Pour suivre Jésus que faut-il ? Le connaitre. L’Évangile de ce dimanche nous donne l’occasion de pénétrer la pensée du Fils de Dieu, l’imiter

Publié le par Michel Durand

Pour suivre Jésus que faut-il ? Le connaitre. L’Évangile de ce dimanche nous donne l’occasion de pénétrer la pensée du Fils de Dieu, l’imiter

« Celui qui s’arrête chez nous est un saint homme de Dieu » (2 R 4, 8-11.14-16a)

Ton amour, Seigneur, sans fin je le chante ! (Ps 88/89)

Unis, par le baptême, à la mort et à la résurrection du Christ (Rm 6, 3-4.8-11)

« Celui qui ne prend pas sa croix n’est pas digne de moi. Qui vous accueille m’accueille » (Mt 10, 37-42)

 

J’aborde cette homélie avec le souvenir de mes lectures et méditations à propos du renoncement à soi-même comme le Bienheureux Antoine Chevrier en parle dans son Véritable disciple. Et, bien évidemment, j’inscris cette méditation dans l’année 2026 « Antoine Chevrier » : Suivre Jésus pauvre.

Qui est Jésus ?

La paroisse a choisi de se retrouver le samedi 19 septembre à la maison du Prado Saint-André à Limonest pour répondre à cette question en ouvrant Dilexi te § 5 : « Nous ne sommes pas dans le domaine de la bienfaisance, mais dans celui de la Révélation : le contact avec ceux qui n’ont ni pouvoir ni grandeur est une manière fondamentale de rencontrer le Seigneur de l’histoire. À travers les pauvres, Il a encore quelque chose à nous dire. »

Ce même thème est repris par l’Église à Lyon qui a élaboré pour les paroisses le 10ème anniversaire de la journée mondiale des pauvres. Ce sera les 14 et 15 novembre 2026. « En frères et sœurs, suivre Jésus pauvre » indique le site internet du Prado.

 

Je reprends l’Évangile.

Mathieu : « Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi »

Cette parole de Jésus n’est pas acceptable pouvons nous dire. Certaines traductions utilisent même le mot « haïr ». Luc donne ce verset :

« Si quelqu’un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et sœurs, et même à sa propre vie, il ne peut pas être mon disciple. »

Antoine Chevrier développe cet engagement chrétien fondamental à la suite de Jésus avec le mot « renoncement ». Selon lui, il y a cinq conditions à remplir pour devenir un véritable disciple de Jésus. Je les cite :

- 1 renoncer à sa famille et au monde
- 2 renoncer à soi-même
- 3 renoncer aux biens de la terre
- 4 Porter sa croix
- 5 Suivre Jésus Christ

Mettons bien accent sur la cinquième condition : Suivre Jésus Christ.

 

Qui a perdu sa vie à cause de moi la gardera.

Alors, pour suivre Jésus que faut-il ? Chevrier répond, le connaitre. L’Évangile de ce dimanche nous donne l’occasion de pénétrer la pensée du Fils de Dieu. Selon lui, il importe de prendre une distance d’avec nos habitudes familiales, sociales. Ce n’est pas parce que nos parents nous ont dit qu’il fallait penser, agir comme on a l’habitude de penser et d’agir en famille qu’il faut agir de la sorte. Et là, je vois l’orientation des « identitaires », la politique des nationalistes, la tentation d’éloigner celles et ceux qui appartiennent à une autre culture, la tendance traditionaliste, conservatrice. Jésus dit :

Qui accueille un prophète en sa qualité de prophète recevra une récompense de prophète ; qui accueille un homme juste en sa qualité de juste recevra une récompense de juste. Et celui qui donnera à boire, même un simple verre d’eau fraîche, à l’un de ces petits en sa qualité de disciple, amen, je vous le dis : non, il ne perdra pas sa récompense.

La femme dit à son mari (1ère lecture) :

« Écoute, je sais que celui qui s’arrête toujours chez nous est un saint homme de Dieu ».

Redisons-le. Il nous revient de nous faire proches de celles et ceux qui nous sont étrangers pour construire une réelle fraternité universelle (catholique). Et cela commence par les échanges avec les nouveaux venus, que nous avons sur la place devant le bâtiment église, à l’issue de chaque eucharistie. Dans le quotidien de nos vies, le contact avec celles et ceux qui n’ont ni pouvoir ni grandeur est une manière fondamentale de rencontrer le Seigneur.

 

En résumé. L’Évangile de ce dimanche nous demande de faire un pas de côté ; d’accepter divers renoncements. En famille nous avons des habitudes, un héritage. Nous voulons réussir notre vie, avoir un réel confort matériel. Il y a même des Églises chrétiennes qui disent que la réussite professionnelle, la richesse matérielle est une bénédiction de Dieu. Jésus exprime une autre perspective. Il y a la réalité de la croix, de la souffrance.

Qui a perdu sa vie à cause de moi la gardera.

Suivons Jésus dans sa pauvreté - Dilexi te 16

C’est précisément pour partager les limites et les fragilités de notre nature humaine qu’Il s’est fait Lui-même pauvre, qu’Il est né dans la chair comme nous, que nous l’avons connu dans la petitesse d’un enfant couché dans une mangeoire et dans l’humiliation extrême de la croix, là où Il a partagé notre pauvreté radicale qui est la mort.

 

Intentions de prière universelle pour cette eucharistie

 

« Qui accueille un prophète en sa qualité de prophète recevra une récompense de prophète. »

Pour les personnes qui ne se contentent pas de ce qu’on a toujours dit et toujours fait mais qui sont en recherche ; elles dérangent parfois notre Eglise, nos communautés.  Pour que nous puissions les accueillir et les soutenir dans leur engagement, parfois différent, innovant, à vivre l’Evangile au plus près, Seigneur nous te prions.

 

« Qui accueille un homme juste en sa qualité d’homme juste recevra une récompense d’homme juste. »

Pour les personnes de tout bord, de toute opinion philosophique ou religieuse qui œuvrent pour plus de justice dans la société, sur leur lieu de travail, dans leur entourage. Pour celles et ceux qui rament à contre-courant et se mouillent alors qu’il serait tellement plus simple de faire comme tout le monde ; qu’ils soient pour nous un exemple qu’on ait envie de suivre, Seigneur nous te prions.

 

« Celui qui donnera à boire à l’un de ces petits en sa qualité de disciple, il ne perdra pas sa récompense. »
Pour les petites mains, appelées aussi les invisibles, qui font tourner les aspects peu valorisants de notre société mais néanmoins indispensables : tâches ménagères, livraisons et autres activités tertiaires.

Pour celles et ceux qui s’occupent avec dévouement et patience des personnes dépendantes et âgées. Que nous puissions nous aussi apporter un verre d’eau aux assoiffés qui croisent nos chemins, en offrant avec discrétion, notre temps, nos compétences et notre présence. Seigneur nous te prions.

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