Abou est en France depuis 14 ans. Marié à une Française, père de 3 enfants, il a construit sa vie ici. Pourtant, en juillet 2025, sa vie bascule

Publié le par Michel Durand

Abou est en France depuis 14 ans. Marié à une Française, père de 3 enfants, il a construit sa vie ici. Pourtant, en juillet 2025, sa vie bascule

Hier, deuxième mercredi du mois, nous avons tenu l’habituel cercle de silence. Pour avoir plus d’information sur cette forme non violente de manifestation, venir ici.

 

Et, pour le cercle de silence (CDS) à Lyon, il est bon d’ouvrir ce site : Lyon cercle de silence

Où il y a aussi des informations sur les CDS de Rillieux, Roanne, Villefranche

 

La température était agréable. Beau soleil. Nous sortons de l’hiver. Beaucoup de monde sur les places Louis Pradel, de la Comédie, devant l’Hôtel de Ville (Lyon 1).

Nous avons distribué 200 tracts.

Assurément, toujours beaucoup d’indifférents, des personnes qui passent l’oreille coller au téléphone « mobile » sans aucun regard pour les bannières. Mais aussi des gens qui ralentissent le pas, se détournent pour lire nos pancartes, pour venir prendre un tract. Et, ce qui se produit régulièrement depuis plusieurs années, se joignent au cercle. Ainsi, ce mercredi, des jeunes (dans les 20 ans), un monsieur avec une canne montrant des difficultés à marcher, une dame voilée qui a dit : « je souhaite faire cette minute de silence ». Cercle de silence, minute de silence…

J’ai aussi parlé avec des visages connus. Des habitants des pentes de la Croix Rousse. L’un m’a dit : « je ne crois pas comme vous, mais nous avons même humanité. C’est l’essentiel à respecter, à soutenir ». Vu ce qui se passe actuellement dans le monde, toutes ces guerres, agir pour qu’augmente un authentique respect de tous les hommes est une mission humaine de base. Et je rajoute : « Nous devons travailler pour une réelle fraternité universelle. Tous les humains sont frères. Dans mes échanges j’ai évoqué cette bien belle émission de 28 mn vue mardi soir. J’espère qu’elle est encore visible - voir Karam Hassan

 

Parmi les oppositions j’ai eu cette remarque qui plonge loin dans l’histoire : « Alors, vous voulez accueillir tous les chinois ! » Il me semble que les proclamation visant la remigration vise plutôt les mondes du Maghreb et sub sahara.

Voici le mot, pour ce mois, dans l’encart du tract des cercles de silence à Lyon :

 

Graves atteintes aux droits des personnes étrangères

Il y a deux ans, la loi asile et immigration dite loi Darmanin (janvier 2024) et, un an plus tard, la circulaire prise par Bruno Retailleau alors ministre de l’Intérieur (janvier 2025), marquaient un cap supplémentaire en matière de graves atteintes aux droits des personnes étrangères.  

Sous couvert de « fermeté », ces textes consacrent la primauté de l’arbitraire de l’administration, au service de politiques migratoires dont la seule boussole semble être devenue l’assimilation des personnes étrangères à des indésirables. Le tout dans un contexte politique et médiatique où règne la suspicion à l’égard des personnes exilées, et où la restriction sans précédent des voies de régularisation s'impose avec, en parallèle, une criminalisation croissante des personnes étrangères.

Deux ans après, les équipes de La Cimade font un bilan particulièrement alarmant des effets délétères de ces textes sur la vie des personnes étrangères.  

Ces lois ne ciblent pas des « statistiques », mais des personnes réelles bien vivantes : des voisin·e·s, des collègues, des parents d’élèves et bien d’autres encore. Certain;es même travaillent depuis des années. Pourtant, l’État persiste à les traiter comme des indésirables, au mépris des conventions internationales et des valeurs de la France que sont la solidarité, l’accueil et le respect des droits humains. 

Abou est en France depuis 14 ans. Marié à une Française, père de 3 enfants, il a construit sa vie ici. Pourtant, en juillet 2025, sa vie bascule. Pendant des années, Abou a pu travailler et subvenir aux besoins de sa famille grâce à ses cartes de séjour temporaires. Il vivait sans la peur d’être interpellé en allant chercher ses enfants à la crèche ou à l’école. En juillet 2025, il apprend que sa demande de renouvellement de titre de séjour est rejetée et qu’elle est assortie d’une OQTF (Obligation de quitter le territoire français).  

Pourquoi ? La préfecture estime qu’il ne prouve pas assez sa contribution à l’éducation et à l’entretien de ses enfants. Les paiements en espèces ne sont pas considérés comme des preuves valables. Abou est également accusé de ne pas prouver qu’il n’a pas d’attaches familiales dans son pays d’origine. Pourtant, c’est en France, auprès de son épouse et de ses enfants, qu’il a construit sa vie.

Il est temps de faire cesser cette fuite en avant du rejet et de la maltraitance des personnes étrangères comme Abou et de considérer enfin d’autres politiques migratoires. C’est possible !

Rédaction : La Cimade

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