Pour soutenir l’Église dans son souci permanent de réforme il s’agit de dire son mot dans les instances de gouvernance et créer du nouveau

Publié le par Michel Durand

La triple crise de l'Église - Revue Des Deux Mondes

La triple crise de l'Église - Revue Des Deux Mondes

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Je prolonge la méditation que nous entretenons à propos de la lecture de l’ouvrage de Christoph Theobald, Le courage de penser l’avenir. En suivant ce lienil est possible d’avoir plus d’informations à propos de ce groupe d’échange libre.

Une fois l’échange pratiqué entre nous, qu’allons-nous faire ? Comment concrétiser nos désirs de voir une réforme de l’Église ? Une réforme de nous-même ? Réforme ! Ou plutôt conversion. Arrive sans aucun, doute, me semble-t-il, le temps de la contemplation silencieuse. Se disposer à l’action de l’Esprit saint en nous.

J’ai déposé le 6 décembre les pages qui rendent compte de ce que l’ensemble du chapitre 5 m’a inspiré.

Il me faudrait les reprendre paisiblement dans la prière, le silence, la méditation et la contemplation. Au lieu de ne choisir (conformément à la consigne) que deux ou trois pages plus marquantes que d’autres, j’ai tout pris. « Qui trop embrasse mal étreint ». Désolé !

Voici la page que Bernard nous a donné à lire. Il a respecté la consigne d’une page. Merci à lui. Voir ici, sa méditation précédente.

 

Bernard : Voici ce que m'inspire la lecture fructueuse de Christoph Theobald Chapitre 5.

<< L’imagination sans limites de la charité invente de nouveaux modes de vie. Les consacrés ont répondu à un appel, une vocation (vocare, appeler) à lier à l’écoute de Jésus dans le silence abyssal de Dieu. Ils deviennent réellement ses disciples dans l’immanence du Christ en eux telle que l’on peut la lire dans Paul (Ga, 2,20) : « ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi » Ils vivent l’existence baptismale de configuration au Christ. Les consacrés ont répondu à cet appel en choisissant tel ou telle institut ou communauté qui développent leur charisme dans la radicalité de l’Évangile. Notre époque nous conduit en tant que disciples du Christ à lire les signes des temps et créer de nouveaux charismes.

Il s’agit d’entendre la voix de Dieu, ici et maintenant et en même temps la voix de la terre et de nos concitoyens. Une nouvelle constellation spirituelle émerge ici. Cela exige un décentrement de la foi chrétienne devant se concevoir comme étant au service du vouloir vivre et de l’espérance de tout un chacun, en particulier les plus démunis. La venue du Règne de Dieu au milieu de nous reste de l’ordre de la surprise et dépasse nos actions. C’est une présence auprès de ceux qui sont en panne de sens et d’espérance.

Il s’agit aussi de percevoir la profonde mystique qui se cache dans la plus petite manifestation de la fraternité, meilleure façon d’ouvrir un accès à l’expérience de Dieu. C’est vivre la mystique de la rencontre dans une fraternité mystique et contemplative. La vie consacrée éveille un vouloir vivre ou une foi élémentaire quand elle donne envie d’agir dans un esprit de fraternité. Cela demande de donner chair à l’ordre charismatique qui concerne les congrégations et les ordres missionnaires. La force de l’Esprit saint anime de l’intérieur l’arborescence charismatique des instituts.

Cela concerne aussi tous les baptisés et pas uniquement les consacrés. Des idées sont à puiser dans ce que vivent les consacrés pour répondre aux défis du temps présent. Pour le débat citoyen et les décisions à prendre pour la terre et la société l’expérience de participation capitulaire des consacrés peut être une source d’inspiration. Cela nécessite de la connaitre et de voir des applications concrète dans notre vie en société : art du débat, de la concertation, de la représentation , exercice des responsabilités limitée dans le temps et sans privilège, par exemple. Pour ce qui est de soutenir l’Église dans son souci permanent de réforme il s’agit de dire son mot dans les nombreuses instances de gouvernance de l’Église à travers ses conseils, ses équipes d’animation et de ses groupes de mission en sachant mourir à ses habitudes et créer du nouveau. Ce qui nécessite d’apprendre à délibérer, l’expérience des consacrés de la gouvernance peut nous y aider.

L’heure est donc à l’imploration de l’Esprit créateur et donateur de nouveaux charismes ajustés à notre situation sociétale et ecclésiale et celle de la terre, notre maison commune, ici et maintenant. >>

Voici donc, suite à notre baptême et/ou consécration, une invitation à pendre les moyens, d’une réforme de l’Église, nous-mêmes, pour que l’Institution sorte des crises rencontrées.