L’accueil de mineurs non accompagnés (MAN) sous le regard d’une peinture absidiale  (1990) dont l’auteur, croix-roussien, demeure inconnu

Publié le par Michel Durand

L’accueil de mineurs non accompagnés (MAN) sous le regard d’une peinture absidiale  (1990) dont l’auteur, croix-roussien, demeure inconnu
L’accueil de mineurs non accompagnés (MAN) sous le regard d’une peinture absidiale  (1990) dont l’auteur, croix-roussien, demeure inconnu

L’église Saint-Polycarpe abrite toujours divers MNA, jeunes migrants subsahariens.

Des lyonnais, militants dans l’accueil de ces jeunes, viennent leur rendre visite et observent, notent la qualité architecturale, picturale du lieu. Ainsi, je reçois ce courriel : « Ce matin, j’étais de nouveau à St Polycarpe pour donner un coup de main à la personne, Daniel, qui, depuis plusieurs mois, passent de nombreuses nuits à St Polycarpe avec les MNA en recours qui préfèrent dormir dans l’église plutôt qu’au campement.

Et ce matin donc, Daniel me pose une question sur la peinture qui est tout au fond de l’église et qui l’intrigue : qui a réalisé cette œuvre bizarre ? Est-ce que c’est vraiment un Christ ? Pourquoi des « hanches » si larges ? Et l’épaisse chevelure noire … pourquoi ? Finalement c’est un Christ homme ou une femme ? « Notre Dame des salamis »comme il l’appelle en regardant effectivement les « tranches de salamis » qui entourent le personnage ! »

J’invite à regarder la photo ci-dessus pour bien suivre cette description de l’œuvre.

Mais, s’agit-il d’une Œuvre ?

Situer à la droite de la peinture de Thomas Blanchet (XVIIe s.) Nativité avec gloire,  il est permis d’en douter.

 

 

Un autre visiteur vit très nettement un Christ en gloire sans être dérangé par ce que je désigne du nom de tranches de saucisson. Il imagina que cette peinture provenait d’une des biennales d’art sacré actuel (BASA) - art contemporain. Cherchant sur la toile, peut-être selon les indications de l’IA, fut trouvé à propos de ces expositions, l’enregistrement que je dépose ci-dessous.

 

Je reviens à l’actuel pantocrator.

Ce n’est pas moi qui sollicita cette réalisation, mais un curé précédent, Mario Fiori*. Pour élaborer cette peinture, il a fallu poser un échafaudage. Ce n’est pas une mince affaire. C’est autour des années 1990 que cela a dû se faire. Moi-même curé à Saint-Polycarpe, j’ai cherché dans les archives et j’ai trouvé que le réalisateur de cette peinture était un artiste vivant sur les pentes de la Croix-Rousse ; mais quel est son nom ? Hélas je n’ai pas pris de notes.

Il importe de dire ce qu’il y avait avant l’actuel pantocrator.

À mon arrivé en ce lieu j’ai cherché dans diverses archives et j’ai appris qu’il y avait une peinture, une fresque, de Louis Janmot intitulée Cène.

 

 

« Commandée en janvier 1855 à Louis Janmot… L’œuvre est payée sur le budget de la fabrique paroissiale (6000 francs). La fresque se détériore dès 1880 et Janmot la restaure à la cire en avril et mai 1881 pour la somme de 3000 francs. Plusieurs dessins préparatoires de très belle qualité ont été retrouvés ». « Fresque recouverte de peinture vinylique blanche lors de la réfection de l'église en 1955 environ puis dégagée lors d'une campagne de restauration de 1974 à 1986. »

Je ne saisi pas ce que veut dire « dégagée ».

Dans mes recherches à ce sujet, vers 2003/2004, j’ai vu des photos de cette Cène de Janmot peinte sur ce mur. Elle montrait une fresque bien endommagée. On peut comprendre qu’elle fut recouverte. Des personnes des Affaires culturelles de la Mairie de Lyon me demandaient si l’actuelle peinture était directement sur le mur ou si c’était une toile posée, collée, sur le mur. Pour répondre à cette question, un échafaudage est nécessaire afin de voir de près. Je me sentais concerné par cette question car je n’accepte pas vraiment cette œuvre, fut-elle réalisée par un artiste peintre du quartier. Avec quelle concertation, quelle échange avec la commission diocésaine d’art sacré (CDAS) ? Quelle accord avec le propriétaire du lieu, la municipalité ? Effectivement, les expositions d’art sacré contemporain, actuel (BASC - BASA) était concerné par cette peinture de pantocrator aux contours bien féminin.

 

 

 

 

 

* Mario Faurie, ancien curé des Pentes de la Croix‑Rousse. Source : IA

Mario Faurie (né le 4 juillet 1937 à Saint‑Étienne), prêtre ordonné en 1964, a exercé plusieurs fonctions cléricales avant de devenir curé à Lyon.

Ordination et premiers postes : après ses études de philosophie et de théologie, il est nommé à la paroisse Saint‑Jacques des États‑Unis à Lyon, où il se distingue par une originalité peu habituelle dans le clergé. Il porte même le « costume » de vicaire, mais il devient aussi chauffeur de car au VFD et motard, avant un accident grave qui le conduit à travailler comme assureur pour un temps[1].

Curé des Pentes de la Croix‑Rousse : en 1985, il reprend un service ecclésial plus classique et devient curé des Pentes de la Croix‑Rousse, paroisse de Saint‑Polycarpe[1]. Il y reste jusqu’en 1999, période durant laquelle il est reconnu comme une personnalité attachante, peu banale, champion de la répartie et de l’humour, capable de tisser des relations sincères et parfois étranges[1].

Retraite à Saint‑Sauveur‑en‑Rue : en 1999, il se retire à la Ponsonnière, domaine qu’il avait acheté quelques années auparavant, à Saint‑Sauveur‑en‑Rue[1]. Dans cette commune, il assume des responsabilités citoyennes : adjoint au maire, vice‑président de la communauté de communes, délégué au Parc du Pilat. La Ponsonnière devient un « haut lieu d’accueil et d’une joie de vivre certaine »[1].

Décès : Mario Faurie décède le 9 août 2011. Un office funèbre est célébré le 23 août 2011 par le Père Pierre‑Yves Michel, vicaire général du diocèse de Lyon, dans l’église de Saint‑Sauveur‑en‑Rue[1].

Hommages : une messe en souvenir a lieu à Saint‑Polycarpe le 30 novembre 2011, et un office funèbre a également été organisé à Saint‑Sauveur‑en‑Rue, où il était retiré[2] [3].

 

 

[1] Saint‑Sauveur‑en‑Rue : Père Mario Faurie – Le Progrès, 25 août 2011.

[2] SAINT‑POLYCARPE Une messe en souvenir du Père Mario – Le Progrès, 30 novembre 2011.

[3] En souvenir de Père Marius FAURIE – Libra Memoria, 20 août 2011.

 

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