Aucune censure n’obligera les humains de bonne volonté à fermer les yeux devant le cri de ceux qui souffrent, quelle que soit leur origine

Publié le par Michel Durand

 Alexis Michalik

Alexis Michalik

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Je rédige actuellement le prochain numéro de Quelqu’un parmi nous. Je reçois cet article. Il m’est impossible de ne pas le déposer en cette page. Plus d’infos.

 

  • Voir ci-dessous l’article de La Croix : « Bataille culturelle », l’omniprésence d’une expression minée.

 

Vous avez sans doute eu connaissance de ce communiqué de l'Archevêque d'Albi, Mgr Jean-Louis Balsa, relayé notamment sur « Prado. News » (groupe WhatsApp) le 17 juin dernier.

Certes, l'élément déclencheur (déprogrammation de la pièce de Théâtre « Passeport ») ne se veut plus d'actualité, mais la tentation de repli sur soi révélée par cette censure demeure ! À l'heure de la campagne présidentielle, il nous apparait nécessaire de ne pas oublier ce message fort de ce serviteur du Christ : «... continuer à se battre pour une société plus juste, plus fraternelle, plus solidaire ».

 

 

 

Qu’as-tu fait de ton frère ?
(Genèse 4, 9)

 

C’est l’interpellation que Dieu a faite à Caïn après que celui-ci a assassiné son frère Abel.

Cette interpellation s’adresse à nous tous.

La polémique qui vient d’éclater à Castres au sujet de la déprogrammation de la pièce de théâtre « Passeport », nous met en alerte.

Sans entrer dans des débats locaux où chacun fait valoir ses arguments, mais parce que les raisons données à cette censure révèlent la tentation du repli sur soi, je veux rappeler ici l’impérieux devoir d’assistance à personne en danger que sont les migrants.

Je m’adresse en cet instant à toutes les personnes de tous bords qui se sont engagées dans l’accueil des enfants, des femmes et des hommes qui ont dû migrer de leur terre à leur corps défendant et sont entrés dans une nuit de leur existence.
Nous avons conscience que la majorité des migrants n’auraient jamais dû partir de chez eux s’ils n’y avaient pas été contraints.
N’en faisons pas les boucs émissaires des maux et malaises de notre société.

Malgré les difficultés de l’accueil, beaucoup de chrétiens des paroisses se sont engagés dans le Secours catholique, dans la Conférence Saint-Vincent de Paul, et aussi dans différents collectifs et associations laïques. À souligner aussi le Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement (CCFD-Terre solidaire) qui œuvre concrètement pour « le droit à ne pas avoir à migrer, à rester chez soi sans faim, sans guerre, sans persécution, sans violence » (Discours du Pape Léon XIV aux îles Canaries).

Oui cela vaut la peine de continuer à se battre pour une société plus juste, plus fraternelle, plus solidaire.
Aucune censure n’obligera les chrétiens et les hommes et femmes de bonne volonté à fermer les yeux devant le cri des êtres humains qui souffrent, quelle que soit leur origine.

« L’accueil du migrant ne peut être une question secondaire, ni être délégué uniquement à quelques bénévoles. L’expérience des pauvres et des migrants constitue une source de sagesse précieuse pour des sociétés parfois enfermées dans le confort et l’individualisme ». (Discours du Pape Léon XIV aux îles Canaries).

Puisse chacun en prendre conscience et au-delà des postures, agir pour un monde meilleur, respectueux de tous, sans exception !

+ Jean-Louis BALSA

Archevêque d’Albi

Délégué par la Conférence des Évêques de France pour accompagner le service national des migrants

Contact presse archevêché d’Albi -

16, rue de la République - 81000 ALBI

05 63 48 85 63 - communication@albi.catholique.fr

 

 

 

* Le 10 juin 2026, la pièce de théâtre Passeport, récit de parcours d’exilés, a été déprogrammée par la municipalité Rassemblement national (RN) de Castres. Elle était prévue pour février 2027.

Selon Alexis Michalik, artiste et metteur en scène, ce sont les nouveaux élus de la municipalité qui à la dernière minute (Le Monde du 10 mai 2026) demandèrent l’annulation.

Située dans la « jungle » de Calais, avec l’histoire d’Issa, Jésus dans l’Islam, « Parcours » donne à voir à entende des chemins d’exils, des quêtes d’identité : Issa, jeune Érythréen laissé pour mort a perdu la mémoire. Alors que le seul élément tangible de son passé est son passeport, il entame une longue quête semée d’embûches afin d’obtenir un titre de séjour, entouré de compagnons d’infortune » exprime Alexis Michalik.

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