Le Prado à CNews où éditorialistes et prêtres en soutane pourfendent en chœur la “perte des valeurs” et instrumentalisent la piété populaire

Publié le par Michel Durand

PÈRE CHEVRIER, APÔTRE DES OUVRIERS DE LYON : LES BELLES FIGURES DE L'HISTOIRE (ÉMISSION DU 05/10/2024)

PÈRE CHEVRIER, APÔTRE DES OUVRIERS DE LYON : LES BELLES FIGURES DE L'HISTOIRE (ÉMISSION DU 05/10/2024)

Assurément, en tant que prêtre, si je veux être bien accueilli sur CNews, il semble être opportun de me présenter avec, comme cravate, le rectangle blanc. Le col romain, alias clergyman, se montre, sans aucun doute, nettement plus conforme.

Ces réflexions me viennent en visionnant l’enregistrement en date du 5 octobre 2014 : Père Chevrier, apôtres des ouvriers de Lyon - Les belles figures de l’histoire ; avec Aymeric Pourbaix.

Je connais cette série : les belles figures de l’histoire, parce que des extraits de ces enregistrements, 4 ou 5 mn, semblent avoir circulé à l’intérieur des « médias sociaux » de la famille pradosienne. Je note ce commentaire sur Prado news [pourquoi cet english ?] « CNews aime beaucoup le côté traditionnel de la religion, telle qu'elle est montrée dans cette vidéo avec ses vues du XIXe siècle. Très bien faite, il faut le reconnaître. Mais CNews affiche quotidiennement une idéologie haineuse envers les pauvres, les migrants, les défavorisés, les marginaux, ce qui est tout à fait contraire au charisme du Père Chevrier et du Prado. »

Le montage est effectivement bien réalisé. Je questionne tout de même les illustrations avec des photos qui ne sont pas toutes du XIXe siècle. Ainsi le mur de la chapelle du Prado est des années 1930. Montrer cette façade en noir et blanc ne peut en rien la rendre du XIXe. De plus ces « séries » d’illustrations photographiques reviennent plusieurs fois sans raisons valables. M’enfin…

L’orientation idéologique de l’entretien, même si rien n’apparait dans ces 20 minutes où l’on entend bien l’essentiel du vécu et de la spiritualité d’Antoine Chevrier, s’est dévoilé quand j’ai creusé la littérature du père jésuite Jean-François Thomas. Il est bien jésuite. Son livre, L’erreur : en chemin vers la lumière, est bien recensé sur le site internet de la Compagnie de Jésus. Voir ici.

 

Mais je découvre qu’il a écrit : La france en son âme, éditions Via Romana (Février 2025). Riposte catholique - La réinformation catholique au quotidien, ne se prive pas d’en parler.

Le déclin de la France suscite l’inquiétude croissante de nos compatriotes. La France, « le plus beau royaume après celui du Ciel », semble frappée par le virus d’une désintégration inéluctable.
Le Père Jean-François Thomas se porte à son chevet pour tenter d’identifier les causes, les idées et les acteurs à l’origine de ce nouveau mal français, avec comme ressorts principaux l’abandon par nos élites du bon sens et la relégation générale et obstinée du surnaturel.
Au fil de ses réflexions, habité par la conviction que le Christ agit au cœur de notre histoire, il rappelle aux fils prodigues et désorientés que nous sommes la réalité des charismes extraordinaires octroyés par la Providence à notre nation. Pour lui, le retour à l’accomplissement des promesses de notre baptême est la condition première de l’espérance et du sursaut.
Depuis notre première reine sainte Clotilde, l’onction de Clovis, l’Occident chrétien de Charlemagne, les leçons politiques et spirituelles de Jeanne d’Arc, la patiente œuvre d’éducation sous l’Ancien Régime, la vertu de courtoisie si propre à l’esprit français et les splendeurs de nos architectes, poètes et philosophes, est tombée la nuit des fausses Lumières qui obscurcit désormais l’humanité livrée à la tyrannie de la Révolution française dont l’inventaire des crimes constitue à lui seul une preuve éclatante de l’action du Malin.
Le Père Jean-François Thomas aime et fait aimer la vérité, il cultive la longue mémoire contre ceux qui promeuvent l’abolition de tous les liens de piété et de fidélité traditionnelles. Il réconcilie l’ordre et le progrès, car « l’équipage lumineux qui traversa notre royaume n’est pas une apparition passagère du fait avéré que notre terre de France est terre de sainteté ».

Prêtre jésuite né en 1957, Jean-François Thomas fut professeur de philosophie et missionnaire aux Philippines où il se consacra à la sauvegarde des enfants des rues. Il a notamment publié chez Via Romana quatre livrets de Méditations quotidiennes (2022-2023) et Les Vertus méditées (2023).
Il participe très régulièrement à l’émission télévisée « Les belles figures de l’Histoire » sur CNews.

Donc, avec Jean-François Thomas, et CNews, plus Antoine Chevrier, je risque une hypothèse, nous aurions l’espoir de redresser la France, de la protéger des tendances du wokisme. Je souhaite un important colloque ce propos.

Il me semble, en effet, que nous ne perdrions pas notre temps si nous nous organisions pour bien étudier les idéologies de l’extrême droite catholique. Comment placer l’Évangile face à la prétendue protection de la culture française ?

Je ne peux que m’interroger en lisant ceci dans wikipedia : Jean François Thomas « intervient régulièrement au Club des hommes en noir, l'émission en ligne de la revue catholique L'Homme nouveau, ainsi qu'aux Belles figures de l'histoire sur CNews. C'est aussi un chroniqueur régulier du site d'actualités catholique Aleteia et du site royaliste légitimiste Vexilla Galliae, ainsi que de la revue papier née de ce dernier.

Bref, je me dis que nous devrions davantage prendre les moyens pour comprendre la montée de la droite dans les rangs de l’Église catholique.

Le collectif Anastasis, Pierre Louis Choquet, que j’ai reçu à un mardi/jeudi du Prado,

https://www.enmanquedeglise.com/2021/12/un-christianisme-ayant-le-souci-evangelique-de-comprehension-du-monde-a-l-ecoute-de-la-clameur-des-pauvres-et-de-la-detresse-de-la-t

écrit :

« De ce point de vue, anticiper les conséquences probables d’une prise de pouvoir par le RN – perspective encore hypothétique, mais de moins en moins irréelle – apparaît alors comme un exercice heuristique nécessaire, et urgent. Tout l’enjeu est ici d’identifier, parmi les réalités multiples qui structurent déjà le présent de l’Église, celles qui pourraient, à l’avenir, porter préjudice à son discernement si elles restent non questionnées. Nous en identifions deux: la première, la plus massive, est celle d’une dépendance  structurelle à l’État pour le financement des lieux de culte et de l’enseignement privé sous contrat; la seconde, peut-être plus anecdotique mais non moins signifiante, est celle de l’influence croissante de deux milliardaires d’extrême-droite, Vincent Bolloré et Pierre-Édouard Stérin, qui multiplient les initiatives pour remobiliser et visibiliser les courants les plus conservateurs au sein du catholicisme. Analyser ces réalités permet, selon nous, d’expliquer le silence des évêques non plus seulement à partir des facteurs moraux précédemment évoqués, mais aussi à partir de facteurs matériels, qui restent trop souvent dans l’angle mort des discussions. »

Voir ici l’article publié dans la revue Esprit.

 

 

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