« nous étions là où Dieu nous voulait »

Publié le par Michel Durand

Robert Beauvery

Lyon Juillet N° 2

 

 

 

 

 

Aux amis et Communautés qui s'associent à mon séjour hebdomadaire, le vendredi, au Centre anti-cancéreux Léon Bérard à Lyon ainsi qu'aux internautes ....

 

 

Chers tous,

 

Je pense devoir rendre compte des différents « retours » que vous m'adressez après lecture de mes courriers successifs : Humainement ils m'aident à rester debout ; spirituellement, ils m'éclairent sur la manière de servir dignement le Seigneur, ici au Centre anti-cancéreux de L. Bérard : un très grand merci à tous.

1. Humainement rester debout ...

Durant ma longune vie, je n'ai jamais en autant de témoignages de vraie fraternité, d'amitié, d'affection que depuis que je suis soigné à L. Bérard, comme si dans la vie courante, les préoccupations de chacun nous empêchaient de nous dire avec des mots, notre amitié, notre affection fraternelle... cela fait tant de bien au cœur, au psychisme ! Votre amitié active : « n'hésitez pas à me faire signe, si vous avez besoin, je suis à votre service ». une amitié qui sait encourager et vous donner des signes que vous restez présent avec ceux avec qui vous aviez l'habitude de travailler, ainsi on retrouve le sentiment de continuer à exister. « autour de notre bonne table nous pensons bien à vous avec notre très fraternelle amitié » une amitié qui s'ouvre à la confidence : « je vous partage ce que je découvre en cette période de ma vie...» et au chemin commun : « je suis toutes les étapes de votre traitement ». Si je reste humainement debout, serein, je le dois en grande partie, à tout ce que vous me dites, ou m'écrivez. Je puis me dire en vérité : j'ai des amis qui demeurent présents avec affection... Je suis debout !

 

2. Servir dignement le Seigneur

Pour vos « retours » je crois comprendre que je dois continuer à vous faire part de ma vie au Centre anticancéreux : «merci infiniment pour vos témoignages »  « ce que vous partagez de vos rencontres manifeste bien la puissance de la vie quand le quotidien est bouleversé ». Par vos « retours » ma conviction s'affermit quant au lien irréfragable entre l'ensemble des personnes qui travaillent ou qui sont soignées au Centre, et moi-méme : « je prie pour vous et pour ceux qui sont devenus vos amis que Jésus donne à chacun sa grâce et sa force pour poursuivre votre chemin, je lui demande de tout cœur ». « Soyez assurés que les patients du Centre habitent désormais notre intercession ».

Par vos « retours », je suis appelé à être pleinement prêtre dans cet espace privilégié : « A votre manière, dans le milieu de l'hôpital, vous poursuivez votre rôle de pasteur » ... et à rendre grâce de l'être : « merci d'être prêtre de Jésus-Christ, lui, homme en plénitude car il est Dieu »

Ce dernier message m'appelle à être homme en plénitude, au milieu d'autres hommes et de femmes soit soignants, soit patients. Je ne le deviendrai que lorsque je serai un vrai fils de Dieu, dans le Fils unique.

3. Un témoignage en guise de conclusion

Jean, un des amis de la première heure, en chimio du vendredi, est décédé dans la nuit du mercredi au jeudi, 10 et 1l juin, à l'âge de 52 ans, laissant une veuve et trois enfants... J'ai eu le privilège de passer une partie de la journée du mercredi auprès de lui, de son épouse et de son fidèle ami Hervé, tous trois impuissants devant l'homme qui entrait en coma. Lorsque nous prononcions son prénom il se tournait vers celui qui l'avait prononcé. Comme beaucoup d'agonisants il appellait sa mère. Et je me suis permis de lui dire à l'oreille qu'il avait deux mamans, celle de la terre, absente, et celle du ciel, la Madone (d'origine italienne il gardait une foi populaire forte), elle était bien présente à son chevet. Et je l'ai béni au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, afin que la paix repose sur lui...

Le samedi, je n'ai pas présidé les funérailles, pour raisons de forces insuffisantes, c'est le curé de la paroisse qui s'en est occupé avec beaucoup de délicatesse, devant l'assemblée de plus de 300 personnes.

J'ai donné l'homélie préparée, en partie, avec le médecin du Centre Léon Bérard, qui nous était commun à Jean et à moi, et en partie avec son épouse, et l'ami Hervé ...

Après le cimetière, la famille a invité au verre de l'amitié dans une extraordinaire ambiance de condoléances certes, mais aussi de joie et d'ouverture sur l'AU-DELA... plus de 100 personnes. Avec Hervé nous nous sommes dit : « nous étions là où Dieu nous voulait »

 

 

Publié dans Témoignage

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POCHET Jean-Claude 19/07/2009 05:58

Merci Michel de nous faire partager ces moments forts