Stabilité

Publié le par Michel Durand

Une toute petite réflexion ce jour. Petite, mais forte. Elle m'est venue durant ce temps d'activité réduite à cause, ou grâce au long repos de ce temps de Pentecôte.

Qu'est-ce qui pourrait caractériser l'âge plus que mûr, la vieillesse réussie, ou son début ?

Je réponds : l'absence d'ennuis. Même quand tout semble vide ou le paysage bien gris.

Et cela rejoint une forte conviction : la preuve d'une vie pleine c'est que l'on ne connaît pas l'ennui alors qu'il n'y a rien à faire.

La jeunesse invite plutôt à bouger. Le critère de la réussite, de la plénitude réside dans ces mots : « ça bouge, y a de la vie, que du bonheur ! »

Eh bien, ces quatre derniers jours, je n'ai pas bougé. Je suis resté « à la maison » ; j'ai lu, écrit, prié, célébré... sans ressentir le moindre désagrément, ni aucune envie de faire « quelque chose, voir, n'importe quoi ». Un jeune, ne supporterait pas. Jadis, je ne supportais pas.

Voilà un goût pour la stabilité qu'on ne peut pas imposer à autrui. Mais pourquoi le cacher ? C'est une petite réponse que j'adresse à l'auteur de la photo ci-dessus que je trouve belle dans son ouverture sur l'invisible.

Pendant mes congés, sabbatique mois de janvier, j'ai progressivement fait l'expérience du devoir de ne pas se distraire par la promenade. Cela rejoint le vœu de stabilité que prononcent les moines pour ne pas devenir « gyrovague ». Même la promenade, appelée pèlerinage, peut être un divertissement.

Sagesse des anciens ?
À prouver !

 

Publié dans Anthropologie

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christiane 19/05/2008 20:40

Mais lire, écrire c'est faire !Jeune ou vieille j'ai toujours aspirer à des moments de vacuité sans y arriver ou rarement, pour causes de manque de discipline et de  mauvaise évaluation des temps "du faire" donc toujours du retard sur mon programme. Pourtant, suite à la lecture de Kelen j'avais quelques pistes...

Michel Durand 02/06/2008 10:00


Ecrire, oui, c'est faire. Mais il y a une hiérarchie dans le faire. Avant d'écrire, ou tout en écrivant, il y a l'acte de penser. On pense avant de mettre par écrit sa pensée. Jadis, les
philosophes n'écrivaient pas ou très peu. Ils disaient leur réflexion. Aujourd'hui, civilisation de l'écrit, écrire aide à penser. Penser. Voilà le plus important. Ecrire demeure une ascèse vaine
si cela n'est pas précédé par un long temps de réflexion libre. Pour cela, le "rien faire" est hyper important.