Des chrétiens de l’Église Protestante Unie de France (EPUDF) affirment l’importance de changer de modes de vie en s’appuyant sur Laudato si’

Publié le par Michel Durand

Des chrétiens de l’Église Protestante Unie de France (EPUDF) affirment l’importance de changer de modes de vie en s’appuyant sur Laudato si’Des chrétiens de l’Église Protestante Unie de France (EPUDF) affirment l’importance de changer de modes de vie en s’appuyant sur Laudato si’

 

source des photos : Stéphane Lavignotte ;    Martin Kopp

 

À ma méditation de ce matin, j’ai longuement « contemplé » cette finale de l’évangile du jour :

De même, que votre lumière brille devant les hommes : alors, voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux. Mt 5, 13-16

 

 

C’est par nos modes de vie de disciples du Christ, nos façons d’être, nos comportements que le « monde », celles et ceux qui veulent ignorer l’existence du Créateur, comprendra que le sens de la vie n’est pas dans ce que l’on peut accumuler sur terre. Les problèmes sanitaires et climatiques devraient nous alerter efficacement. Il n’en est rien. Désormais, demain sera comme hier, malgré tous les avertissements des scientifiques.

Faut-il encore parler ? Convient-il d’évangéliser par des discours afin de convaincre ? Il me semble que non ; les humains, par égoïsme sont devenus sourds. Deviendront-ils aveugles ? Espérons que non. Alors, que les faits et gestes des disciples du Christ soient tels qu’ils illuminent et orientent le comportement de tous les citoyens. Arrêtons de parler ! Agissons !

Ou, si nous parlons, que cela soit pour expliquer ce que nous vivons. Comment et pourquoi, chrétiens, nous devons boulever nos modes de vie ? Faire des pas de côté, ne pas suivre le chemin habituel, vivre autrement avec plus de sobriété et de partage est une nécessité humaine basique pour que tous puissent, simplement, vivre. Que cela se voit ! Que cela illumine… alors non parlerons pour expliquer.

« Que votre lumière brille devant les hommes : alors, voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux ».

 

Grâce aux membres du groupe « Chrétiens et pic de pétrole » (qui a mis fin à ses rencontres de réflexion estimant qu’il convenait désormais de se consacrer entièrement à l’action), j’ai rencontré de nombreuses personnes expertes dans ces questions de modes de vie. La décroissance est une passage inévitable. Souvent, nous disions que les institutions demeurent trop timides pour inviter à accomplir, réussir l’indispensable « pas de côté » afin de ne pas s’écraser contre le mur. Je peux citer, Serge Latouche, Paul Ariès, Vincent Cheynet, Olivier Rey, Dominique Bourg, Stéphane Lavignotte, Martin Kopp etc. … Il y en a bien d’autres.

Il me faut encore préciser que les membres de « Chrétiens et pic de pétrole » se sont sentis invités à interrompre leurs rencontres de réflexion pour mettre en place des colloques quand fut connue l’encyclique de François Laudato si’. Puisque tout est désormais nettement dit et expliqué, il faut se mettre à la tâche. Concrétiser dans les faits, au quotidien, ce que nous savons. Or, c’est cela même que Stéphane Lavignotte et Martin Kopp, deux pasteurs de l’Église réformée unie, viennent de rappeler comme l’indiquent les médias. Tous les deux parlent de Laudato si’ avec une énergie telle que les catholiques devraient avoir honte de ne pas mettre cette exhortation pastorale, évangélique en pratique.

Je consacre ce jour ma page à rendre compte de ces interventions dans les médias.

D’abord Martin Kopp. Le dialogue entre Martin Kopp et Laura Morosini.

Suite à la parution du rapport du 3e groupe de travail du GIEC qui étudie les scénarios de baisse de réduction des gaz à effet de serre pour limiter le changement climatique, et dans l’entre-deux élections en France, Martin Kopp et Laura Morosini échangent autour des moyens d’action pour une écologie chrétienne, tant dans nos comportements individuels que communautaires. C’est aussi l’occasion de réfléchir sur la pertinence d’une interpellation des décideurs en tant que chrétiens.

Laura Morosini, Église catholique, est consultante en conversion écologique. Voir ici.

 

Pour suivre la rencontre de Martin Kopp au Gymnase Lucie Berger - Jean Sturm, Pôle éducatif protestant de Strasbourg, venir ici.

 

C’est dans le quotidien La Croix à la date du 3 juin 2022 que j’ai découvert un article de Stéphane Lavignotte. Je le dépose ici :

 

« Les Églises ont été précurseures, puis se sont endormies avant de se réveiller »

Stéphane Lavignotte, pasteur, théologien protestant et militant écologiste, auteur de L’Écologie, champ de bataille théologique (1)

« Les religions ont contribué tôt à la prise de conscience écologique, mais elles se sont endormies ensuite, avant de se réveiller récemment. La conférence de Stockholm en 1972 avait été marquée par un service œcuménique à la cathédrale et la prédication du théologien protestant André Dumas avait été publiée en une de l’hebdomadaire Réforme. Cela n’arrivait pas de nulle part. Depuis 1966, le Conseil œcuménique des Églises (COE) organisait des conférences sur l’avenir de la société industrielle, auxquelles a été associé Ivan Illich, prêtre, un des penseurs de l’écologie politique et de la convivialité. En 1974, le COE organise une conférence œcuménique où sera forgé le concept de « développement soutenable ».

Ce qui est intéressant, c’est que les religions ne se sont pas contentées de dire qu’il fallait s’occuper des modes de vie, des structures, elles ont souligné que l’avenir de l’écologie se jouait au niveau de nos imaginaires : ce qu’on retrouve avec bonheur dans l’encyclique du pape François Laudato si’. En outre, les Églises vont insister sur les dimensions sociales de cette question : c’est ce que le pape appellera une « écologie intégrale », prenant en compte les inégalités Nord-Sud, les pauvres, la question des villes.

Hélas, comme dans une grande partie de la société, cette dynamique s’est fortement ralentie à la fin des années 1980, avec un creux dans les années 1990. Les mouvements qui portaient cette question, comme Justice et Paix-France dans le catholicisme, ont rencontré des résistances. Ensuite, alors que les Églises avaient pu être vues comme précurseures, elles ont plutôt semblé être devancées par les demandes de la société avant la COP 21, la conférence des Nations unies de 2015 sur les changements climatiques.

La même année paraissait Laudato si’, texte dont je pourrais signer 98 % du contenu, qui est sur une base biblique partageable dans un cadre œcuménique et complètement lisible par des non-croyants. Vu de l’extérieur, on a l’impression que l’Église catholique a accéléré la cadence, et c’est une bonne nouvelle. Comme protestants, nous pouvons accomplir toutes les accélérations que nous voulons, nous sommes 1 % de la population mondiale ; je crois à la force des minorités actives, mais il y a des limites ! L’effet d’entraînement sur la société est nettement plus important quand cela vient de l’Église catholique.

Malheureusement, Laudato si’ a fait l’impasse sur l’examen de ce qui avait posé problème dans la théologie chrétienne. Ce qui manque aujourd’hui, pour réellement renverser la compréhension du « Dominez la terre » de la Bible comme un « Exploitez la terre », c’est justement de faire l’inventaire des trésors et des complications qui demeurent dans notre mémoire. Nous rendrons ainsi service à la société, car elle est aussi nourrie de cette vision théologique. »

 

Ne parlons plus.

Et ne cachons pas ce que nous faisons :

« De même, que votre lumière brille devant les hommes : alors, voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux. Mt 5, 13-16