Rembrandt, L’enfant prodigue : une invitation à regarder en soi-même et à faire un retournement total vers Dieu, le Père aimant, accueillant

Publié le par Michel Durand

Rembrandt, Le Fils prodigue, peinture à l'huile sur toile (161 × 131 cm), réalisée en 1636

Rembrandt, Le Fils prodigue, peinture à l'huile sur toile (161 × 131 cm), réalisée en 1636

Présentation de ce tableau à une liturgie pénitentielle dans l’église Saint-Maurice à Lyon 8

 

Il y a trois témoins extérieurs à la rencontre du père et du fils.

Cette présence de trois témoins à droite dans le tableau de Rembrandt suggère, aux spectateurs que nous sommes, comment lire la scène représentée :

Spectateurs non sommes invités à prendre acte de cette représentation afin d’en tirer une leçon édifiante. Se convertir et se confier au Père-Dieu.

Le sujet est biblique

Rembrandt représente ici l’accueil que le père fait à son fils dans une parabole du Nouveau Testament que Luc rapporte dans son Évangile (Lc 15:11-32).

 

Parabole « du fils prodigue » : un fils qui a dilapidé son héritage du vivant de son père se retrouve dans une situation misérable quand survient la famine. Pour se tirer d’affaire, il décide de rentrer à la maison familiale, d’avouer son erreur et de se faire embaucher par son père comme simple employé. Voyant son fils revenir à la maison, le père court à sa rencontre et lui fait fête sans poser de questions.

« Mon fils que voilà était mort, dit-il, et il est revenu à la vie; il était perdu, et il est retrouvé. » (Lc 15:24).

 

Cette peinture est une invitation à centrer le regard sur la rencontre du père et du fils

Que nous voyons dans cette reproduction ? Une affaire entre deux personnes, un père et son fils. Une histoire d’amour. Celle d’une réconciliation.

 

Notons bien

Une autre peinture de Rembrandt montre un autoportrait avec Saskia, le fils prodigue dilapidant la fortune familiale, Rembrandt, huile sur toile, 131 x 161 cm, 1635

 

 

Ces deux peintures montrent l’importance pour Rembrandt de ce thème du pardon.

 

Rembrandt  - c’est le 17e s.

Je souligne le regard familier de Rembrandt sur l’Évangile : le visage du Christ. Il importe de voir tout ce qu’il a dessiné en lien avec la Révélation du Christ : trente-deux planches gravées de la vie du Christ.

 

Rembrandt ne se soucie pas des dogmes catholiques du concile de Trente. Sa mère est catholique et son père appartient à l'Église réformée néerlandaise.

J’attire l’attention sur le visage, l’attitude de ce Père : Dieu. Sa tendresse parle d’elle-même. Toutes paroles me semblent superflues.

 

 

Je souligne quand même qu’il va à l’encontre de l’image d’un Dieu tout puissant.

Comment voit-on au XVe - XVIIe siècle l’image de Dieu ? J’invite à regarder le pignon de la cathédrale saint-Jean à Lyon. Dieu le Père au sommet du pignon.

 

Ce pignon porte à son sommet une statue de Dieu le Père. Un Dieu-Père coiffé d’une tiare. La tiare papale, qui n’est plus portée depuis Paul VI, la Triple Couronne donc symbolise la triple autorité du pape : enseigner, sanctifier et gouverner le peuple de Dieu. Un Dieu majestueusement assis sur un trône dominant tout et portant un sceptre royal (ou impérial), maître du monde entier. Dogmatisme du concile de Trente. Source de la photo.

 

Rembrandt révolutionne en son temps la vision de Dieu, Père, Fils, Esprit. La Trinité existe en notre monde, en notre siècle. Elle ne siège pas sur un trône impérial. Le Dieu de Rembrandt n’est pas coiffé de la Tiare.

 

 

 

 

 

 

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