Il est temps de faire cesser cette fuite en avant du rejet et de la maltraitance des personnes étrangères et de considérer d’autres politiques

Publié le par Michel Durand

Il est temps de faire cesser cette fuite en avant du rejet et de la maltraitance des personnes étrangères et de considérer d’autres politiques

Graves atteintes aux droits
des personnes étrangères

 

Il y a deux ans, la loi asile et immigration dite loi Darmanin (janvier 2024) et, un an plus tard, la circulaire prise par Bruno Retailleau alors ministre de l’Intérieur (janvier 2025), marquaient un cap supplémentaire en matière de graves atteintes aux droits des personnes étrangères.  

Sous couvert de « fermeté », ces textes consacrent la primauté de l’arbitraire de l’administration, au service de politiques migratoires dont la seule boussole semble être devenue l’assimilation des personnes étrangères à des indésirables. Le tout dans un contexte politique et médiatique où règne la suspicion à l’égard des personnes exilées, et où la restriction sans précédent des voies de régularisation s'impose avec, en parallèle, une criminalisation croissante des personnes étrangères.

Deux ans après, les équipes de La Cimade font un bilan particulièrement alarmant des effets délétères de ces textes sur la vie des personnes étrangères.  

Ces lois ne ciblent pas des « statistiques », mais des personnes réelles bien vivantes : des voisin·e·s, des collègues, des parents d’élèves et bien d’autres encore. Certain;es même travaillent depuis des années. Pourtant, l’État persiste à les traiter comme des indésirables, au mépris des conventions internationales et des valeurs de la France que sont la solidarité, l’accueil et le respect des droits humains. 

Abou est en France depuis 14 ans. Marié à une Française, père de 3 enfants, il a construit sa vie ici. Pourtant, en juillet 2025, sa vie bascule. Pendant des années, Abou a pu travailler et subvenir aux besoins de sa famille grâce à ses cartes de séjour temporaires. Il vivait sans la peur d’être interpellé en allant chercher ses enfants à la crèche ou à l’école. En juillet 2025, il apprend que sa demande de renouvellement de titre de séjour est rejetée et qu’elle est assortie d’une OQTF (Obligation de quitter le territoire français).  

Pourquoi ? La préfecture estime qu’il ne prouve pas assez sa contribution à l’éducation et à l’entretien de ses enfants. Les paiements en espèces ne sont pas considérés comme des preuves valables. Abou est également accusé de ne pas prouver qu’il n’a pas d’attaches familiales dans son pays d’origine. Pourtant, c’est en France, auprès de son épouse et de ses enfants, qu’il a construit sa vie.

Il est temps de faire cesser cette fuite en avant du rejet et de la maltraitance des personnes étrangères comme Abou et de considérer enfin d’autres politiques migratoires. C’est possible !

Rédaction : La Cimade

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article