sauver Israël, je vais étendre une toison de laine sur l’aire de battage et, s’il n’y a de rosée que sur la toison et si tout le sol est sec, je saurai que c’est par moi que tu veux sauver Israël, comme tu l’as dit”. Il en fut ainsi… »
Marie enfanta sans qu’il y eut de rapport physique. Seule la présence immatérielle de Dieu comme l’indique la main de Dieu, est la source du flot céleste : la rosée tombe du ciel sur la toison de mouton posée au sol. À droite de la main, sur la tête de Gédéon un phylactère porte l'inscription .EDE.N, pour "Gédéon".
Dans la scène centrale, la naissance, de la main de Dieu descend sur le nouveau né, cette même lumière divine.
Plus que posé dans une crèche, un berceau, Jésus est sur l’autel du sacrifice, comme dans un tombeau. Prenez et mangez ceci est mon corps…
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Le vitrail de Chartres donne le même message. XIIe s.
Que Jésus, le Christ, soit sur l’autel du sacrifice eucharistique est, ici encore plus évident.
Et les animaux sont toujours bien présents. La naissance du fils de Dieu concerne l’intégralité de la création.
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Regardons maintenant la fresque de Giotto.
Giotto a peint les fresques de l'église supérieure de la basilique Saint-François d'Assise, dans la dernière décennie du 13e siècle. De 1303 à 1306, il est à Padoue, où il peint les cinquante-trois fresques de la chapelle des Scrovegni.
Nous avons toute la réflexion théologique des siècles précédents. Mais se glisse plus de réalisme. Nous sommes en présence de l’évangile selon Luc. Il y a les bergers, les anges dont on voit très bien qu’ils chantent : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes, qu’Il aime. »
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