Liberté politique, liberté économique. Tout cela n'a rien à faire avec la liberté du chrétien, la liberté de l’Esprit, la liberté acquise par Christ

Publié le par Michel Durand

 L'empereur Justinien et sa cour (Lelivrescolaire.fr, 5e, 2016, p.28)

L'empereur Justinien et sa cour (Lelivrescolaire.fr, 5e, 2016, p.28)

La subversion du christianisme –Jacques Ellul

ch. II – Les grandes voies.

 

Suite à la page du 3 décembre, voici la lecture et résumé de Jean-Marc :

Les chefs de l’Église : pas seuls responsables de cette subversion.

L’attrait du pouvoir est évident ; on l’utilise pour servir l’Église grâce à la puissance du Saint-Esprit (on mélange tout ; le temporel au service du spirituel). L’Église se laisse corrompre par le pouvoir.

Jésus ne légitime aucun pouvoir de ce monde et donne autorité au seul Saint-Esprit. Le monde n’a pas su s’imposer face à la radicalité du christianisme. Il l’a absorbé pour le mettre à son service en le justifiant.

Les théologiens ont inventé des notions contraires à l’enseignement de Jésus pour contraindre la société : enfer, pénitence… qui va jusqu’à une nouvelle justice et des nouvelles lois. (p 69*, voir ci-dessous)

L’Église face à la christianisation massive et forcée du monde a transformé les rites païens et ancestraux en rites chrétiens - Par ex : Les saints ont remplacé les dieux anciens… - et établit un cadre rigide pour canaliser les troupes.

L’Église veut uniformiser le christianisme pour dominer l’ensemble de la société quel que soit l’endroit du monde : universalisme. Elle a envoyé des missionnaires pour asseoir son autorité sur toutes les civilisations.

Les riches et l’élite se convertissent, peut-être réellement et utilisent les nouveaux principes du christianisme pour y asseoir leur pouvoir. L’Église a organisé une hiérarchie (diacres, prêtres, évêques, pape) dans les services alors qu’elle était absente au temps de Jésus.

On voit un affrontement entre ceux qui croient qu’on est sauvé par la grâce et ceux qui veulent être sauvés par leurs efforts. Confrontation face à la liberté !

Pour rabaisser le rôle de la femme, l’Église principalement occidentale (Rome) a cherché les textes de la Bible défavorables à celle-ci (tentatrice au jardin d’Eden), et caché ceux qui lui donnaient un rôle important (par ex : révélation de Jésus-Christ ressuscité). On a idéalisé l’image de la Vierge pour qu’il soit impossible de s’en approcher.

D’une manière générale, le passage d’un christianisme de petites communautés à un christianisme de masse a éloigné et transformé la Révélation initiale. L’élite et les théologiens ont façonné des pratiques et des lois pour être selon eux conformes à ce que montre Jésus, et ne retiennent que ce qui les arrange dans les écrits de la Bible qui souvent se contredisent l’un l’autre.

Le chrétienté a aboli le christianisme.

 

* P. 69

La liberté est un risque absolument surhumain*. Elle dévaste l'homme en exigeant de lui l'extrême de sa consécration. L'homme libre est le plus totalement responsable, en condition constante de choix, en danger constant de tout corrompre... C'était vraiment intolérable. Alors, va, là aussi, commencer le travail des explicateurs et des moralistes. La liberté en Christ sera très rapidement oubliée. C'est cela qui me paraît remarquable. On ne va pas commencer par analyser, réduire, etc., la liberté. Dans les premiers siècles on va, chez les intellectuels et les théologiens, simplement la passer sous silence. On parlera beaucoup de la foi, de l'amour, des vertus... Par la suite, lors de l'invasion de la pensée grecque, on va retrouver la liberté dans les termes de cette philosophie, sans plus aucune référence à la grande proclamation biblique. Puis, avec les Romains, on va commencer à la formuler en termes juridiques.

On aura droit ensuite à toutes les analyses que l'on connaît, la liberté n'est pas licence. La liberté s'arrête là où commence celle des autres. La liberté n'existe pas pour détruire ou pour corrompre, etc. Jusqu'au point où nous la retrouverons, liberté politique, puis liberté économique du libéralisme. Et enfin question métaphysique, lieu d'élégants débats... Mais tout cela n'a rien à faire avec la liberté du chrétien, la liberté du Saint-Esprit, la liberté acquise par la mort et la résurrection de Jésus-Christ.

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