Au cercle de silence, nous continuons à nous mobiliser contre la haine et la peur de l'autre et à exprimer notre choix de l'ouverture et de la prospérité
À Lyon le prochain cercle de silence sera le 8 juillet de 18 h 30 à 19 h 30
Place de la Comédie - Hôtel de Ville côté est - place Louis Pradel
cercle de silence à Lyon, place de la comédie - Hôtel de ville côté est - Place Louis Pradel
L’Europe continue à se donner
les moyens d’expulser les exilés
Ce mercredi 17 juin, l'Union Européenne a vécu un des jours les plus sombres de son histoire lors du vote du règlement Retour. Le texte a été adopté par une union de 418 députés de droite et d'extrême-droite (le « cordon sanitaire » étant mort et enterré), tandis que seuls 218 députés ont voté contre. À l'annonce des résultats, les députés de droite ont sauté de joie et chanté « send them back ! » (renvoyez-les !).
De quoi se réjouissent donc nos députés ?
De l'allongement de la durée de rétention (jusqu'à deux ans), de l'interdiction d'entrée sur le sol européen pour les demandeurs d'asile déboutés, de la reconnaissance mutuelle des décisions d'expulsion dans l'ensemble de l'UE (empêchant une personne sous le coup d'une décision de quitter le territoire de tenter sa chance dans un autre pays) et de la possibilité de créer des « hubs de retour » dans des pays tiers où l'on pourra expulser des personnes même si elles n'y ont jamais mis les pieds. Ce règlement, associé à l'entrée en vigueur le 12 juin dernier du Pacte asile et migration (qui met en place entre autres un filtrage des personnes migrantes aux frontières ainsi que leur fichage généralisé à partir de 6 ans), marque un tournant majeur des politiques migratoires européennes, dans la droite ligne des politiques de Trump. Et les chants de joie de nos députés face à l'enfer que vont vivre les personnes exilées sont dans la droite ligne des commentaires haineux des Républicains étasuniens qui se réjouissaient d'envoyer les migrants à Alligator Alcatraz, un centre de rétention au milieu des marécages de Floride peuplés par les alligators, ou des explosions de joie des députés fascistes israéliens célébrant l'instauration de la peine de mort pour les prisonniers Palestiniens. Pas étonnant donc rétrospectivement que ces attitudes n'aient suscité aucune condamnation de nos gouvernements.
Le fascisme est bien à nos portes, avec une volonté d'aseptiser la société de tout ce qui ne rentre pas dans son étroit cadre de pensée. Mais ce n'est pas une fatalité. Par exemple, l'Espagne, consciente du rôle des personnes migrantes dans le maintien du système social, a lancé le 14 avril un plan de régularisation d'un demi-million de sans-papiers, car, selon le Premier ministre Pedro Sanchez, elle doit « choisir entre être un pays ouvert et prospère ou un pays fermé et pauvre ». De nombreuses études montrent l'impact économique positif des personnes migrantes et le fait que l'exclusion coûte bien plus cher que l'accueil.
Au cercle de silence, nous continuons à nous mobiliser contre la haine et la peur de l'autre et à nous exprimer notre choix de l'ouverture et de la prospérité. Car c'est bien d'un choix qu'il s'agit, sur la société dans laquelle nous souhaitons vivre. À l'opposé d'une monoculture aseptisée, nous souhaitons construire une société accueillante, solidaire et riche de sa diversité. Nous espérons que vous serez nombreux avec nous dans le cercle ce vendredi ! N'hésitez pas à diffuser cette lettre d'information autour de vous.
Cercle se silence, Paris 19 juin 2026, Place du Palais royal
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