« Je me sens soulagé de cette décision. Maintenant, j’attends d’avoir ma carte de séjour dans les mains pour y croire », dit le Guinéen.
Cercle de silence
Communique de Michel Girard, juillet 2025:
Je vous souhaite de bonnes vacances, si vous en prenez ; de faire de précieuses rencontres, par exemple avec des migrants, ce qui augmentera considérablement la diversité de la culture humaine. Et, si vous avez le temps, ce serait peut-être le moment de lire tous cette lettre pour découvrir (au cas où vous ne le sauriez pas) que les migrations et les déplacements de population se font dans tous les pays et sur toute la terre.
Michel Girard
Voir ci-dessous le ficher PDF, 69 pages
Je recopie en ce lieu ce qui concerne Lyon, page 14
Comment lutter pour rester en France quand on est intégré, et qu’on a des OQTF
Un migrant d’origine guinéenne, vit un véritable parcours du combattant pour rester dans son pays d’accueil. Début juillet 2025, il a réussi à faire annuler par le tribunal administratif de Lyon sa quatrième obligation de quitter le territoire français (OQTF).
Arrivé en France à l’âge de 14 ans, il vit à Lyon depuis 10 ans. Il erre quelques mois dans la ville avant de se rapprocher de l’association Forum réfugiés qui évalue sa minorité via un acte de naissance. Il est accueilli par l’Aide sociale à l’enfance (Ase) et entre à l’École de production pour préparer un CAP mécanique.
La même année, il est convoqué par les forces de police qui recourent aux examens radiologiques osseux afin d’attester de sa potentielle minorité (dispositif encore aujourd’hui controversé). La police aux frontières (PAF) découvre qu’il est arrivé en France avec un faux passeport. Considéré comme majeur, il purge sa peine à la prison de Corbas pendant deux mois pour usage de faux. En sortant, il est transféré directement en centre de rétention administrative et se voit par la suite attribuer sa première obligation de quitter le territoire français (OQTF). Cette décision préfectorale est annulée une première fois par le tribunal administratif de Lyon. Il se pense alors libéré et continue ses études en obtenant son CAP, puis son Bac professionnel en 2018. Il s’épanouit dans le chant ou encore l’écriture de poèmes. Blessé lors de ses études en mécanique, il s’oriente vers un BTS commercial qu’il obtient en 2023. Diplômé, son employeur souhaite le recruter en CDI dans l’entreprise où il a fait son stage. Malheureusement sa situation n’est toujours pas régularisée. La préfecture sommée par deux fois de lui délivrer un titre de séjour À la suite du refus de sa demande de titre de séjour en mars 2024, la Préfecture du Rhône le place sous sa troisième OQTF, cette fois-ci accompagnée d’une interdiction de retour sur le territoire français (IRTF) d’une durée de 24 mois.
Soutenus par plusieurs collectifs, notamment son Collectif de soutien et le Collectif jeunes RESF69, une pétition est lancée pour dénoncer l’« acharnement » que subit le jeune homme. « On a constitué un dossier avec tous les éléments qui prouvent son intégration professionnelle et culturelle », précise un membre de son Collectif de Soutien. Le Guinéen mène un long combat pour pouvoir rester à Lyon, sa ville d’accueil. Une nouvelle fois, le tribunal administratif de Lyon lui accorde la possibilité de rester en France et enjoint la préfecture de lui délivrer un titre de séjour provisoire dans les deux semaines. Elle a fait appel de cette décision qui est toujours en cours de procédure. Le 1ᵉʳ juillet 2025, la justice a lui donné une fois de plus raison en annulant la décision de la préfecture pour l’OQTF et
l’IRTF du 16 avril 2025, mais aussi une assignation à résidence en date du 13 mai 2025. Le tribunal administratif de Lyon demande de nouveau à la préfecture de lui délivrer une carte de séjour d’une durée d’un an « vie privée et familiale » dans les deux prochains mois. « Le juge a relevé une erreur manifeste d’appréciation de [sa] situation au regard du droit de séjour des étrangers ». Sollicitée, la préfecture n’a pas encore statué sur la décision du tribunal administratif, qui « fait l’objet d’une analyse juridique » par les services de l’État. Elle pourrait faire appel de la décision.
« Je me sens soulagé de cette décision. Maintenant, j’attends d’avoir ma carte de séjour dans les mains pour y croire », dit le guinéen.
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